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28 mai 2013

« La résilience à la sécheresse passe par l’information et l’autonomisation des collectivités locales »

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

GENÈVE, 22 mai (Stratégie internationale de prévention des catastrophes des Nations Unies) –Les participants à la quatrième session de la Plate-forme mondiale pour la réduction des risques de catastrophe ont débattu, ce matin, au cours d’une séance plénière, au Centre international de conférences Genève, de la question de l’activité des collectivités, considérée comme la pierre angulaire des nations résilientes.  Mme Ann Akwango, Directrice des programmes du Development Network of Indigenous Voluntary Associations (DENIVA) de l’Ouganda, a animé cette séance.

Il est important de renforcer la résilience des communautés face aux catastrophes qui interviennent au quotidien car, ont fait remarquer les intervenants, ces catastrophes ont des conséquences dévastatrices sur la vie des populations.  Les médias assurent une faible couverture à ces évènements naturels et les autorités de nombreux pays consacrent des ressources limitées pour les prévenir.  Pour sa part, la Directrice et fondatrice de la communauté des travailleurs de santé de Shibuye (Kenya), Mme Violet Shivutse, a regretté que les donateurs n’accordent pas la priorité à l’action des collectivités, qui est pourtant efficace.  La quatrième session de la Plate-forme devrait formuler des recommandations afin de garantir la pérennité des initiatives locales, a-t-elle estimé.
Responsable de la Sakhi Federation (Inde), Mme Godavari Dange, a souligné l’importance des initiatives prises par les femmes en Inde pour prévenir, au sein de leurs communautés, la contamination de l’eau résultant de changements climatiques.  La Présidente de l’Union des coopératives des femmes Las Brumas (Nicaragua), Mme Haydee Rodriguez, a fait observer que la participation des femmes à la vie publique municipale avait augmenté grâce à un programme qui consacre 5% du budget à des programmes de formation et d’intégration.  Pour le représentant de la Fondation internationale pour les peuples du Pacifique Sud –FSPI- (Fidji), M. Jiuta Korovulavula, le cadre d’action post-2015 devrait encourager les gouvernements à intégrer toutes les catégories de personnes vulnérables aux efforts de réduction des risques de catastrophe.

Le mécanisme d’alerte précoce mis en place dans la région de Sarapiqui, au Costa Rica, a assuré la Coordonnatrice du Comité communautaire d’urgence de Puerto Viejo (Costa Rica), Mme Jacqueline Araya Montero, a permis de mieux préparer la population aux risques d’une catastrophe en assurant la formation appropriée des différents personnels concernés, en organisant une solide coordination avec les autorités locales ou nationales et en assistant les personnes touchées.  Le Secrétaire adjoint à la protection civile de l’État Rio de Janeiro (Brésil), M. Marcio Moura Motta, a indiqué que la ville de Rio de Janeiro et toute la région, grâce à des mesures préventives bien ciblées, avait réussi à réduire l’impact des inondations de 2010, qui avaient causé la mort de plusieurs dizaines de personnes.

Les communautés jouent un rôle important en matière de prévention des risques de catastrophe, car souvent les catastrophes naturelles, causées par les changements climatiques, se produisent dans des régions qu’elles connaissent très bien.  C’est pourquoi, il faudrait recourir aux connaissances traditionnelles, a recommandé M. Alex Byarugaba, qui est membre du Parlement, dans le district d’Isingiro, en Ouganda.  Pour la Ministre de la protection civile de la Nouvelle-Zélande, Mme Nikki Kaye, la rapidité avec laquelle un pays se remet d’une catastrophe naturelle dépend de la capacité des collectivités à y faire face.  Elle a estimé que les populations devraient être sensibilisées à ces risques à la fois à travers les médias traditionnels et les réseaux sociaux.

Cette séance plénière est immédiatement suivie d’un évènement spécial intitulé « Résilience à la sécheresse face aux changements climatiques », en salle 2, niveau 0 du CIGC.

RÉSILIENCES DES COLLECTIVITÉS: LA PIERRE ANGULAIRE DE NATIONS RÉSILIENTES

Déclarations

Mme ANN AKWANGO, Directrice des programmes du Development Network of Indigenous Voluntary Associations (DENIVA) de l’Ouganda, a rappelé la philosophie africaine du travail collectif pour le bien commun, dans le respect des perspectives de chacun, une philosophie qui, a-t-elle précisé, s’applique aussi à l’action face aux catastrophes.  Il est important de construire la résilience des communautés pour faire face aux catastrophes qui interviennent au quotidien, et qui ont un impact très grave sur le bien-être des populations.  Ce sont malheureusement celles dont la presse parle peu et pour lesquelles la mobilisation des ressources reste limitée.  C’est pourquoi, a-t-elle souligné, le futur cadre d’action qui remplacera celui de Hyogo devrait refléter cette réalité.

La mobilité et la capacité d’organisation des communautés sont essentielles pour la réduction des risques de catastrophe, a-t-elle dit, en précisant que ces communautés peuvent trouver des solutions originales aux problèmes qui se posent à elles.  Il est ainsi utile de coordonner les programmes nationaux avec connaissances traditionnelles des communautés.  Il faudrait renforcer les capacités au niveau des communautés locales, qui en manquent cruellement mais qui sont les plus à même de faire face aux fléaux qui les frappent.  Il faudrait aussi associer tous les secteurs concernés pour parvenir à la résilience des communautés, a estimé Mme Akwango.  Elle a fait observer que les mécanismes visant à renforcer les partenariats entre le secteur public, national et local, et le secteur privé font, pour l’instant, défaut en Ouganda.

Mme GODAVARI DANGE, Directrice de la SakhiFederation, en Inde, a décrit la grave sécheresse qui frappe la communauté agricole en Inde, causant la pauvreté et contraignant les populations à fuir leur région et, parfois, leur pays.  Les changements climatiques menacent les ressources hydriques dont disposent les communautés, a-t-elle alerté.  Les femmes au sein de ces communautés se sont d’abord organisées pour s’entraider et subvenir aux besoins de leurs familles.  Elles ont ensuite étendu leur action à d’autres communautés confrontées à des difficultés similaires au niveau de l’État du Maharastra.  Pour ce faire, elles ont créé des partenariats solides avec les pouvoirs publics et le secteur privé, notamment une société d’énergie avec laquelle elles développent des projets industriels à petite échelle dans le domaine de l’éclairage, a précisé Mme Dange.  Certaines femmes se sont formées aux techniques agricoles, d’autres à l’administration et à la gestion de projets.  Six cents personnes sont responsables de la diffusion d’informations importantes, notamment météorologiques, a-t-elle ajouté.  Le futur cadre d’action pour l’après-2015, a-t-elle demandé, devrait permettre de débloquer des fonds pour l’action locale et encourager l’action des groupes de femmes à ce niveau.

M. JIUTA KOROVULAVULA, de la Fondation internationale pour les peuples du Pacifique Sud (FSPI), à Fidji, a présenté les mesures prises par les collectivités de son pays.  Les organisations non gouvernementales concernées ont créé des groupes de travail thématiques sur la reconstruction, l’alerte précoce ou encore la gestion communautaire des catastrophes.  Des comités communautaires représentant toute la population ont pour rôle d’établir une évaluation des dégâts en cas de catastrophe, en lien avec les autorités du pays.  Une organisation non gouvernementale travaille à l’intégration des personnes handicapées aux activités de préparation aux catastrophes, a assuré M. Korovulavula.  Les organisations concernées constatent que la coopération régionale et internationale doit s’appuyer, d’abord, sur l’action des collectivités.  Le cadre d’action pour l’après-2015 devrait encourager les gouvernements à intégrer toutes les catégories de personnes vulnérables aux efforts de réduction des risques de catastrophe.

Mme HAYDEE RODRIGUEZ, Présidente de l’Union des coopératives Las Brumas, au Nicaragua, a indiqué que sa coopérative travaillait activement à la réduction des risques de catastrophe naturelle, notamment en association avec le Centre de coordination pour la prévention des catastrophes naturelles en Amérique centrale (CEPREDENAC).  Elle a cité des projets qui visent à évaluer l’état des sols en vue de prévenir des glissements de terrain.  La prévention des catastrophes et les mécanismes d’alerte précoce permettent de limiter les impacts des changements climatiques.  Elle a noté que la participation des femmes à la vie publique s’était accrue, grâce à un programme municipal qui consacre 5% du budget de la ville à des programmes publics pour la formation et l’intégration des femmes.  Les femmes doivent travailler de concert avec les autorités locales pour faire avancer leur cause, a-t-elle dit avant de conclure.

Mme JACQUELINE ARAYA MONTERO, Coordonnatrice du Comité communautaire d’urgence de Puerto Viejo et promotrice sociale des systèmes ruraux d’approvisionnement en eau à Sarapiqui, au Costa Rica, a décrit le mécanisme d’alerte précoce mis en place dans la région de Sarapiqui.  Il a pour objectif de former les personnes concernées, d’organiser la coordination avec les autorités concernées et d’aider les personnes touchées par des catastrophes, a-t-elle précisé.  Il a également pour objectif de développer une culture de réaction rapide aux catastrophes et de donner plus de pouvoir aux collectivités locales qui y participent, a-t-elle ajouté.  La prochaine étape, a-t-elle indiqué, est le partage d’expériences entre les communautés afin de développer l’influence positive de cette expérience innovante.

M. ALEX BYARUGABA, Membre du Parlement, district d’Isingiro, en Ouganda, a rappelé que les catastrophes ont des conséquences disproportionnées sur les femmes, les enfants et les groupes les plus vulnérables.  Les communautés locales jouent un rôle important dans la planification des mesures de préparation aux catastrophes, au plus près des terrains qu’elles connaissent le mieux.  Dans ce contexte, les autorités doivent, notamment, apprendre à utiliser, préserver et transmettre les connaissances des anciens; et développer les systèmes de financement et d’assurance au niveau local.  Les élus doivent, pour leur part, s’exprimer au nom des populations menacées par les catastrophes, appuyer les activités locales, mieux cibler l’utilisation des ressources, assurer le suivi de l’action du pouvoir exécutif et encourager les activités de formation.

Mme NIKKI KAYE, Ministre de la protection civile de la Nouvelle-Zélande, a assuré que lors du tremblement de terre de Christchurch, en 2011, la mobilisation des communautés locales avait permis de réduire l’impact négatif de la catastrophe, qui avait causé cependant des dommages équivalents à 20% du PIB.  En Nouvelle-Zélande, les autorités locales ont de larges responsabilités en matière de protection civile, a-t-elle dit.  La responsabilité individuelle et l’ « autogestion » en sont les deux principes fondamentaux.  Après le séisme de Christchurch, toute la population a fait preuve d’un engagement spontané, s’est-elle félicitée.  La Ministre a ajouté que la rapidité avec laquelle le redressement a été assuré dépendait aussi des capacités des collectivités.  L’implication de l’ensemble de la population et, en particulier des jeunes, est primordiale pour réduire, à l’avenir, les risques de catastrophe.  À cet égard, la Ministre a estimé que la mobilisation de la population à la fois à travers les médias traditionnels et les réseaux sociaux était une piste à explorer.

M. MARCIO MOURA MOTTA, Secrétaire adjoint à la protection civile de l’État de Rio de Janeiro, Brésil, a fait état d’une grave crise résultant des importantes inondations qui avaient affecté la ville de Rio et toute la région, causant plusieurs dizaines de morts.  À la suite de cette catastrophe, les autorités avaient procédé à une cartographie des zones à risque et installé des postes d’alerte.  Depuis cette date, elles organisent régulièrement des exercices d’évacuation.  Les écoles primaires dispensent un enseignement pratique pour préparer les élèves à mieux réagir en cas d’inondations et de glissements de terrain.

Débat interactif

Au cours de la discussion animée par M. ANDREW BIDNELL, d’InsideOut Consultant Compagny, au Royaume-Uni, plusieurs intervenants ont souligné que le partage d’informations était essentiel.  Mme Araya Montero, du Costa Rica, a rappelé que son pays ne disposait pas d’armée.  C’est pourquoi, la société civile doit réagir rapidement en cas de catastrophe.  Le système de protection est fondé sur l’implication des citoyens vivant dans des zones à risque et sur le renforcement des collectivités locales.  Ces deux conditions doivent être prises en compte dans le nouveau cadre d’action pour la période post-2015.

Un autre intervenant s’est interrogé sur la possibilité d’ériger les catastrophes en violations des droits de l’homme.  Les plus démunis sont les plus susceptibles de souffrir des effets des catastrophes, a fait rappeler un participant.  Par ailleurs, une représentante du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) au Niger a estimé qu’il faudrait prendre en compte non seulement les bonnes pratiques, mais également les mauvaises pratiques afin d’établir une meilleure évaluation de la situation et de mieux cibler les mesures à prendre.  Le partage d’expériences permet d’éviter à d’autres de commettre les erreurs qui avaient été constatées ailleurs.

Répondant à une question d’une représentante de la Banque mondiale, le membre du Parlement de l’ougandais a souligné que l’implication des communautés locales signifie qu’elles doivent s’approprier les politiques et programmes de réduction des risques.  La participation active des collectivités est donc une nécessité fondamentale, a-t-il dit.

En réponse à une autre question, la Ministre de la protection civile de la Nouvelle-Zélande s’est dite convaincue que la science et la recherche, notamment en matière sismique, sont vitales pour mieux organiser la réponse aux catastrophes.  La Présidente de l’Union des coopératives Las Brumas, pour sa part, a évoqué les leçons apprises au Nicaragua à la suite des souffrances et des dégâts causés par les catastrophes.  Les organisations de femmes ont noué un véritable dialogue avec les autorités du pays en matière de réduction des risques de catastrophe.

Mme VIOLET SHIVUTSE, Directrice et fondatrice de la communauté des travailleurs de santé de Shibuye, du Kenya, a estimé que l’organisation communautaire constituait un outil très puissant, tout en notant que les donateurs ne lui accordent pas la priorité.  Les organisations de femmes, en particulier, réalisent un excellent travail, a-t-elle assuré.  Les partenariats « du bas vers le haut » sont particulièrement efficaces, car ils permettent d’informer les pouvoirs publics sur ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas.  Le cadre d’action post-2015 devrait prendre en compte les réalisations faites au niveau régional.  Le partenariat permet aux citoyens d’être entendus car, a-t-elle rappelé, ils sont les premières victimes des catastrophes.  Elle a souligné que la quatrième session de la Plate-forme mondiale pour la réduction des risques de catastrophe devrait formuler des recommandations afin de garantir la durabilité des initiatives locales.  Pour réaliser les objectifs de réduction des risques de catastrophe et de développement durable, « il faudrait passer des projets isolés aux programmes durables », a-t-elle insisté.  Au cours d’une récente réunion entre communautés locales, il est apparu que la planification devait être assurée par les collectivités et non pas par une autorité centrale.  « Il faut penser globalement mais agir localement », a-t-elle dit avant de conclure.
http://www.un.org/News/fr-press/docs/2013/IHA1318.doc.htm

22 mai 2013

Bamako se résout à négocier avec les Touaregs



Le ministre des Affaires étrangères malien, Tieman Coulibaly, et le commissaire européen, Andris Piebalgs, signent un accord entre l'Europe et le Mali en présence de Dioncounda Traoré, José Manuel Barrosoet François Hollande, le 15 mai à Bruxelles. Crédits photo : THIERRY CHARLIER/AFP

Le sort de Kidal, pour l'heure sous contrôle des rebelles du MNLA, doit être tranché avant l'organisation de la présidentielle.
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La réunion des bailleurs de fonds pour le Mali, le 15 mai à Bruxelles, s'étant achevée sur un succès, l'urgence est maintenant de boucler au plus vite le processus politique. «Il faut organiser un vote pour donner au pays un gouvernement légitime», souligne un diplomate. L'objectif principal est de remplacer le président par intérim Dioncounda Traoré, installé en catastrophe, après le coup d'État du 22 mars 2012.

Dioncounda Traoré s'est engagé à plusieurs reprises à appeler aux urnes au mois de juillet. La date officielle a été fixée au 28. Un choix que beaucoup jugent optimiste. Les difficultés logistiques, de l'impression des cartes d'électeurs à la mise en place du matériel électoral, sont énormes. «C'est faisable avec de l'organisation», assure un haut fonctionnaire de l'ONU.

Le vrai problème se trouve dans les séquelles de la guerre, à Kidal. Cette ville de l'extrême nord du pays, un temps occupée par les islamistes, est passée en février sous le contrôle armé de Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA). Ce groupe rebelle touareg a toujours été hostile aux djihadistes mais revendique l'indépendance de l'Azawad, le nord du Mali, à la grande colère de Bamako.

Paris a bien pris soin jusqu'à présent de ne pas prendre parti dans ce conflit entre les Touaregs et le gouvernement central, opposition qui plonge ses racines dans une défiance mutuelle bien plus vieille que le Mali. L'armée française n'entretient qu'une présence minimale à Kidal. Les soldats maliens, chassés de la ville en janvier 2012 par le MNLA, en sont toujours absents, tout comme l'administration. Or, sans le retour au moins des fonctionnaires le déroulement d'une élection est impossible. «Cela entraînerait le report du vote dans tout le pays», reconnaît-on à l'Élysée et à Bamako.



Alors que Bamako entend séparer les choses pour reporter les négociations sur le fond à après les élections, le MNLA veut prendre son temps. « Pour nous la priorité est le statut de l'Azawad », martèle Moussa Ag Acharatoumane

La solution de la force a été écartée. L'hostilité entre militaires maliens et MNLA est telle que toute tentative de reprise conduirait à une lutte sanglante. Reste donc la négociation. Cette semaine, Touaregs et gouvernement se sont dits prêts à ouvrir un dialogue sous le contrôle de Blaise Compaoré, le président burkinabé. Dans les jours prochains, une délégation touareg conduite par Bilal ag Achérif, le chef du MNLA, devrait se rendre à Ouagadougou. De son côté, Bamako a nommé vendredi Tiébilé Dramé, un homme politique malien, comme négociateur. Les positions des uns et des autres restent très éloignées.

Jeudi, Dioncounda Traoré, a ainsi répété son hostilité à toute autonomie, pensant qu'un «processus de décentralisation» est suffisant. «Un statut précis pour l'Azawad, comme une autonomie est le minimum», souligne Moussa Ag Acharatoumane, un proche de Bilal Ag Achérif. Autre point de friction: le sort des combattants du MNLA. Bamako demande le désarmement des miliciens, une option dont ne veut pas entendre parler le MNLA. Même le calendrier pose une difficulté. Alors que Bamako entend séparer les choses pour reporter les négociations sur le fond à après les élections, le MNLA veut prendre son temps. «Pour nous la priorité est le statut de l'Azawad», martèle Moussa Ag Acharatoumane.

Dans la réalité, la position des uns et des autres pourrait être plus nuancées et d'autres négociations, plus discrètes, devraient se tenir dans les jours à venir. «Le MNLA sait que sa carte maîtresse tient à sa capacité à bloquer l'élection mais il sait aussi qu'il n'est plus en position de force militaire», souligne un bon connaisseur du dossier. Paris et l'ONU tentent donc de rapprocher les points de vue et de dessiner une issue. «Nous sommes prêts à accompagner l'administration civile malienne à Kidal», a expliqué François Hollande. En claire, l'armée française assurerait, en accord avec le MNLA, la protection des fonctionnaires maliens pendant l'élection. L'armée malienne, elle, resterait pour un temps encore loin de Kidal. «C'est une possibilité mais rien n'est fait», assure un haut responsable français.

http://www.lefigaro.fr/international/2013/05/17/01003-20130517ARTFIG00705-bamako-se-resout-a-negocier-avec-les-touaregs.php

11 mai 2013

Lettre ouverte du Secrétaire Général du MNLA

Mouvement National de Libération de l’Azawad
°°°°°°°°°
MNLA
Unité – Liberté - Justice



Lettre N°015-2013/P-CTEA


Le Secrétaire Général du MNLA, Président du CTEA A

Son Excellence, Monsieur le Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies, New York,
Son Excellence, Madame la Présidente de la Commission de l’Union Africaine, Addis Abeba,
Son Excellence, Monsieur le Président de la Commission de l’Union Européenne,
Son Excellence, Monsieur le Président en exercice de la CEDEAO,
Son Excellence, Monsieur le Chef de la MISMA- Bamako,
Son Excellence, Monsieur le Président de la République Française,
Son Excellence, Monsieur le Président des Etats Unis d’Amérique,
Le Mouvement National de libération de l’Azawad (MNLA) se félicite de tous les efforts que vos institutions respectives et vous–mêmes ne cessez de déployer en faveur de la paix et particulièrement pour trouver une issue au conflit opposant le MNLA au gouvernement de transition du Mali.
C’est pourquoi le MNLA saisit l’occasion pour vous renouveler sa confiance en vue d’un règlement pacifique, équitable et définitif de la question de l’Azawad.
1 - Négociations politique : le MNLA a, à maintes reprises,tendu la main aux négociations politiques avec les autorités maliennes, et ce bien avant le déclenchement des hostilités. Le MNLA a renouvelé son offre de négociations de façon constante après la libération de l’Azawad. Depuis le mois de septembre 2012, une plate-forme de règlement politique du conflit opposant l'Azawad au Mali a été élaborée et remise au médiateur de la CEDEAO par le MNLA ainsi qu’à d’autres pays impliqué dans la recherche d'une solution négociée entre les deux parties ; toutefois, pour éviter de renouveler les échecs antérieurs (1964, 1991, 1992, 2006), le dialogue politique doit se faire sous l’égide, et avec les garanties, de la communauté internationale, de même que celles de tous les pays engagés à servir la paix.
Le MNLA rappelle qu'il demeure prêt à entamer, et dès maintenant, des négociations politiques avec les autorités maliennes de la transition, conformément aux termes de la résolution 2100 du Conseil de sécurité de l’ONU.
Il est cependant utile de préciser que les négociations politiques ne semblent êtres souhaité et recherché que par une seule partie, le MNLA en l’occurrence. Or, il est indispensable que les autorités de transition de Bamako affichent clairement leur volonté quant à la recherche d’une véritable solution négociée.
Nous avons remarqué avec regret que le Mali, après son échec dans la sécurisation des villes qu’il occupe et son inefficacité dans la lutte contre le terrorisme, cherche à présent à attaquer les positions tenues par le MNLA. C'est pourquoi, nous souhaitons attirer l’attention de la communauté internationale sur cette préoccupante question car si le Mali ouvre à nouveau les hostilités, cela anéantira les efforts déjà consentis et les résultats positifs de l’opération SERVAL. Le MNLA constate également que les appels émis jusqu’à présent par certains acteurs de la communauté internationale en faveur de la paix ne semblent pas avoir été entendus par Bamako.
Pour notre part, le MNLA assure la communauté internationale qu'il ne relancera en aucun cas les hostilités, mais il n'aura pas d'autre choix que de se défendre s’il est attaqué. Par ailleurs, le MNLA précise qu'il sera, dans ce cas, dans l’obligation de réviser ses décisions antérieures relatives à sa volonté et à son engagement à œuvrer pour une solution politique négociée avec les autorités de transition de Bamako.
Aussi, le MNLA appelle solennellement tous les pays engagés à servir la paix à ramener les autorités de transition de Bamako à la raison. Si l’armée malienne, qui serait plus utile à assurer la protection des populations civiles livrées aux exactions, en venait à attaquer les positions du MNLA, nous nous considérerons alors en légitime défense.
2- L’intégrité territoriale du Mali: conscient des contraintes imposées par la communauté internationale, le MNLA a reconnu l'intégrité territoriale du Mali mais constate cependant que jamais rien de significatif n’a été fait en matière de développement dans l’Azawad, et ce à la suite de multiples conflits et négociations antérieures. C’est pour cela que le MNLA estime que la création d’une entité fédérale pour l’Azawad, regroupant l'ensemble de l’espace communément appelé Nord–Mali, au sein d’un Mali réellement rénové, constitue véritablement une solution juste et durable pour le conflit qui oppose l'Azawad à Bamako depuis l'indépendance du Mali.
Par ailleurs, le MNLA rappelle encore une fois qu’il a déjà déclaré, à plusieurs reprises, dans des lettres officielles et à travers des communiqués sur son site officiel, qu’il reconnaissait les frontières internationales du Mali.
3 - Observateurs des Nations Unies : afin de garantir la sécurité et l'intégrité physique des azawadiens, le MNLA souhaite le déploiement immédiat des observateurs des Nations Unies sur l’ensemble du territoire de l’Azawad. L’ouverture des bureaux de l’ONU dans les régions de l’Azawad permettra le retour à la paix et sa réelle consolidation et permettra par ailleurs la réalisation effective du développement de la région.
4 - Situation humanitaire : un nombre important des populations de l’Azawad est actuellement réfugié dans les pays voisins: Burkina Faso, Niger, Mauritanie, Algérie. D’autres populations sont déplacées à l’intérieur. Celles-ci sont dans une situation dramatique, dans l'insécurité la plus totale, comme ont pu formellement en témoigner les organisations internationales des droits humain. Le MNLA estime que le sort de ces populations mérite une attention particulière des organisations humanitaires et que leur sécurité relève de la responsabilité internationale et plus particulièrement de celle de tous les acteurs impliqués dans le conflit.
Pour conclure, le MNLA réitère son entière disposition à s’asseoir à la table des négociations avec les autorités maliennes de transition, sous l’égide et la garantie de la communauté internationale.
Le MNLA s'est formellement engagé à cesser toute hostilité, et il tiendra ses engagements. Le MNLA ne reprendra le combat que s’il y est contraint, mais s'il y est contraint, il le fera avec détermination.
Aussi, le MNLA attire vos honorables attentions et vous sollicite respectueusement car vous pouvez empêcher que le Mali ne relance la guerre et vous pourrez ainsi éviter aux populations civiles de nouvelles et inutiles souffrances car le peuple de l'Azawad, dont le MNLA est le représentant légitime, est déterminé à régler définitivement ce conflit qui nous oppose depuis déja trop longtemps.
Je vous prie d’agréer, vos Excellences, l’expression de notre plus haute considération.


Kidal, le 05 Mai 2013

Pour le MNLA,
Le Secrétaire Général,
Président du Conseil Transitoire de l’Etat de l’Azawad (CTEA)
Bilal AG ACHERIF

Une exception nommée… Kidal !

Kidal, dernière ville du Nord-Mali à être toujours sous le contrôle du MNLA, avec la bénédiction des forces françaises qui occupent la ville. Une situation qui agace les autorités maliennes ainsi que la presse bamakoise, d’autant que ces derniers jours, l’armée malienne qui s’apprêtait à entrer dans la ville, a reçu l’ordre de rester sur ses positions, apparemment sous la pression de Paris…
Inacceptable pour L’Indicateur Renouveau : « Il faut dire non à la France ! », s’exclame le journal bamakois. « Au moment où nos forces armées et de sécurité s’apprêtaient à offrir au peuple malien l’ultime victoire de la reconquête des régions du Nord, la France, par un détour révoltant et méprisable, vient de mettre les pieds dans le plat. Aux portes de Kidal, ordre a été donné à l’armée malienne de se replier. (…) L’indignation est à son comble, fulmine L’Indicateur Renouveau, quand nos “autorités” de la transition acceptent, sans réfléchir, de se plier à une telle exigence, fut-elle d’un pays ayant soutenu le Mali dans la guerre contre les jihadistes. Le dernier pas vient donc d’être franchi par la France, qui ne cache plus sa complicité avec les mouvements indépendantistes touaregs. »
En effet, précise le journal malien, « la France, par son jeu trouble, tente mordicus de mettre les groupes armés du MNLA au du MIA au centre du jeu. Et visiblement, l’ex-colonisateur se moque de cet appel solennel du peuple malien, qui refuse tout dialogue avec ceux qui ont égorgé nos militaires, violé les femmes, pillé les biens des populations, saccagé les bâtiments publics au Nord. »
« Quand ira notre vaillante armée à Kidal ? », s’interroge pour sa part Le Matin, autre périodique malien. Le Matin avance une date, celle du 15 mai prochain. « Les préparatifs seraient très avancés afin que l’armée puisse faire mouvement vers Kidal. Elle ira imposer la souveraineté du Mali sur la ville, ses environs et toute la région. (…) Nous, civils, sommes impatients de voir Kidal libéré. Et nos soldats sont encore plus impatients. Ils meurent littéralement d’envie de recevoir l’ordre d’aller bouter tout ce qui est “azawadiste” hors de Kidal et d’ouvrir la voie à l’administration, aux opérateurs économiques et aux autres citoyens. »
La voie de la négociation…
Alors, l’armée malienne bientôt à Kidal ? Pour Le Prétoire, rien n’est moins sûr… Le Prétoire, qui estime en effet que « la voie militaire n’est pas l’option privilégiée pour la reprise de Kidal, toujours sous contrôle du MNLA. » Mais plutôt celle de la négociation. Le Prétoire annonce qu’une « mission gouvernementale qui devrait être conduite par le Premier ministre prévoit de se rendre dans les jours à venir à Kidal, pour poser les jalons de la négociation avec le MNLA, en convaincant ce mouvement de déposer les armes et de revenir ainsi dans la République. Comme pour donner raison au ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, qui avait récemment indiqué que le dialogue devait permettre de régler le cas de Kidal. »
Toutefois, remarque le journal malien, on risque fort de s’orienter vers un dialogue de sourds : « Le MNLA, en préalable à toute idée de désarmement, réclame un statut juridique et politique pour son territoire imaginaire de l’Azawad. Un préalable auquel le Mali, encore moins la communauté internationale, pourrait difficilement adhérer. En tout cas, conclut Le Prétoire, la complexité et le flou qui entourent la situation de Kidal sont tels que les Maliens sont nombreux aujourd’hui à se demander si cette partie de notre territoire pourra revenir dans notre giron avant la tenue des élections, bien que les autorités transitoires affichent leur détermination à les tenir sur toute l’étendue du territoire national. »
Pas de bain de sang !
Le Procès-verbal, autre périodique malien, tente d’expliquer également le pourquoi de la position française. « La France, semble-t-il, ne veut pas d’un bain de sang qui pourrait lui être reproché comme cela est arrivé au Rwanda ; ensuite, elle veut, tout en maniant la menace des armes, se donner le temps de convaincre le MNLA, qui considère le Mali comme une puissance coloniale, de libérer pacifiquement la ville et de s’inscrire dans le cadre d’une négociation politique avec le gouvernement malien. Dans le même temps, poursuit Le Procès-verbal, la France met la pression sur le gouvernement malien en vue d’engager des négociations concrètes avec le MNLA. Le MNLA que tous les Maliens considèrent pourtant, relève le journal malien, comme le déclencheur des maux qui ont déferlé sur le pays depuis janvier 2012. » Et Le Procès-verbal de conclure : « Lourd challenge ! »
http://www.rfi.fr/emission/20130509-une-exception-nommee-kidal

2 mai 2013

Au Sahel, des outils pour anticiper les famines

Olivier Tallès , La Croix


Les systèmes d’alerte précoce délivrent des informations précieuses quoique incomplètes sur la situation alimentaire à venir du continent africain
À Keita, au Niger, des femmes luttent contre la désertification en plantant un manguier qui va stabiliser le sol grâce à ses racines.
Au Sahel, les paysans l’appellent la « soudure ». C’est une période d’activité intense, de joie et d’appréhension. La fin de la saison sèche. Le retour espéré de la pluie. La période entre deux récoltes au cours de laquelle les agriculteurs sèment les champs. Les familles les plus pauvres vident leurs greniers, piochent dans leurs économies, se serrent la ceinture. Au Mali, au Niger, au Burkina Faso, au Tchad, en Mauritanie, voire au Sénégal, les centres de soin se préparent à l’accueil de milliers d’enfants aux ventres ballonnés et aux regards vides.
Selon les régions, le nombre de malades grimpera progressivement en mai et juin, atteindra un pic en juillet, se stabilisera le mois suivant, puis décroîtra après la mi-septembre. Les ONG, les bailleurs de fonds et les pays de la région estiment à environ 1,6 million le nombre d’enfants sévèrement malnutris qui auront besoin de soins et d’une nourriture enrichie en vitamines. Pour obtenir ces estimations et préparer la réponse humanitaire, les spécialistes de la nutrition s’appuient sur une batterie d’indicateurs dont les plus connus sont les systèmes d’alerte précoce.
(William Dupuy/Picturetank )
Ces outils statistiques sont gérés directement par les ministères de l’agriculture et le Programme alimentaire mondial, avec plus ou moins d’efficacité selon la volonté politique des États. Les données collectées permettent d’anticiper la sécurité alimentaire des mois à venir. Il s’agit d’estimer avant, pendant et après la récolte la production agricole à travers des prélèvements d’échantillons, puis de la comparer d’une année sur l’autre. Des agents étudient aussi la pluviométrie, la quantité d’eau disponible ou encore d’herbes pour le bétail.
Ces relevés déterminent la disponibilité en céréales ou en viande en fonction de la population. Ils ont été lancés dans les années 1980 après les famines qui ont frappé les pays de la bande sahélienne à la suite de grandes sécheresses. Après avoir fonctionné bon an mal an pendant une vingtaine d’années, ils ont démontré leurs faiblesses lors de la crise alimentaire au Niger. C’était en 2005.
« Les chiffres n’indiquaient pas une chute brutale de la production dans ce pays, alors que des centaines de milliers d’enfants souffraient de malnutrition », rappelle Hélène Berton, coordinatrice d’Echo, le service d’action d’urgence de l’Union européenne.
Il n’y avait pas de pénurie, la nourriture était disponible sur les marchés, mais à des prix inaccessibles pour de nombreuses familles. Cette année-là, une partie de la production locale avait en effet été exportée vers le Nigeria, ce qui avait augmenté les cours des céréales.
« Le monde rural au Sahel s’est transformé en trente ans, poursuit Hélène Berton. Les surfaces cultivables se sont réduites, le nombre d’habitants a augmenté. Le paysan ne peut plus se contenter de consommer ce qu’il produit. Il achète, il s’endette. » Les systèmes d’alerte ont alors intégré des nouveaux indicateurs : les prix des denrées sur les marchés.
En élargissant les données sur l’insécurité alimentaire, les États d’Afrique de l’Ouest et leurs partenaires étrangers dressent des cartes plus précises sur les niveaux de vulnérabilité des ménages. « Mais nous avons beaucoup de mal à appréhender le pouvoir d’achat des familles », précise Étienne du Vachat, chargé du plaidoyer chez Action contre la faim. Les revenus des ménages dans cette partie du monde relèvent en effet du secteur informel. Ils varient parfois du simple au double d’un mois sur l’autre, ce qui les rend difficiles à mettre en équation.
Comment par exemple mesurer l’apport des migrants ? Chaque année, les hommes quittent en masse les campagnes du Niger et du Mali après la récolte. Ils s’exilent dans les villes de Côte d’Ivoire, de Libye, du Nigeria à la recherche d’emplois de manœuvre. Ces travailleurs saisonniers offrent un complément en nature ou en argent souvent décisif.
« En 2011, la guerre en Libye, la crise politique en Côte d’Ivoire, les violences au Nigeria ont privé des milliers de migrants de cet appoint, rappelle Étienne du Vachat. Les conflits ont eu un impact fort sur la crise alimentaire de 2012. »
Les indications des systèmes d’alerte précoce dépendent aussi beaucoup des interprétations des gouvernements locaux. Certains ont tendance à surestimer les besoins à venir pour récolter des fonds. D’autres n’hésitent pas à sous-évaluer une crise par calcul politique. « Une agence telle que le Programme alimentaire mondial (PAM) ne peut pas déclencher l’alarme contre l’avis du gouvernement, observe Cédric Charpentier, en charge des évaluations du PAM pour l’Afrique de l’Ouest. Or, il est très difficile d’avoir des chiffres indiscutables, sur lesquels tout le monde est d’accord. »
Pour mettre fin aux débats interminables, des acteurs de l’aide sont en quête de l’algorithme imparable qui permettrait de calculer trois mois à l’avance combien de pauvres souffriront de la malnutrition, en fonction de la production, des revenus des ménages, de l’indice des prix, de l’état nutritionnel… Des chercheurs mexicains ont déclaré lors d’un colloque récent se rapprocher d’une solution grâce à un ciblage très précis de la population. Mais le Sahel est encore très loin de disposer d’un pareil maillage territorial.
Certains s’interrogent d’ailleurs sur l’utilité de courir après d’hypothétiques systèmes prévisionnels capables de mettre en équation le réel. « Ces outils se transforment in fine en système de rationnement, observe Stéphane Doyon, spécialiste des questions de nutrition chez Médecins sans frontières. À partir des indicateurs, on cible, on trie, on crée des listes d’enfants à soigner qui sont toujours incomplètes et forcément injustes. On définit en somme un seuil de tolérance acceptable. Ce n’est pas un vrai système de prévention. »
À côté des outils de prospective, des voix de plus en plus nombreuses demandent la création de systèmes de protection sociale comme il en existe en Amérique latine ou en Chine. Autrement dit, offrir des revenus aux ménages les plus pauvres en échange de travaux, garantir l’accès à des micronutriments, favoriser les soins gratuits… « C’est le chemin choisi par le gouvernement indien qui a lancé l’an dernier une mobilisation nationale contre la faim », se félicite Stéphane Doyon.
————————
DÉFINITIONS
Sécurité alimentaire. Elle recouvre l’accès matériel et économique à la nourriture en qualité et en quantité suffisantes pour être en bonne santé et mener une vie active. On parle d’insécurité alimentaire en cas d’insuffisance de la disponibilité alimentaire, du pouvoir d’achat ou de problèmes de distribution.
Famine. Elle correspond au niveau 5 du cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire définie par les Nations unies. Ce niveau est atteint notamment lorsque plus de 2 personnes sur 10 000 meurent chaque jour ; que le taux de malnutrition aiguë est au-dessus de 30 % ; qu’il y a moins de 2 100 calories et moins de 4 litres d’eau disponibles par habitant et par jour.
Malnutrition. État pathologique provoqué par la déficience d’un ou plusieurs nutriments. La malnutrition freine le développement de l’enfant, augmente les risques de maladie et peut conduire à la mort.
OLIVIER TALLÈS , http://www.la-croix.com/Ethique/Sciences-Ethique/Sciences/Au-Sahel-des-outils-pour-anticiper-les-famines-2013-04-29-954265


cle Et pourtant, ils avaient prévu la famine en Somalie

27 avr. 2013

La pénurie alimentaire menace 20 millions de Sahéliens

Vingt millions de personnes vivant au Sahel, dont 4,3 millions au Mali, connaissent une situation alimentaire «grave», a affirmé mercredi à Nouakchott le président de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR).
«Quelque 20 millions de personnes dans tout le Sahel font encore face à des pénuries (alimentaires) graves» a dit le président de la FICR, le Japonais Tadateru Konoé, à l’ouverture d’une réunion du Groupe Sahel plus.
Cette structure regroupe les sociétés nationales de Croix-Rouge et Croissant Rouge de dix pays sahéliens : Burkina Faso, Cap-Vert, Gambie, Guinée, Guinée-Bissau, Mali, Mauritanie, Niger, Sénégal et Tchad.
M. Konoé a estimé que parmi ces personnes en situation alimentaire difficile, figurent 4,3 millions de Maliens, incluant des réfugiés et déplacés internes, qui «ont besoin d’une assistance alimentaire en raison du conflit prolongé».
Le DG d'ECHO, Claus Sorensen, visite un centre... (PHOTO BOUREIMA HAMA, AFP)
Le DG d’ECHO, Claus Sorensen, visite un centre mis sur pied pour venir en aide aux enfants souffrant de malnutrition à Tibiri, dans le sud-est du Niger, le 18 avril.
Une coalition internationale dirigée par la France intervient au Mali depuis plus de trois mois et a quasiment chassé du nord de ce pays les islamistes armés liés à Al-Qaïda qui ont occupé cette région en 2012.
Selon le président de la FICR, l’état de santé de «bien de communautés au Sahel est compromis par la fragilité des infrastructures et des systèmes de santé dans beaucoup de pays» au moment où «le risque d’épidémies est accru par la mauvaise qualité de l’eau et des systèmes d’assainissement, la malnutrition et le manque de personnel de santé».
La réunion du Groupe Sahel plus, qui prend fin jeudi, doit examiner «les défis humanitaires dans la zone sahélienne et les différents programmes et projets pour y faire face», a précisé le porte-parole de M. Konoé, Moustapha Diallo.
Le Sahel avait déjà connu une crise alimentaire en 2010-12. La semaine dernière, un responsable de la Commission européenne chargée de l’aide humanitaire et de la protection civile (ECHO) avait déclaré que plus de 10 millions de personnes étaient menacées de pénurie alimentaire en 2013 dans neuf pays d’Afrique de l’Ouest et Centrale, du Sénégal au Tchad.
http://www.lapresse.ca/international/afrique/201304/24/01-4644110-la-penurie-alimentaire-menace-20-millions-de-saheliens.php

25 avr. 2013

Vote à l’ONU pour le déploiement de casques bleus au Mali

Le Conseil de sécurité de l’ONU doit adopter, ce jeudi 25 avril, une résolution qui autorise le déploiement de 13 000 casques bleus censés prendre le relais de la Misma, la mission ouest-africaine au Mali. Des casques bleus qui auront pour mission de ramener la paix dans les villes du Nord, en empêchant notamment le retour des groupes islamistes.
Le Conseil de sécurité de l'ONU.
Le Conseil de sécurité de l’ONU.
RFI/ Karim Lebhour
Avec notre correspondant à New York, Karim Lebhour
Le vote du Conseil de sécurité marque la prise en main de la crise malienne par l’ONU. Si le calendrier est respecté, au 1er juillet, les forces françaises passeront officiellement le relais aux casques bleus.
Les 12 600 hommes de la Minusma auront pour mission de stabiliser les villes du nord du Mali et d’empêcher le retour des groupes islamistes. Pas question de missions de combats, ni d’opérations de contre-terrorisme. En cas de coup dur, la résolution autorise l’armée française à intervenir. Un bataillon de réserve composé de soldats tchadiens sera également mis en place. Un soutien jugé essentiel à l’ONU, car les casques bleus arrivent au Mali en terrain inconnu avec le risque de faire face à des attaques terroristes.
L’autre inconnue est le climat politique. Le Conseil de sécurité demande un dialogue sérieux entre Bamako et les populations du Nord. C’est l’absence de processus politique juge-t-on à l’ONU, qui est aujourd’hui le plus gros problème du Mali.
Quid du MNLA?
Or justement, le gouvernement malien affiche sa détermination à organiser l’élection présidentielle, dont le premier tour devrait se tenir le 7 juillet. Certains sont sceptiques. A Bamako, le président de la commission électorale estime que le délai n’est pas tenable. Et qu’en sera-t-il dans les zones du pays contrôlées par le Mouvement national de libération de l’Azawad? Pour Mahamadou Djéri Maïga, le vice-président du mouvement qui est en visite en France, il n’est pas question d’organiser des élections avant l’instauration d’un dialogue avec Bamako.
« Les conditions, explique-t-il, c’est que le gouvernement malien accepte de nous rencontrer, qu’on fasse un accord-cadre et que dans celui-ci on dise quel sera le statut pour l’Azawad, qu’on crée les conditions de sécurité qui peuvent permettre aux Azawadiens réfugiés de retourner tranquillement chez eux (…). On a dit à l’armée française de ne pas se retirer tant qu’il n’y a pas de solution négociée entre le MNLA et le Mali. »


L’insécurité persiste dans la ville de Ber
Les combattants arabes du Mouvement arabe de l’Azawad (MAA) ont quitté la ville de Ber mais leurs quatorze pick-up armés sont toujours positionnés aux abords de la ville. « Nous surveillons les entrées, nous empêchons ceux qui pillent et ceux qui frappent d’entrer », explique leur chef Mohamed el-Maouloud Ramadan, qui cite les combattants touaregs du MNLA, mais pas seulement, et demande aux militaires maliens et à leurs alliés de venir sécuriser la ville.
Les forces armées présentes à Tombouctou confirment que la zone est investie par des coupeurs de route, et envisagent de se rendre dans la ville de Ber, mais ne donnent aucune précision. Les avions français ont survolé la ville à plusieurs reprises. Par ailleurs, le fils du marabout de cette localité, un Touareg, a été enlevé par un groupe d’Arabes qui ne se réclament pas du MAA, mais exigent une rançon.
Le chef du mouvement des Arabes de l’Azawad dit enquêter sur la possible implication de ses hommes, tout en évoquant un règlement de compte et en démentant la demande de rançon. Les forces de sécurité maliennes parlent également de règlement de compte, mais confirment elles la demande d’une rançon fixée à 80 millions de francs CFA.
La famille de l’otage affirme ne pas pouvoir payer. A Ber, la situation est calme mais précaire.
RFI
http://www.rfi.fr/afrique/20130425-vote-onu-casques-bleus-mali-new-york-islamistes-conseil-s%C3%A9curite-bamako-

Niger : Bulletin humanitaire numéro 15, 17 avril 2013

Report
from UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs
FAITS SAILLANTS
  • Le Niger n’aurait pas enregistré de cas de fièvre jaune depuis au moins deux décennies.
  • Les programmes de protection des vulnérables dans les camps de réfugiés et dans les centres de nutrition sont sans ressources.
  • Les déplacés de Niamey peuvent envisager de reconstruire leurs habitations.
UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs:
To learn more about OCHA’s activities, please visit http://unocha.org/.

19 avr. 2013

Les fantômes touaregs de Tombouctou

Les fantômes touaregs de Tombouctou:
La majeure partie des Touaregs ont quitté la ville pour les villages voisins, ou bien en Mauritanie ou en Algérie. Ceux qui sont restés se terrent dans leur maison.

Internet et haine raciale

ARVRA Association des réfugiés et victimes
L’internet est un fabuleux outil d’échange, d’expression et de communication. Cependant, de plus en plus fréquemment certains internautes utilisent la Toile pour répandre des opinions, des propos ou des commentaires injurieux, diffamants ou incitants à la haine raciale.
Nous envisagerons successivement :
- Les fondements légaux (1) ;
- La frontière entre la libre critique ou la liberté d’expression et les propos racistes (2) ;
- La responsabilité des sites Internet en matière de diffamation raciale et de provocation à la haine raciale sur internet (3) ;
- L’action des associations chargées de combattre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie (4).
1) Les fondements légaux
La loi sur la liberté de la presse du 29 juillet 1881 qui définie la diffamation, l’injure et l’incitation à la haine raciale est applicable à internet. La loi du 29 juillet 1881 a été complétée par des lois successives afin de réprimer tout acte raciste, antisémite ou xénophobe.
Le délit de diffamation raciale est défini par les articles 29 et 32 al.2 de la loi sur la liberté de la presse comme :
« toute allégation ou imputation d’un fait qui porte atteinte à l’honneur ou à la considération de la personne ou du corps auquel le fait est imputé commise envers une personne ou un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée sera punie d’un an d’emprisonnement et de 45000 euros d’amende ou de l’une de ces deux peines seulement ».
Le délit d’injure raciste est défini par les articles 29 al.2 et 33 al.3 de la loi sur la liberté de la presse comme :
« toute expression outrageante, termes de mépris ou invective qui ne renferme l’imputation d’aucun fait … envers une personne ou un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée »
Sur les « injure et diffamation sur Internet », lire http://www.legavox.fr/blog/maitre-anthony-bem/injure-diffamation-publique-819.htm
Le délit d’incitation à la haine raciale est défini par l’article 24 alinéa 8 de la loi sur la liberté de la presse :
« Ceux qui, par l’un des moyens énoncés à l’article 23, auront provoqué à la discrimination, à la haine ou à la violence à l’égard d’une personne ou d’un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée, seront punis d’un emprisonnement d’un an et d’une amende de 45.000 € ou de l’une de ces deux peines seulement. »
S’agissant du négationnisme et de la contestation des crimes contre l’humanité, outre l’article 32 al.2 précité de la loi sur la liberté de la presse, l’article 24 bis de cette loi dispose que :
« Seront punis … ceux qui auront contesté … l’existence d’un ou plusieurs crimes contre l’humanité tels qu’ils sont définis par l’article 6 du statut du tribunal militaire international annexé à l’accord de Londres du 8 août 1945 et qui ont été commis soit par les membres d’une organisation déclarée criminelle en application de l’article 9 dudit statut, soit par une personne reconnue coupable de tels crimes par une juridiction française ou internationale. »
Par ailleurs, le 17 juin 2004, lors du Sommet de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), a été adoptée la Charte d’éthique et de civilité commune aux usagers de l’internet qui préconise d’instaurer un dialogue entre peuples et cultures différents, ce qui implique naturellement l’absence de propos racistes.
L’article 1er de cette Charte énonce le principe de non discrimination qui est complété par l’article 6 aux termes duquel :
« Le numérique ne doit pas être un vecteur de discrimination, d’incitation à la haine, ou d’actes attentatoires à l’intégrité et à la dignité de la personne humaine. »
Enfin, il convient de souligner que la prescription de l’action publique est de un an pour ces délits de presse à caractère racial et non plus de trois mois comme les autres infractions de presse.

2) La frontière entre la libre critique ou la liberté d’expression et les propos racistes
La frontière entre la critique et les propos racistes n’est pas toujours aisée à délimiter.
La France se distingue d’autres pays en ce que le régime de la liberté d’expression est un régime répressif.
Au contraire, aux Etats-Unis, le premier amendement implique une liberté d’expression extrêmement large et garante de la démocratie.
En France, la notion de « société démocratique » est au contraire employée comme limite à la liberté d’expression, cette liberté étant une « restriction nécessaire dans une société démocratique ».
La chambre criminelle de la cour de cassation a eu l’occasion de juger, le 12 avril 2005, sur le fondement des dispositions de l’article 24 alinéa 8 de la loi sur la liberté de la presse du 29 juillet 1881 précitées, que la liberté d’expression trouve ses limites lorsque les propos «suscitent un sentiment d’hostilité ou de rejet envers un groupe de personnes déterminées ».
L’appréciation du « sentiment d’hostilité ou de rejet envers un groupe de personnes déterminées » relève donc d’une analyse par les juges et au par cas.
A titre de bon exemple de l’appréciation faite par les juges, je vous livre celle présente dans le jugement rendu par la 17e chambre correctionnelle du tribunal de grande instance de Paris, le 4 juin 2010, condamnant Monsieur le Ministre de l’intérieur, Brice Hortefeux, pour injure raciale :
« La vidéo diffusée par la chaîne Public Sénat établit à l’évidence qu’en s’exclamant “Ah mais ça ne va pas du tout, alors, il ne correspond pas du tout au prototype alors. C’est pas du tout ça”, Brice Hortefeux réplique à une militante qui venait de préciser que le jeune Amine, dont il avait été précédemment indiqué qu’il parlait arabe, était catholique, mangeait du cochon et buvait de la bière.
L’emploi du mot “prototype” appliqué à une personne – en l’espèce le jeune militant de l’UMP dont le groupe qui entoure Brice Hortefeux souligne l’origine arabe supposée-, déjà malheureux et incongru en lui-même, laisse entendre que tous les Arabes de France seraient semblables, nécessairement musulmans et qu’ils se conformeraient tous aux prescriptions de l’Islam, seul le jeune Amine faisant exception.
Le propos peut surprendre par la généralisation à laquelle il procède et choquer, au regard du principe républicain de laïcité, par l’assignation qu’il opère entre un groupe de personnes défini par leur origine et telle religion ou telles pratiques religieuses déterminées, supposées constituer un élément d’identification du groupe en tant que tel et, nécessairement quoique implicitement, de différenciation de ce groupe du reste de la communauté nationale.
De nature à flatter le préjugé ou à favoriser les idées reçues, il est à tous égards contestable. Mais il ne saurait être regardé comme outrageant ou traduisant du mépris à l’égard des personnes d’origine arabe, auxquelles seule une pratique religieuse, de libre exercice, est imputée, le serait-elle abusivement ou inexactement.
S’agissant du second propos reproché, il n’est pas douteux, en dépit des premiers éléments d’explication qui ont pu être donnés tant par Brice Hortefeux que par le jeune militant de l’UMP, Amine B…, le premier ayant un temps soutenu qu’il évoquait les Auvergnats, le second que seuls les photographes de presse étaient visés, que la phrase “Quand il y en a un ça va. C’est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes” se rapporte aux personnes d’origine arabe.
L’enregistrement de Public Sénat est sans ambiguïté sur ce point : l’échange provoqué par l’initiative du jeune Amine qui souhaite poser pour une photo aux côtés du ministre suscite depuis quelques instants les exclamations du groupe qui hèle son prénom, précise qu’il parle arabe, qu’il n’est pas comme les autres, jusqu’à ce qu’une militante s’adressant à Brice Hortefeux lui glisse la phrase “C’est notre… c’est notre petit arabe”, laquelle suscite aussitôt la réplique du ministre, qui ne se rapporte à rien d’autre.
L’affirmation ainsi proférée, sous une forme lapidaire qui lui confère un caractère d’aphorisme, est incontestablement outrageante, sinon méprisante, pour les personnes concernées, qui -à la différence du propos précédent- ne se voient pas seulement exclusivement définies par leur origine, indépendamment de ce que postule le libre arbitre ou de ce qui fait une individualité, la singularité d’un parcours, les qualités ou les défauts d’un caractère, mais sont présentées comme facteur de “problèmes”, soit négativement, du seul fait de leur origine, laquelle révélerait une essence commune dans les limites de laquelle il conviendrait de les enfermer.
Ainsi exprimé, le propos ne se réfère à aucun fait précis, il souligne sinon une menace, du moins une difficulté ou une préoccupation d’ordre général, en ne l’imputant à rien d’autre qu’à l’origine réelle ou supposée des personnes, et à leur nombre.
Il est punissable aux termes de la loi, dès lors qu’il vise indistinctement un groupe de personnes non autrement identifiées que par un des éléments énoncés par l’article 33, alinéas 3 ou 4, de la loi du 29 juillet 1881 : origine, appartenance ou non appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée, ou encore sexe, orientation sexuelle, handicap. Il le serait, sous cette forme (“Quand il y en a un ça va. C’est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes”), pour tout autre groupe de personnes défini par un quelconque des critères, énoncés par la loi, de détermination du groupe des personnes à protéger (les juifs, les noirs, les catholiques, les femmes, les homosexuels, les non-voyants, etc.). Il l’est, en l’espèce, pour toutes les personnes d’origine arabe… »

3) La responsabilité des sites Internet en matière de diffamation raciale et de provocation à la haine raciale sur internet
L’article 6-I.7, al 3 de la  LCEN dispose que :
« Compte tenu de l’intérêt général attaché à la répression de l’apologie des crimes contre l’humanité, de l’incitation à la haine raciale ainsi que de la pornographie enfantine, de l’incitation à la violence ainsi que des atteintes à la dignité humaine, les personnes mentionnées ci-dessus doivent concourir à la lutte contre la diffusion des infractions visées aux cinquième et huitième alinéas de l’article 24 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse et aux articles 227-23 et 227-24 du code pénal. »
La LCEN impose donc aux sites Internet la mise en place de mécanismes adaptés pour lutter contre la discrimination raciale et l’incitation à la haine raciale, ainsi que d’autres infractions d’une particulière gravité qui portent atteinte à la dignité de la personne humaine.
Cependant, la LCEN considère que les sites hébergeurs de contenus n’ont pas une obligation générale de surveillance des contenus hébergés sur leurs sites, blog, forum etc … (ordonnance de référé du Tribunal de Grande Instance de Paris du 29 octobre 2007 ; Ordonnance de référé du Tribunal de Grande Instance de Paris du 18 février 2002 ; Cour d’appel de Versailles du 12 décembre 2007)
Le statut d’hébergeur de contenus sur internet est avantageux puisqu’il conditionne de manière particulière la mise en jeu de la responsabilité des sites web considérés comme hébergeurs (« laresponsabilité des éditeurs et des hébergeurs de contenus sur l’internet« ).
En tout état de cause, les auteurs des propos illicites mettent automatiquement en jeu leur responsabilité pénale du fait de leur mise en ligne, et ce, indépendament du type de site internet sur lequel ils sont diffusés.
4) L’action des associations chargées de combattre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie
Comme dans le cadre des Affaires Hortefeux, Dieudonné, etc … au titre de la lutte contre le racisme, les associations dont le but est de combattre le racisme ou d’assister les victimes de discrimination fondée sur leur origine nationale, ethnique, raciale ou religieuse telles que la Ligue Internationale Contre le Racisme et l’Antisémitisme (LICRA); le Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié des Peuples (MRAP); SOS RACISME; Ligue des Droits de l’Homme (LDH) interviennent fréquemment pour lutter contre les atteintes à la liberté d’expression, les injures raciales et les incitations à la haine raciale en se constituant partie civile lorsqu’une de ces infractions est commise.
L’article 2-1 du Code de procédure pénale prévoit que lorsque l’infraction est commise individuellement envers une personne, l’association ne sera recevable à agir qu’en cas d’accord de la personne intéressée.
Enfin, il convient de souligner que le 12 octobre 2010, la chambre criminelle de la cour de cassation a posé le principe que les associations sont recevables à agir et se constituer partie civile, par voie d’intervention, en matière d’infractions de presse (Cass. Crim., 12 oct. 2010, n° 10-80.825) - Sur cet arrêt, lire:  »Provocation à la haine et racisme sur Internet : constitution de partie civile des associations« ).
Ce principe vient modifier le principe jurisprudentiel antérieur selon lequel la constitution de partie civile ne peut se faire que par voie d’action et non d’intervention, autrement dit les associations devaient nécessairement se trouver à l’origine des poursuites pour pouvoir se constituer partie civile et elles ne pouvaient se greffer sur les poursuites du parquet (Cass. Crim., 10 mai 2006, Bull. crim. no 125 ; Cass. Crim., 12 novembre 2008, n°08-81.269).
Conséquemment à cet arrêt, les associations pourront intervenir beaucoup plus souvent dans les procédures pénales initiées par le parquet sur le fondement de la loi sur la liberté de la presse du 29 juillet 1881.

ARVRA Association des réfugiés et victimes

Manuel sur la promotion et protection des droits des populations / communautés autochtones

La COMMISSION AFRICAINE DES DROITS DE L’HOMME ET DES PEUPLES

et

IWGIA : INTERNATIONAL WORK GROUP FOR INDIGENOUS AFFAIRS
publient le
Manuel sur la promotion et protection des droits des populations / communautés autochtones

à travers le système africain des droits de l’homme
Depuis les dix dernières années, la Commission africaine des droits de l’Homme et des peuples (commission africaine) a pris des mesures audacieuses pour comprendre, expliquer et aborder la situation des droits humains des communautés autochtones en Afrique.

Le Groupe de travail de la Commission africaine sur les populations/communautés autochtones (Groupe de travail) a été le point d’ancrage institutionnel de ces efforts.

À travers différents séminaires de sensibilisation, missions/pays et visites d’étude, le Groupe de travail a engagé les acteurs étatiques et non-étatiques dans les défis spécifiques auxquels sont confrontées les communautés autochtones sur le continent. Bien que ces initiatives aient considérablement contribué à une large sensibilisation sur la thématique, la Commission Africaine n’en reste pas moins préoccupée par la capacité limitée des groupes autochtones à se servir des normes émergentes en matière des droits de l’homme, face aux violations des droits auxquelles sont confrontées leurs communautés.
Le manque d’informations de qualité, bien synthétisées et simplifiées sur la manière dont fonctionne la Commission africaine pour défendre les droits collectifs et individuels, à travers son mandat de promotion et de protection persiste encore.

Le présent Manuel de formation est conçu pour pallier cette insuffisance.

Ce manuel est appelé à être un outil de formation à l’intention des militants des droits des populations autochtones en Afrique. Il est également destiné à être un instrument pratique à utiliser dans la formation des praticiens du droit, des journalistes activistes et des fonctionnaires travaillant sur les droits des populations autochtones en Afrique. L’utilité de ce manuel ne se concrétisera que lorsqu’il sera mis en application, en faveur du renforcement des capacités des populations autochtones à s’engager de manière constructive et durable dans le système africain des droits de l’homme.

Exactions: situation au 16-04-2013

ARVRA Association des réfugiés et victimes
Situation 16 / 04 /2013
1.Selon plusieurs sources  se basant sur les témoignages directes des victimes :
Un foule d’hommes armés composés de Bellahs et de Sonrhais , ressortissants de la ville et des environs de  la ville de Tombouctou, dirigés par Bayou Ag Alhousseini se sont rendus au campement de Alhousseini Ag Alkhalifa , près de Toya ont pillés, torturés et emportés des biens et tous les animaux dudit  village. Ces animaux ont été revendus immédiatement et jours suivants sur le marché de Tombouctou.
Entre le 9 au 16 avril 2013
1. Un jeune homme Touaregs du nom d’Ag Fidda  a été arrêté et torturé le matin du 16 avril 2013 par une patrouille militaire et emporté vers une direction inconnue. Le surlendemain son père appris qu’il était à Douentza, a fait le voyage pour retrouver son fils. Les militaires ont, toujours selon les sources exigé une rançon pour sa libération, cette rançon serait de 1100 000 Fcfa. Suite à ce payement le jeune homme a été libéré, mais , sur le chemin retour, les militaires l’ont poursuivi,  rattraper et ramener encore à Douentza.
2. Selon plusieurs témoignages des personnes arrêtées auraient été sommairement exécutées à Tombouctou par des militaires maliens.
3. D’autres sources nous informent de la mort d’une douzaine des détenus, parmi eux 3 hommes Touaregs, recherchés par leurs proches depuis plusieurs semaines.
Situation du 6 au 9 avril 2013
1.Des sources confirment l’arrestation  d’Ittaya Ag Mohamed à l’Est de Foyta, région de Tombouctou, le lundi 8 avril 2013, selon ces mêmes sources,  aucune  raison n’a  été évoquée pour cette arrestation. Mr Ittaya est bien connu à Foyta. Ses proches sont sans nouvelles de lui depuis que la patrouille de militaires maliens l’a arrêté à ce même lieu.
2. Les proches des deux bergers (parmi les 7) trouver morts dans un  hôpital souhaitent  que les organisations des droits de l’homme les aides à comprendre comment les corps se sont retrouvés samedi à la morgue de cet hôpital et demande une enquête aux organisations habilitées.
3. Rappelons notre préoccupation face aux extorsions des sommes d’argents par des militaires maliens en échanges de la vie ou de la libération rapporté par victimes et plusieurs sources dans le Gourma.
Rappel
1. Nous attirons l’attention des organisations des droits de l’homme sur le sort de nombreuses personnes civiles arrêtées par des patrouilles militaires au cours des mois de janvier  à avril 2013 et dont les proches  n’ont aucune nouvelles. Leurs  proches  craignent le pire.  A titre d’exemple, les cas de :
enregistrement
72 Février 2013 1 A Boni : entre Douentza et Hombori

Un jeune homme Touareg

Un homme Touareg bien connu, après avoir vendu ses animaux au marché de Boni, a été arrêté par les militaires, tabassé durement et emporté vers une destination inconnue,  ses animaux ni son argent n’ont pas été retournés à ses proches, et ils sont toujours sans nouvelles de lui. Certains de ses proches affirment qu’il a été exécuté Boni Des soldats de l’armée malienne, guidés et renforcés par des milices supplétives
92 Février 2013 7 Touaregs 7 autres bergers ont été enlevés. De la fraction Tachbana Leur sort reste inconnu de leurs proches,  qui pensent qu’elles seraient probablement mortes. dans le Gourma Des soldats de l’armée malienne, guidés et renforcés par des milices supplétives

Des détenus maliens victimes de sévices

Bureau de la Coordination des Affaires Humanitaires des Nations Unies
BAMAKO/GAO, 16 avril 2013 (IRIN) – Des centaines de Maliens du Nord – des Touaregs, pour la plupart – ont été arrêtés par l’armée malienne depuis le début de l’offensive militaire française lancée en janvier 2013 pour chasser les groupes islamistes du nord du pays. Nombre d’entre eux ont dit qu’ils n’avaient aucune idée des raisons pour lesquelles ils avaient été capturés et qu’ils n’avaient pas été autorisés à consulter un avocat. D’autres ont rapporté avoir été torturés.
Dans certains cas, les mauvais traitements ont provoqué la mort des détenus. Selon un communiqué publié par Human Rights Watch (HRW) le 11 avril, deux Touaregs arrêtés en février et apparemment torturés par des soldats maliens dans la ville de Léré, dans la région de Tombouctou, sont en effet décédés des suites de leurs blessures à la prison centrale de Bamako, la capitale.
IRIN s’est entretenu avec des groupes de défense des droits de l’homme, des détenus, des gendarmes et des officiers militaires afin d’obtenir des informations sur le traitement réservé aux personnes arrêtées en lien avec le conflit actuel.

Des détenus gardés en captivité à la gendarmerie de Gao en mars 2013
Cas de mauvais traitements documentés
HRW a étudié le cas de deux Touaregs qui avaient été transférés, fin mars, du Camp de gendarmerie numéro 1, à Bamako – où ils avaient reçu une assistance médicale –, à la prison centrale de la capitale.
« Les deux hommes étaient très mal en point. L’un d’eux avait été battu à plusieurs reprises et souffrait de graves hématomes et, possiblement, d’une côte brisée. On lui avait également injecté une substance corrosive pendant sa détention par l’armée », a dit Corinne Dufka, chercheuse senior sur l’Afrique de l’Ouest à HRW.
« Ils n’ont pas reçu les soins dont ils avaient besoin, et la torture et les mauvais traitements qu’ils avaient subis auparavant ont clairement contribué à leur mort. »
Au total, HRW a interviewé sept hommes et documenté les tortures qui leur ont été infligées. L’organisation a dit que la plupart des mauvais traitements documentés étaient commis pendant que les victimes étaient détenues par l’armée et cessaient lorsqu’elles étaient transférées à la gendarmerie.
« Des détenus ont raconté avoir été battus, roués de coups de pied et menacés de mort. On leur aurait également infligé des brûlures et injecté des substances corrosives pendant leur détention par l’armée », a dit Mme Dufka. « Ils étaient interrogés de façon aléatoire, souvent sous la torture. L’un d’eux a raconté avoir subi un supplice semblable au simulacre de noyade [water-boarding] pendant que des soldats de rang inférieur le maîtrisaient. »
Les sept hommes ont été amenés à Markala, dans la région de Gao, où ils ont été photographiés avec des fusils d’assaut, des munitions et d’autres preuves de leurs liens présumés avec les groupes armés. Si la plupart d’entre eux ont nié toute implication et affirmé que les armes et les autres objets ne leur appartenaient pas, certains ont toutefois admis avoir aidé ou combattu avec le Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA) ou le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO), a indiqué Mme Dufka.
Aucun des détenus n’avait vu un avocat ou ne connaissait l’étendue des accusations portées contre lui.
Selon des groupes de défense des droits de l’homme locaux et internationaux, notamment HRW, Amnesty International et la Commission nationale pour les droits de l’homme (CNDH), des détenus auraient également été soumis à des simulacres d’exécution.
Combien ?
Depuis le début de l’intervention militaire française au Mali, en janvier 2013, l’armée malienne a arrêté des dizaines d’hommes soupçonnés d’avoir apporté leur soutien aux groupes islamistes qui occupaient le Nord en 2012. La plupart de ces hommes ont été arrêtés dans le centre et le nord du Mali tandis que les forces maliennes et françaises avançaient vers le Nord.
Kadidia Sangare Coulibaly, présidente de la CNDH, a dit à IRIN que les arrestations permettaient d’expliquer les disparitions de nombreux membres de minorités ethniques survenues pendant les premières semaines de l’offensive française.
« Il est fort probable que certaines de ces personnes, dont nous n’avons toujours pas de nouvelles, aient été soupçonnées de soutenir les islamistes et arrêtées », a-t-elle dit.
La police de Gao et de Bamako, les procureurs et les avocats de Bamako et les organisations humanitaires qui peuvent rendre visite aux détenus ignorent combien de personnes ont été arrêtées depuis le début de l’offensive militaire.
Un responsable de la gendarmerie de Gao a dit que, à sa connaissance, 300 personnes avaient été arrêtées à Gao et que 70 d’entre elles avaient été transférées à la prison d’État de Bamako. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) estime quant à lui à 300 le nombre d’arrestations ayant eu lieu sur l’ensemble du territoire.
Mohamed Dicko, le procureur de la République du tribunal de Bamako, a dit qu’il avait reçu de la gendarmerie de Bamako 109 cas d’arrestations de personnes soupçonnées d’avoir soutenu les groupes armés islamistes et que ce nombre augmenterait sans doute à mesure que de nouveaux détenus seraient transférés dans la capitale.
« Jusqu’à présent, 200 personnes ont été arrêtées et transférées à la prison centrale de Bamako. Parmi elles, 27 ont été relâchées », a dit M. Dicko, ajoutant que 26 hommes avaient été arrêtés par l’armée française.
Selon Wolde-Gabriel Saugeron, porte-parole du CICR à Genève, quelque 45 personnes sont gardées en captivité par le MNLA, qui contrôle encore certaines parties de la région de Kidal.
Parmi tous les détenus, six sont des enfants. Selon M. Dicko, leurs dossiers sont actuellement suivis par le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF).
Crainte de représailles
« J’avais entendu parler de personnes innocentes qui avaient été arrêtées, tuées et dont les cadavres avaient été jetés dans des puits. Les victimes appartenaient surtout à des minorités, et je savais qu’il n’était pas prudent pour moi d’aller au marché », a raconté à IRIN Alasane, un pasteur touareg originaire d’un petit village situé en périphérie de Tombouctou, par téléphone.
Il a préféré taire son nom de famille par crainte de représailles de la part des troupes du gouvernement.
 Moussa Ibrahim, détenu au Mali : « Ils m’ont accusé de soutenir les islamistes »
Moussa Ibrahim est un Songhaï de 40 ans propriétaire d’un restaurant à Tombouctou. Soupçonné de soutenir le groupe islamiste Ansar Dine, qui s’était emparé d’une grande partie de la région en 2012, il a été arrêté en février 2013. Lire l’article
En mars, lorsqu’il a entendu dire que l’armée française collaborait avec les Maliens, il a décidé d’amener ses bêtes au marché dans une ville située près de là où les troupes se battaient.
« Je n’avais pas le choix. J’avais besoin de cet argent pour survivre. Une vache se vend 100 000-200 000 francs CFA (200-400 dollars). Je me disais que si j’en vendais quelques-unes, je pourrais gagner suffisamment d’argent pour nourrir ma famille », a-t-il dit.
En revenant du marché, il a été arrêté et interrogé par un groupe de soldats. Il a ensuite été placé dans une cellule avec un autre détenu, Moussa Ibrahim. Au lieu d’être rapidement transférés à la gendarmerie de Tombouctou, les deux hommes sont restés en détention auprès des militaires. Alasane a finalement été relâché.
Le CICR a pu rendre visite à des détenus dans le centre de Bamako, à Kidal, à Mopti et à Sévaré afin de transmettre des messages à leurs familles et d’évaluer les conditions de détention et la manière dont ils sont traités.
Discipline
Des groupes de défense des droits de l’homme ont exhorté la gendarmerie à assister à toutes les rafles importantes de suspects, à fournir aux détenus une représentation juridique, à enquêter sérieusement sur les accusations portées contre eux et à offrir une compensation à ceux qui ont subi des sévices ou dont les biens ont été volés et aux familles de ceux qui sont morts en détention.
Selon HRW, les officiers militaires devraient surveiller de plus près le comportement de leurs hommes. « Il est essentiel d’établir une hiérarchie militaire claire afin d’assurer la discipline parmi les soldats de rang inférieur. Nous ne croyons pas que les mauvais traitements soient systématiques. De nombreuses personnes ont été arrêtées et n’ont pas subi de sévices », a dit Mme Dufka.
Selon un lieutenant-colonel de l’armée qui a demandé à garder l’anonymat, « l’armée a été systématiquement marginalisée par les leaders politiques au cours des 30 dernières années. Nous avons perdu notre cohésion, notre sens de la discipline – ce qui est sans doute le fondement d’une bonne armée – et notre morale ».
Certains mauvais traitements attribués à des soldats ont été commis par des bandits prétendant être des militaires, a-t-il dit à IRIN, ajoutant toutefois que « la plupart des soldats n’ont pas reçu de formation sur les droits de l’homme depuis au moins dix ans ».
Il a confirmé qu’une commission avait été mise sur pied pour enquêter sur les allégations de mauvais traitements.
À Gao, le colonel Didier Dacko a dit à IRIN que les soldats soupçonnés de mauvais traitements envers des détenus étaient immédiatement transférés à Bamako. L’état-major enquête ensuite sur les allégations et détermine si les soldats doivent être traduits en justice ou non.
Selon le ministère de la Justice, six soldats ont été transférés à Bamako jusqu’à présent.
kh/aj/rz –gd/amz , http://www.irinnews.org/fr/Report/97855/Des-d%C3%A9tenus-maliens-victimes-de-s%C3%A9vices

Intervention au Mali: »dix impératifs pour gagner la paix », selon les sénateurs


larcher-pib.jpgchevenement.jpgEn amont des débats et votes au Parlement, lundi 22 avril, sur la prolongation de l’intervention des forces françaises au Mali, les deux sénateurs coprésidents du groupe Sahel (photos La Voix du Nord, PIB et Guy Drollet), Jean-Pierre Chevènement (RDSE*, à gauche) et Gérard Larcher (UMP, à droite), avancent des arguments. Au-delà du maintien des forces armées françaises, ils formulent  » dix impératifs pour gagner la paix « .
Ce rapport a été adopté à l’unanimité (une abstention) par la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées du Sénat, présidée par Jean-Louis Carrère.


Les coprésidents saluent l’intervention militaire française (photo AFP ci-dessous) mais voient plus loin.  » Nos soldats ont fait un travail exceptionnel, sur un terrain particulièrement exigeant. Qu’aurait-on fait sans nos forces prépositionnées en Afrique ? « , constate Gérard Larcher.  » L’armée française doit être en capacité à l’avenir de conduire une opération comme Serval. Consacrer 1,5 % du PIB à la défense est un plancher « , concluent les deux sénateurs.
sahel,réconcilition malienne,ensemble pour le maliAu-delà des considérations budgétaires, Chevènement et Larcher décrivent une approche globale à l’échelle du Sahel, à considérer lors de la conférence du développement, Ensemble pour le Mali, qui se déroulera le 15 mai à Bruxelles. Voici leur plan en dix points :
1. Eviter l’enlisement du processus politique démocratique : organisation des élections,  » au moins présidentielles  » d’ici fin juillet,  » quitte à découpler avec les législatives « . Impératif : consolider d’urgence le processus de réconciliation malien.
2. Soutenir la commission dialogue et réconciliation :  » La lutte contre l’impunité et  pour le dialogue avec le Nord sont deux piliers pour refonder le pacte national malien.  » Ils précisent que «  la question de Kidal et celle du massacre d’Aguelhoc doivent recevoir un traitement particulier « .
sahel,réconcilition malienne,ensemble pour le mali3. Reconstruction de l’Etat malien : armée, forces de sécurité, justice et au Nord, administration. Sujets de la conférence du 15 mai… Ici une photo (AFP) du Premier ministre Diango Cissoko, visitant l’hôpital de Gao le 11 avril.
4. Englober l’ensemble du Sahel :  » Les facteurs de fragilité sont partagés par plusieurs Etats de la région « . L’Union européenne doit s’engager pour lutter contre les causes structurelles de déstabilisation (sous-développement, démographie, trafics, gouvernance…).
5. Solidarité européenne :  » Le conseil européen de décembre 2013, consacré à la défense, devra poser la question de la volonté politique.  » Il faut aller au-delà de la formation de l’armée malienne et se poser la question du financement.
6. Aide au développement : au programme de la conférence à Bruxelles, coordination des bailleurs, capacité d’absorption des Maliens, équilibre territorial du développement (en clair, éviter que le Sud ne prenne tout…).
7. Limites de l’appareil de défense français. Ils insistent sur le maintien du budget à 31,4 milliard d’euros.
8. Points d’appui en Afrique : le rétrécissement des capacités et des implantations, programmé par le Livre blanc de 2008, n’a pas été totalement mis en œuvre. L’opération Serval a montré l’utilité des forces françaises prépositionnées. Uns piste intéressante est ébauchée sous la forme d’une question. Dans le Livre blanc 2013,  » faut-il rééquilibrer vers l’ouest le centre de gravité de nos points d’appui ?  » Avec moins de moyens, faut-il recentrer nos intérêts stratégiques ?
sahel,réconcilition malienne,ensemble pour le mali9. Sécurité régionale : renforcement de la  » force africaine en attente  » et association de l’Algérie,  » Etat central pour la résolution de toute crise sécuritaire dans la région sahélienne « . Le réchauffement, lors de la visite en décembre du président François Hollande, est un point de départ, confirmé par le déploiement militaire algérien à sa frontière sud pour fermer la porte aux islamistes radicaux en fuite. Ci-contre, une photo (AFP) du président algérien, Aziz Bouteflika, recevant à Alger le 15 avril, pour une réunion sur le Mali, son homologue sud-africain, Jacob Zuma.
10. Analyser en profondeur les changements politiques dans le monde arabo-musulman. Faire face à la contagion du terrorisme et du radicalisme religieux entre Maghreb, Machrek, Moyen-Orient et Afrique subsaharienne.
* RDSE : Rassemblement démocratique et social européen.
http://defense.blogs.lavoixdunord.fr/archive/2013/04/17/intervention-au-mali-dix-imperatifs-pour-gagner-la-paix-selo.html

Entretien avec Romaric Adekambi, co-fondateur de Agone Drone, sur la vulgarisation de l’usage des drones au Bénin

Romaric Adekambi est le co-fondateur de Agone Drone, une agence de location de drones pour les professionnels du secteur audiovisuel. Avec ...