Agadez : un patrimoine culturel riche d’enseignements


Agadez Situé dans une zone fortement désertique, Agadez est un véritable site historique selon les  écrits des explorateurs et des intellectuels nigériens qui ont eu à restituer son histoire. Sur le plan culturel, ce qui frappe le visiteur qui foule pour la première fois la ville d’Agadez, c’est surtout l’architecture atypique de certains bâtiments, les monuments et les places publiques admirables à tout point de vue.
La grande mosquée bâtie en forme pyramidale qui n’a rien perdu de son charme; les maisons résidentielles du Sultanat; la maison du boulanger ou celle où a séjourné l’explorateur Henri Barth dans les années 1850 : autant d’édifices qui, loin d’être détériorés par le temps, ne font qu’acquérir du charme au fil des siècles. L’ensemble, circonscrit aujourd’hui dans 11 quartiers,  constitue le site historique de la ville d’Agadez.

En effet, depuis 2002, le Niger s’est engagé  dans une dynamique de revalorisation du site historique de la vieille ville d’Agadez, conformément à la convention de 1972 portant sur  la protection et la conservation du patrimoine culturel et naturel mondial. Cette convention a été d’ailleurs signée par notre pays en 1974. C’est une initiative à laquelle l’UNESCO accorde beaucoup de prix afin de poursuivre son œuvre de sauvegarde en matière de patrimoine culturel mondial.
La convention une fois signée, Etats parties proposent des sites culturels et naturels susceptibles d’être classés au patrimoine mondial de l’humanité.  C’est dans cette optique que le Niger s’est attelé à ce processus qui, à un  moment donné,  précisément en 2006, a rencontré un certain nombre de problèmes.  Le dossier qui avait été déposé était impertinent et il fallait le revoir pour apporter les corrections nécessaires. Les lacunes constatées étaient relatives à la non limitation du site, à la cartographie, ainsi qu’aux  descriptions historique et géographique qui, avait-on estimé,  étaient mal présentées. Ces observations, consignées dans le document rejeté, ont permis à notre pays de relancer le dossier en 2010 avec les autorités de la Transition. Fort heureusement, le dossier a pu être déposé en janvier 2012.
Selon le responsable de la cellule de gestion et du centre de conservation du site historique  d’Agadez, M. Ali Salifou,  des actions ont été d’abord menées avant le dépôt du dossier. Il s’agit notamment de la révision de la cartographie avec le concours de l’Institut Géographique du Niger (IGN), un plan de conservation du site 2012-2018, soit pour 10 ans, afin de prendre en compte l’ensemble des forces et faiblesses inhérentes au site. Ce plan comporte des objectifs qui ont trait à la gestion, à la protection, à la promotion et à la documentation.
Après le dépôt du dossier, l’UNESCO a suggéré  à notre pays la création d’un service focal à Agadez, pour plus de proximité et d’efficacité,  parce que, jusqu’à une époque récente, les équipes de travail étaient basées Niamey.  Pour l’UNESCO, il était indispensable de mettre en place un service qui doit se charger de toutes ces questions de conservation et de gestion du site, en prélude à l’examen et à la nomination du site. A cet effet d’ailleurs, il se tiendra, en juin prochain au Cambodge, une semaine au cours de laquelle le dossier sera examiné en profondeur. Cependant, il faut dire qu’en aval,  un travail d’évaluation a été fait. C’est dans ce cadre qu’il avait été envoyé, en septembre dernier, un évaluateur à Agadez pour faire une comparaison entre ce qui figure dans le dossier et ce qui est réellement sur le terrain. Et le responsable de la cellule de gestion et conservation du site s’est dit confiant quant à la concordance entre le contenu du dossier et les observations de l’évaluateur.
Ainsi, ce site historique, d’une superficie de 77 hectares, comprend 11 quartiers anciens communément appelés la vieille ville d’Agadez. Les quartiers concernés sont notamment Katanga, Obitara, Ambit, Akanfaya, Agargar-Saka, Founeyni, Amarewat, Koko-béri, etc. L’actuelle ville a été fondée autour de ces quartiers là.  En outre, la cellule de gestion du site historique a ciblé 18 éléments, les  plus représentatifs du site. Ces éléments sont constitués de monuments, de places et de placettes. Parmi eux, on peut citer la grande mosquée, le sultanat,  la maison de l’Anastafidet; la maison du Cadi; la maison du Boulanger; la maison où Henri Barth avait séjourné en 1850.
Si ce site historique arrive à être classé  au patrimoine mondial de l’humanité, cela contribuera énormément à la sauvegarde de notre patrimoine culturel, ce qui est une bonne chose parce que les générations futures l’apprécieront à  sa juste valeur.  Il faut noter que la vieille ville d’Agadez, la mosquée et le sultanat datent de plus de 500 ans. De là, on peut affirmer que le Niger peut se prévaloir d’avoir participé à  la connaissance de l’histoire universelle.
Quant à la région d’Agadez particulièrement, la valorisation de ce site contribuera à lui générer plusieurs avantages, notamment les recettes touristiques.  ‘’Avec ce site historique, les avantages sont énormes. Il permettra de réécrire notre histoire, et aussi d’attirer les  touristes vers notre pays, car un site classé au patrimoine culturel mondial est présenté  dans les 190 pays membres de l’UNESCO, à travers une carte géographique, afin de montrer les potentialités dont regorge le pays en question. Par ailleurs, cela peut permettre aux étudiants de mener des études  afin de dégager le rôle et la place qu’occupe Agadez dans l’histoire de notre pays. C’est dire que les avantages sont à la fois économiques et socioculturels’’, a souligné M. Ali Salifou.
Hassane Daouda, envoyé spécial
13 avril 2013
Publié le 12 avril 2013
Source : Sahel Dimanche
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