Le lait de chamelle, un produit prometteur

 Sophian Bourire -7sur7.be

  © reuters.Le lait de chamelle est de plus en plus reconnu pour ses effets bénéfiques pour la santé et l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) estime le marché à 10 milliards de dollars.

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En parcourant le menu de chez Hamdi, restaurant somalien du centre de Nairobi, une suggestion attire l’attention: du thé au lait de chamelle.





Jadis l’unique réserve des peuples nomades somaliens et des communautés du Moyen-Orient, le lait de chamelle, naturellement demi-écrémé, trois fois plus riche en vitamine C que le lait de vache et bourré d’anticorps, est de plus en plus reconnu par la FAO et les consommateurs soucieux de leur santé. À Nairobi, le lait de chamelle est désormais disponible dans les restaurants et dans les supermarchés. Pour les plus aventuriers, des milkshakes, ainsi que des camelcinos, c’est-à-dire des cappuccinos au lait de chamelle, sont disponibles dans certains restaurants.
Mais pour les communautés paysannes du Kenya, qui dépendent des chameaux, le robuste animal qui peut passer 10 jours sans boire, a bien plus à offrir que du lait dans une tasse de café. Contrairement aux chèvres et aux vaches, les chamelles peuvent produire du lait pendant la saison sèche et en période de sécheresse, c’est pourquoi elles sont considérées comme « une moitié de Dieu » par la communauté Rendille, dans le nord-est du Kenya.
Leur résistance à la sécheresse a conduit le gouvernement kényan, des ONG et le secteur privé à s’intéresser au potentiel de ces animaux. Selon une étude réalisée à la demande de SNV, ONG néerlandaise, environ 340 millions de litres de lait de chamelle ont été commercialisés en 2007, pour une valeur de plus de 8 milliards de shilling kényans (environ 70 millions d’euros). C’est donc un marché plus important que celui du coton et comparable à celui du café.
La FAO estime que le marché du lait de chameau pourrait peser 10 milliards de dollars si des améliorations clés sont faites et que le marketing adéquat est mis en place. Le gouvernement kényan fait donc des efforts pour renforcer ce marché et mettre les paysans en lien avec de plus grands marchés.
Julius Karuse, qui travaille au ministère du développement du bétail a déclaré : « Nous sommes en train de construire une mini usine laitière à Garissa. Nous encourageons également les paysans à acquérir des chameaux dans les communautés où l’élevage n’est pas habituel mais où la terre sèche et le climat sont propices à l’élevage ».
A la tête de cet effort de commercialisation du lait de chamelle, on trouve un petit groupe de femmes de la ville d’Isiolo, à 235 km de la capitale, Nairobi. Dans les sociétés paysannes, les chameaux sont un symbole de richesse et représentent un statut social. Les hommes sont en principe les propriétaires et les femmes sont chargées de la traite et de la vente du lait et autres produits dérivés.
Ces femmes se sont rassemblées pour former la coopérative d’Anolei, afin de partager les frais de location des locaux, ainsi que le transport du lait vers des marchés lucratifs à Eastleig, l’enclave somalienne de Nairobi, où le lait de chameau se vend trois fois plus cher que le lait de vache.
« Au départ, nous étions 35, et aujourd’hui, nous sommes 200″, indique  Safia Kulow, présidente du centre Anolei. « C’était très difficile au départ et les défis étaient nombreux. Nous ne faisions que peu de profits et nous envoyions de petites quantités de lait à Eastleigh, en camion ou en bus. Les acheteurs confiaient leur argent au chauffeur mais il y avait parfois des cas de vols, ce qui réduisait nos bénéfices ».
Adan Abdi, conseillère de Mme Kulow, a indiqué que les femmes d’Anolei visaient au départ la communauté somalienne d’Eastleigh, mais qu’une enquête avait montré qu’il y avait de la demande dans les communautés de classe moyenne, dans des villes comme Naivasha et Nakuru, ce qui représente environ 60 % du marché.
Dans leur petite boutique d’Isiolo, Safia raconte comment ce business est devenu lucratif depuis qu’elles ont augmenté la production et mis en commun les ressources. Pour être payées, les femmes utilisent désormais Mpesa, un service de transfert d’argent par gsm, inventé au Kenya.
« A présent, nous faisons des bénéfices, ce qui nous permet de payer la scolarité de nos enfants. De plus, nous avons pu investir dans d’autres business. J’ai maintenant un magasin de vêtements ». D’autres sont devenues propriétaires de chameaux, privilège normalement réservé aux hommes. « Nous espérons pouvoir bientôt acheter nos propres bus et avoir notre propre marque de lait, nous occuper du packaging et le commercialiser dans les magasins et supermarchés ».
En 2006, le néerlandais Frank Smith a créé la première ferme productrice de lait de chameau en Europe.
http://www.7sur7.be/7s7/fr/2765/Environnement/article/detail/1584321/2013/02/22/Le-lait-de-chamelle-un-produit-prometteur.dhtml
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