Qui est derrière l’attentat de Tamanrasset ?

Un kamikaze, à bord d’un 4x4 de type Toyota Station, s’est fait exploser hier vers 7h45 à l’entrée du groupement territorial de la gendarmerie, au centre-ville de Tamanrasset, à 1925 km au sud d’Alger.

Le bilan fait état de 23 blessés, dont 15 gendarmes de différents grades en faction, 5 éléments de la Protection civile et 3 citoyens. Bilan confirmé hier par un communiqué du ministère de la défense nationale. La forte déflagration a aussi causé d’importants dégâts matériels au siège du commandement de ce corps de sécurité.
Cet attentat, une première dans cette wilaya touristique du Sud algérien, a été revendiqué avec célérité par le Mouvement unicité et jihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO). Cependant, il révèle une nouvelle activité terroriste inextricablement mêlée aux conflits tribaux dont les ramifications s’étendent aux pays sahéliens. D’autant plus que le Sahara est une zone peu contrôlée, favorable aux trafics en tous genres, et peut servir de refuge à des groupes armés.
Pourquoi ce groupe terroriste a-t-il choisi la wilaya de Tamanrasset pour perpétrer son attentat ?


Statut sécuritaire


A cette question, les spécialistes de la sécurité avancent plus d’un argument. En effet, à l’abri de toute activité terroriste, la wilaya de Tamanrasset a depuis 2010 troqué, malgré elle, son label touristique contre un statut sécuritaire. De par sa situation géographique, ni près ni loin des pays du Sahel, elle a fait l’objet d’un consensus pour accueillir le bureau de coordination sécuritaire entre les armées des pays du Sahel. En avril 2010, ce dernier y avait été installé et la wilaya de Tamanrasset avait été promue antenne de commandement habilitée à émettre des ordres et faire le suivi des opérations militaires sur zone.

Les chefs d’état-major des pays du Sahel – l’Algérie, la Mauritanie, le Mali, le Niger et le Tchad – ont décidé d’augmenter, pour la circonstance, l’effectif des forces chargées de la lutte contre le terrorisme de 25 000 à 75 000 éléments dans les 18 mois à venir. Un plan sécuritaire permettant aux pays du Sahel de bénéficier de l’expérience dans le domaine et d’aides militaires de l’armée algérienne. Mieux encore, la majorité des réunions des chefs d’état-major des pays du Sahel sont accueillies dans cette wilaya. D’où le choix qualitatif de cet attentat qui représente, pour le MUJAO, né en décembre 2011, une forme de discréditation de la lutte contre le terrorisme aux pays du Sahel. Pour preuve, il était à l’origine, le 23 octobre 2011, de l’enlèvement dans la région de Tindouf de 3 humanitaires – une Italienne, une Espagnole et un Espagnol.

L’ombre d’Al Qaîda


Quant au choix de la gendarmerie, ce corps, qui représente un fer de lance dans la lutte contre le terrorisme, est également une cible pour accomplir le forfait de cette nouvelle meute de sanguinaires. Cinq équipes militaires scientifiques sont actuellement sur place. Elles ne négligeront aucun indice à même de permettre d’identifier l’auteur de l’attentat pour le confronter à leur liste comportant 37 noms des terroristes les plus dangereux relevant d’Al Qaîda dans la région sahélo-saharienne.
A relever que les groupuscules terroristes écumant le Sahara sous les ordres d’Al Qaîda comportent environ 200 éléments, la plupart sont des Mauritaniens, mais non actifs. Quant au reste, ils sont des Algériens, des Maliens, des Tchadiens, des Marocains, des Tunisiens et des Libyens. Mais le MUJAO est composé des dissidents d’Al Qaîda essentiellement des Mauritaniens et des Maliens.
Mohamed Fawzi Gaïdi
ElWatan
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