Situation dans la bande du Sahel : le président malien doit plus que jamais être écouté

La bande du Sahel est située entre le 15e et le 18e parallèles et s'étend de l'océan Atlantique à l'ouest jusqu'à la mer Rouge à l'est. Cette zone gigantesque et par nature difficilement contrôlable recouvre le nord de la Mauritanie, du Mali, du Sahara occidental et du Niger. Elle couvre également le sud du Maroc, de l'Algérie et de la Libye, et une partie du Tchad et de l'Érythrée. 

Il s'agit d'une vaste étendue désertique propice à de nombreux commerces, licites pour certains, mais le plus souvent illicites, où opèrent bandes armées et trafiquants de drogue ou d'armes, et par où transitent les migrations clandestines et les groupes armés non gouvernementaux. Cette situation facilite les agissements de ceux qui s'épanouissent dans l'insécurité, empêchant parfois le développement tant désiré par les populations locales.
Au regard de cette situation, le président malien Amadou Toumani Touré appelle de tous ses vœux, depuis des années, la tenue d'un sommet des chefs d'Etat des pays concernés par les problèmes de sécurité dans cette zone, sommet qui inclurait également la participation de partenaires techniques et financiers.
En attendant, il faut reconnaître que les autorités maliennes, avec l'appui de leurs partenaires, sont à pied d'œuvre. Elles ont en effet pris la mesure de l'ampleur du défi posé par cette région en matière de prévention et de lutte antiterroriste, et ont développé en conséquence une stratégie spécifique et des mesures destinées à adapter l'arsenal répressif au caractère protéiforme et transnational de la menace.
A l'échelle nationale, on note la loi N°08-025 de 2008 portant sur la répression du terrorisme, qui constitue le pivot de la nouvelle stratégie. A cela s'ajoute l'instauration en 2010 du Programme spécial pour la paix et le développement dans le nord du Mali. Celui-ci témoigne d'une volonté de redéploiement du pouvoir régalien de l'Etat dans les régions du Nord-Mali.
Il est à noter que les autorités maliennes sont tout à fait disposées à travailler avec la société civile. Cependant, elles doivent néanmoins renforcer la confiance qu'elles accordent aux acteurs de la société civile engagés dans cette lutte. En effet, ces acteurs sont en mesure d'apporter des solutions durables aux menaces sécuritaires comme le terrorisme, par exemple en refusant de collaborer avec les bandits, trafiquants et terroristes.
Par ailleurs, les autorités maliennes mettent un accent particulier sur la coopération sous-régionale, à travers la mise en place d'un Comité d’état-major opérationnel de coordination (CEMOC) entre
L’Algérie, le Mali, la Mauritanie et le Niger.
Il est clair que la formation et l'équipement des troupes, aussi efficaces qu' ils soient, ne peuvent pas garantir à eux seuls des meilleurs optimaux. A cela, devront s'ajouter des engagements diplomatiques, par lesquels le Mali coopère avec ses partenaires sous-régionaux en vue d'une approche coordonnée de la lutte contre l’insécurité dans la zone ; et le développement économique, qui contribuera à la croissance à long terme et à la stabilité.
Aujourd'hui, il est d'une évidence palpable que la situation exige la tenue de ce sommet. En effet, les efforts d'un seul pays ne suffiront pas pour endiguer le phénomène. Cela revient à dire que le président malien doit, plus que jamais, être entendu sur cette question.

Source Xinhua

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