MALI : Le nombre de réfugiés et de PDIP augmente, alors que les affrontements se poursuivent dans le nord

Chaque jour, les pays frontaliers du Mali notent un afflux de réfugiés, alors que les combats font rage entre l’armée malienne et le Mouvement National pour la Libération de l’Azawad (MNLA), qui se bat pour que les Touareg bénéficient d’une plus grande autonomie.
Le Mali compte également des dizaines de milliers de personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays (PDIP).

Un appel de fonds visant à recueillir 35,6 millions de dollars a été lancé le 23 février, a dit Helene Caux, la responsable de l’information du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), pour répondre au problème du « déplacement au Mali ».
Burkina Faso
Le ministère des Affaires étrangères et de la Coopération régionale du Burkina Faso a indiqué que le 21 février son pays comptait 16 299 réfugiés Touareg maliens. Le 23 février, leur nombre s’élevait à 17 499.
La plupart des réfugiés sont entrés dans le pays en passant par Tinakoff, Inabao et Déou dans la province d’Oudalan, au nord du pays. Le reste des réfugiés se trouvent dans les neuf autres provinces. Ils sont accueillis par des communautés ou par des familles, dont certaines vivent dans la capitale Ouagadougou. Le ministère a toutefois indiqué que la plupart des réfugiés sont installés dans les camps de la région du Sahel, à Mentao dans la province de Soum, à Inabao et Gandafabou dans la province d’Oudalan.
Le gouvernement a identifié deux sites des régions de Goudebo et Ingan pour la construction de camps de réfugiés.
Au départ, le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) a distribué des biscuits énergétiques, des kits de cuisine et des couvertures ; le ministère de la Santé et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) fournissent des médicaments et des pastilles de purification de l’eau ; le HCR a fourni 500 tentes provenant des stocks de Douala, au Cameroun, et coordonne la réponse humanitaire.
Niger
Le 23 février, le Niger comptait 28 858 réfugiés arrivés après le début des combats en janvier. Parmi eux figuraient des citoyens nigériens, dont certains avaient vécu au Mali pendant de nombreuses années. Ici aussi, la population locale a apporté de l’aide aux réfugiés. Le gouvernement a distribué de la nourriture et l’organisation non gouvernementale locale (ONG) PLAN Niger a également offert son aide.
« Le gouvernement nigérien a répondu rapidement », a dit Mme Caux.
Quarante tonnes de produits non alimentaires ont été prélevés dans les stocks du HCR à Accra, au Ghana. La première distribution a eu lieu le 22 février dans le district d’Ayorou de la province de Tillaberi. Le HCR a effectué des distributions dans 302 foyers d’un site de Gaoudel dans le district d’Ayorou.
« Il s’agit surtout de couvertures et de bâches en plastique, car il fait froid en ce moment », a dit Mme Caux.
Le 16 février, le HCR a reçu 2 000 tentes familiales qui seront distribuées dès que les réfugiés seront installés. Chaque tente peut accueillir six personnes.
Les premières distributions ont été effectuées à la frontière. Certains réfugiés, comme ceux du village de Sinegodar, se trouvent à seulement 8 km de la frontière. Le HCR prévoit que les réfugiés ne soient pas installés à moins de 50 km d’une frontière.
Sinegodar accueille quelque 8 000 réfugiés dont un grand nombre est arrivé de villages maliens proches. Ils sont installés dans des abris de fortune. Le village de Mangaizé accueille également des réfugiés : nombre d’entre eux connaissent ce village qui abrite un grand marché à bestiaux qu’ils avaient l’habitude de fréquenter.
Le gouvernement a identifié un site où installer des réfugiés à Ouallam, à environ 100 km au nord de Niamey, mais il faudra deux semaines pour finir de préparer le camp.
« Nous aurons peut-être besoin d’un ou de deux autres sites », a dit Mme Caux.
À leur arrivée, les réfugiés étaient plutôt en bonne condition, mais si la situation se poursuit, des problèmes pourraient survenir, car les réfugiés ne disposent que d’abris de fortune. Les enfants pourraient souffrir de problèmes respiratoires et autres.
Le Niger, qui est l’un des pays les plus pauvres de la région, a été affecté par une grave sécheresse, comme plusieurs pays du Sahel. Les agences humanitaires ont besoin de davantage de fonds pour mener leurs actions dans cette région – un fait qui est souvent négligé.
« Nous avons besoin de fonds, car la crise s’est développée si rapidement. Il est difficile d’attirer des fonds, car d’autres, pays comme la Somalie, en ont également besoin », a dit Mme Caux.
Le HCR commencera à enregistrer les réfugiés le 24 février dans le village de Mangaizé situé à la frontière, et s’est déplacé ensuite vers d’autres zones.
Mauritanie, Algérie
Les milliers de personnes qui ont fui les combats à Léré, dans le centre-ouest du Mali, sont pris en charge dans les centres de Fessala et d’Hodh el Charghi en Mauritanie. Un camp de Mbéra, qui a été établi pour les réfugiés touareg dans les années 1990, est actuellement réhabilité. Le HCR indique que le site dispose de plusieurs points d’eau et de structures conçues pour servir d’écoles et de centres médicaux.
Des combats ont récemment été signalés à Tessalit et à Tinezewadern dans le nord-est du pays. L’Algérie a également signalé la présence de réfugiés.
Les PDIP du Mali
Selon le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), des populations du nord du Mali ont abandonné leurs domiciles et leurs champs et perdu leur bétail. De nombreuses familles sont installées à l’ombre des arbres ou en plein air.
Au moins 61 400 personnes ont été déplacées de Ménaka, Aguelhoc, Tessalit, Inhalid, Niafunké et Léré. En raison de la sécheresse qui a sévi dans le Sahel, les marchés ne disposent que d’un nombre limité de produits alimentaires vendus à des prix élevés.
Le CICR indique que les déplacés ont surtout besoin d’accès à l’eau potable. Le manque de pâturages a également été souligné. À Ménaka, dans la région de Gao, les principales activités sont l’élevage et l’agriculture.
Combats
Les combats ont débuté le 17 janvier à Inhalid, Tessalit, Tinzaouaten, Aguelhoc, Ménaka, Andéranboukan, Hombori, Niafunké et Léré – des villes situées dans la moitié nord du Mali.
Le MNLA indique vouloir « libérer le peuple de l’Azawad de l’occupation illégale du territoire azawadien par le Mali » et organiser un référendum visant à déterminer si les Azawadiens sont favorables à une république séparée et indépendante.
Le gouvernement malien indique qu’il combat le MNLA et les éléments d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) pour assurer l’intégrité de son territoire. Le MNLA et le gouvernement malien se rejettent la responsabilité des atrocités commises.
L’Algérie, la France et les États-Unis ont appelé à la fin des combats. Toutefois, le sommet organisé pendant deux jours en février par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), dont le Mali est membre, a condamné les rebelles du MLNA et exprimé son plein soutien aux efforts réalisés par le Mali pour défendre son intégrité territoriale.
Sur le front humanitaire, la CEDEAO et le Conseil de sécurité des Nations Unies ont approuvé le versement de 3 millions de dollars aux victimes de la crise alimentaire et des attaques menées par les rebelles dans la région ouest-africaine du Sahel et du Sahara.

IRIN
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