Des soldats maliens à nouveau accusés d’exactions

Le Monde.fr avec AFP et Reuters | 12.03.2013 à 11h36

Le Haut Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme accuse des soldats de l’armée malienne d’avoir mené, depuis l’intervention française dans le nord du pays en janvier, des représailles à l’encontre de plusieurs groupes ethniques.
Les conclusions de la mission d’observation menée par le Haut Commissariat depuis le 18 février « suggèrent que la récente intervention dans le nord du Mali a été suivie par une grave escalade des violences » et par des « représailles » menées par des membres de « l’armée » qui semblaient « viser les Peuls, les Touareg et des groupes ethniques arabes perçus comme soutenant les groupes armés », a déclaré mardi la haute-commissaire adjointe, Kang Kyung-wha, devant le Conseil des droits de l’homme de l’ONU.
Les Peuls et les Touareg sont surnommés « peaux blanches » par la population noire majoritaire, qui les accuse souvent d’être « tous des terroristes » et mène aussi, par endroits, des représailles ethniques sans discrimination.
Mme Kang a par ailleurs expliqué que « la situation a été exacerbée par la propagation de messages incendiaires, y compris à travers les médias, stigmatisant les membres de ces communautés, dont des milliers ont fui par peur de représailles de la part de l’armée malienne ». « Ceux qui restent dans le pays ont peur d’être des cibles non pas pour ce qu’ils ont fait mais pour ce qu’ils sont », a-t-elle ajouté.
Kang Kyung-wha a par ailleurs demandé aux autorités maliennes de mener une enquête à ce sujet et de punir les responsables. Présent dans la salle du Conseil des droits de l’homme à Genève, le ministre de la justice du Mali, Malick Coulibaly, a déclaré que les allégations d’exactions imputables aux forces maliennes sont « le fait d’actes isolés dont les auteurs seront poursuivis et punis ».
Les accusations d’exactions contre l’armée malienne se sont multipliées depuis le début de l’opération française « Serval » le 11 janvier de la part d’ONG (Human Rights Watch, Amnesty International, Fédération internationale des droits de l’homme) et des communautés arabes et touareg. Fin janvier, Jean-Marc Ayrault, le premier ministre français, s’était dit favorable au « déploiement rapide » d’observateurs internationaux au Mali.




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