2 déc. 2011

Tombouctou, fief des Touaregs

touareg-tombouctou-portrait
Derrière ses aspects de ville fantôme, Tombouctou cache un passé florissant, du temps où le commerce des caravanes de sel prospérait. Cette ville est l'un des fiefs des Touaregs qui sont nombreux à vivre du tourisme. Les récents troubles dans la région et l'interdiction de séjour des touristes par de nombreux pays dont la France risque d'entrainer le peuple Touareg et certains pays dont le Mali dans une spirale infernale...

Sur les portes et fenêtres travaillées des maisons se lisent encore les traces de son ancienne richesse, lui valant sa place au patrimoine mondial de l’Unesco. Aujourd'hui la fine pellicule de sable qui recouvre les rues de Tombouctou témoigne, telle la poussière du temps qui passe, d'un passé oublié.
tombouctou-maliOutre la beauté de ses trois mosquées tant réputées, l’un des derniers trésors que la ville a su conserver reste son peuple.
Près de 85% des Touaregs vivent au Mali, dont la majorité aux alentours de Tombouctou: fondateurs de cette porte du désert et artisans de sa réussite, ils continuent de se battre pour
leur capitale.
Devant les dangers qui menacent leur mode de vie, comme la désertification et la modernité, les hommes bleus résistent et tentent, tant bien que mal, de vivre selon leurs traditions.
Comme le raconte si bien Mohamed (en photo ci-dessous), Touareg vivant avec sa mère et sa soeur dans un campement à quelques kilomètres de Tombouctou : «chaque année vers le mois d’octobre la saison des caravanes de sel commence. Les hommes quittent les campements et partent chercher le sel dans les mines de Taoudeni, au Nord.»
Le voyage dure plusieurs mois pour ramener les minéraux dans la ville afin de les troquer contre d’autres denrées, matériaux ou bétail.
En attendant, les femmes restent au village avec les enfants.
«Elles fabriquent des objets artisanaux»explique Mohamed: des bijoux, pièces en cuir et autres créations en argent qui seront par la suite vendus principalement aux touristes.

Le tourisme fait vivre de nombreux touaregs...
touareg2-toumbouctouLe tourisme constitue une nouvelle source de revenus à laquelle les Touaregs on su s’adapter, se sédentarisant souvent à proximité des villes.
Le tourisme a fait figure d'eldorado alors que le réchauffement climatique a modifié la vie de ces tribus nomades ces dernières décennies: les saisons humides étant de plus en plus sèche, l'alimentation est devenue rare pour les chèvres et chameaux, ce qui incité les Touaregs à se s'établir dans les villes.
Il est impossible aujourd'hui de se promener dans les rues de Tombouctou sans se voir proposer quelques objets artisanaux par ces hommes au regard fier.
Certains seigneurs du désert ont su tirer d’avantage de bénéfices de ce secteur en s’improvisant guides de voyages ou même organisateurs de circuits.
Ils cumulent ainsi leur mode de vie traditionnel avec modernité, rentrant au campement portable à la main après avoir consulté leur boite mail ou même leur site Internet.
Pour pouvoir travailler avec le monde moderne, l’adaptation passe par l’école.
Aujourd’hui beaucoup de jeunes Touaregs maitrisent le français et autres langues étrangères, apprises à l’école.
C’est le quotidien d’Ali, jeune garçon issu d’un campement voisin à celui de Mohamed. Chaque jour il se rend à Tombouctou pour étudier.
Petit Mohamed, lui, vient d’encore plus loin dans le Nord du Mali pour pouvoir aller à l’école.
Installé chez un amis de son père à Tombouctou, il a terminé l’école coranique et vient d’intégrer l’école française.
Mais chez les Touaregs, seul les hommes ont accès à l’éducation.
Si les femmes jouissent d’un statut privilégié dans la communauté, elles gardent comme seule langue le tamasheq, dialecte des hommes bleus.

...sans revenus que feront-ils?
touaregs-danse-maliAujourd’hui une nouvelle menace guette le quotidien des Touaregs.
En plus de faire fuir les touristes, tarissant la nouvelle source de revenus de la communauté, la présence d’Aqmi dans le Sahel risque fort d'amener de nouveaux conflits dans la zone.
Le développement de troubles dans la région a d'ailleurs entrainé plusieurs pays (dont la France) à interdire les séjours dans certaines zones du Mali.
Mais cette interdiction ne risque-t-elle pas d'aggraver la pauvreté de ces populations et de les laisser à la merci des trafics en tous genres?
Du pétrole, des armes, de la drogue, des armes et des cigarettes transitaient depuis longtemps dans le désert, mais avec la désertion des touristes, ces trafics en tous genres risquent encore d'augmenter.
Aujourd'hui alors que le tourisme se meurt du fait des enlèvements et que le réchauffement climatique se fait de plus en plus menaçant, quel avenir pour les hommes bleu du désert?

Les touaregs avaient l'habitude de se protéger du vent et du soleil par plusieurs couches de tissu bleu (d'où leur nom): aujourd'hui cette protection semble bien futile face aux drames qui se jouent sur leur territoire.

Ces hommes bleus étaient des guides intarissables sur le Sahara dont ils arpentent les dunes depuis des centaines d'années : espérons que bientôt les touristes puissent à nouveau suivre leurs pas, pour découvrir, comme avant, les trésors cachés du Sahara, le plus grand désert de sable au monde.

desert-tombouctou «Bouche de miel, coeur de fiel»
«Embrasse la main que tu ne peux couper»
proverbes touareg.

Plus d'informations: http://www.le-mali.com



INFORMATIONS PRATIQUES: le coeur du pays Touareg est réparti entre 4 pays, le Mali, l'Algérie, le Niger et la Libye (mais aussi au Burkina Fasso). On compterait 5,2 millios de touaregs habitant dans ces pays. Les touaregs parlent le Tamasheq une langue apperenté au Berbère. De nombreux touaregs ont la particularité d'avoir les yeux bleus comme leurs vêtements, malgré leur physique africain!
Malgré les recommandations négatives des ministères des affaires étrangères anglais, français, américains et néerlandais, 250000 touristes visitent le Mali chaque année et très peu sont au final victimes d'enlèvements. Plusieurs compagnies aériennes proposent des vols au départ de l france vers le Mali dont Aigle Azur qui a lancé récemment une seconde destination au Mali 

Il est à noter que le nord du Mali est déconseillé (en zone rouge) par le ministère des affaires étrangères français du fait des quelques enlèvements qui ont eu lieu ces denières années.

Source: businesstravel.fr

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