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28 mai 2013

« La résilience à la sécheresse passe par l’information et l’autonomisation des collectivités locales »

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

GENÈVE, 22 mai (Stratégie internationale de prévention des catastrophes des Nations Unies) –Les participants à la quatrième session de la Plate-forme mondiale pour la réduction des risques de catastrophe ont débattu, ce matin, au cours d’une séance plénière, au Centre international de conférences Genève, de la question de l’activité des collectivités, considérée comme la pierre angulaire des nations résilientes.  Mme Ann Akwango, Directrice des programmes du Development Network of Indigenous Voluntary Associations (DENIVA) de l’Ouganda, a animé cette séance.

Il est important de renforcer la résilience des communautés face aux catastrophes qui interviennent au quotidien car, ont fait remarquer les intervenants, ces catastrophes ont des conséquences dévastatrices sur la vie des populations.  Les médias assurent une faible couverture à ces évènements naturels et les autorités de nombreux pays consacrent des ressources limitées pour les prévenir.  Pour sa part, la Directrice et fondatrice de la communauté des travailleurs de santé de Shibuye (Kenya), Mme Violet Shivutse, a regretté que les donateurs n’accordent pas la priorité à l’action des collectivités, qui est pourtant efficace.  La quatrième session de la Plate-forme devrait formuler des recommandations afin de garantir la pérennité des initiatives locales, a-t-elle estimé.
Responsable de la Sakhi Federation (Inde), Mme Godavari Dange, a souligné l’importance des initiatives prises par les femmes en Inde pour prévenir, au sein de leurs communautés, la contamination de l’eau résultant de changements climatiques.  La Présidente de l’Union des coopératives des femmes Las Brumas (Nicaragua), Mme Haydee Rodriguez, a fait observer que la participation des femmes à la vie publique municipale avait augmenté grâce à un programme qui consacre 5% du budget à des programmes de formation et d’intégration.  Pour le représentant de la Fondation internationale pour les peuples du Pacifique Sud –FSPI- (Fidji), M. Jiuta Korovulavula, le cadre d’action post-2015 devrait encourager les gouvernements à intégrer toutes les catégories de personnes vulnérables aux efforts de réduction des risques de catastrophe.

Le mécanisme d’alerte précoce mis en place dans la région de Sarapiqui, au Costa Rica, a assuré la Coordonnatrice du Comité communautaire d’urgence de Puerto Viejo (Costa Rica), Mme Jacqueline Araya Montero, a permis de mieux préparer la population aux risques d’une catastrophe en assurant la formation appropriée des différents personnels concernés, en organisant une solide coordination avec les autorités locales ou nationales et en assistant les personnes touchées.  Le Secrétaire adjoint à la protection civile de l’État Rio de Janeiro (Brésil), M. Marcio Moura Motta, a indiqué que la ville de Rio de Janeiro et toute la région, grâce à des mesures préventives bien ciblées, avait réussi à réduire l’impact des inondations de 2010, qui avaient causé la mort de plusieurs dizaines de personnes.

Les communautés jouent un rôle important en matière de prévention des risques de catastrophe, car souvent les catastrophes naturelles, causées par les changements climatiques, se produisent dans des régions qu’elles connaissent très bien.  C’est pourquoi, il faudrait recourir aux connaissances traditionnelles, a recommandé M. Alex Byarugaba, qui est membre du Parlement, dans le district d’Isingiro, en Ouganda.  Pour la Ministre de la protection civile de la Nouvelle-Zélande, Mme Nikki Kaye, la rapidité avec laquelle un pays se remet d’une catastrophe naturelle dépend de la capacité des collectivités à y faire face.  Elle a estimé que les populations devraient être sensibilisées à ces risques à la fois à travers les médias traditionnels et les réseaux sociaux.

Cette séance plénière est immédiatement suivie d’un évènement spécial intitulé « Résilience à la sécheresse face aux changements climatiques », en salle 2, niveau 0 du CIGC.

RÉSILIENCES DES COLLECTIVITÉS: LA PIERRE ANGULAIRE DE NATIONS RÉSILIENTES

Déclarations

Mme ANN AKWANGO, Directrice des programmes du Development Network of Indigenous Voluntary Associations (DENIVA) de l’Ouganda, a rappelé la philosophie africaine du travail collectif pour le bien commun, dans le respect des perspectives de chacun, une philosophie qui, a-t-elle précisé, s’applique aussi à l’action face aux catastrophes.  Il est important de construire la résilience des communautés pour faire face aux catastrophes qui interviennent au quotidien, et qui ont un impact très grave sur le bien-être des populations.  Ce sont malheureusement celles dont la presse parle peu et pour lesquelles la mobilisation des ressources reste limitée.  C’est pourquoi, a-t-elle souligné, le futur cadre d’action qui remplacera celui de Hyogo devrait refléter cette réalité.

La mobilité et la capacité d’organisation des communautés sont essentielles pour la réduction des risques de catastrophe, a-t-elle dit, en précisant que ces communautés peuvent trouver des solutions originales aux problèmes qui se posent à elles.  Il est ainsi utile de coordonner les programmes nationaux avec connaissances traditionnelles des communautés.  Il faudrait renforcer les capacités au niveau des communautés locales, qui en manquent cruellement mais qui sont les plus à même de faire face aux fléaux qui les frappent.  Il faudrait aussi associer tous les secteurs concernés pour parvenir à la résilience des communautés, a estimé Mme Akwango.  Elle a fait observer que les mécanismes visant à renforcer les partenariats entre le secteur public, national et local, et le secteur privé font, pour l’instant, défaut en Ouganda.

Mme GODAVARI DANGE, Directrice de la SakhiFederation, en Inde, a décrit la grave sécheresse qui frappe la communauté agricole en Inde, causant la pauvreté et contraignant les populations à fuir leur région et, parfois, leur pays.  Les changements climatiques menacent les ressources hydriques dont disposent les communautés, a-t-elle alerté.  Les femmes au sein de ces communautés se sont d’abord organisées pour s’entraider et subvenir aux besoins de leurs familles.  Elles ont ensuite étendu leur action à d’autres communautés confrontées à des difficultés similaires au niveau de l’État du Maharastra.  Pour ce faire, elles ont créé des partenariats solides avec les pouvoirs publics et le secteur privé, notamment une société d’énergie avec laquelle elles développent des projets industriels à petite échelle dans le domaine de l’éclairage, a précisé Mme Dange.  Certaines femmes se sont formées aux techniques agricoles, d’autres à l’administration et à la gestion de projets.  Six cents personnes sont responsables de la diffusion d’informations importantes, notamment météorologiques, a-t-elle ajouté.  Le futur cadre d’action pour l’après-2015, a-t-elle demandé, devrait permettre de débloquer des fonds pour l’action locale et encourager l’action des groupes de femmes à ce niveau.

M. JIUTA KOROVULAVULA, de la Fondation internationale pour les peuples du Pacifique Sud (FSPI), à Fidji, a présenté les mesures prises par les collectivités de son pays.  Les organisations non gouvernementales concernées ont créé des groupes de travail thématiques sur la reconstruction, l’alerte précoce ou encore la gestion communautaire des catastrophes.  Des comités communautaires représentant toute la population ont pour rôle d’établir une évaluation des dégâts en cas de catastrophe, en lien avec les autorités du pays.  Une organisation non gouvernementale travaille à l’intégration des personnes handicapées aux activités de préparation aux catastrophes, a assuré M. Korovulavula.  Les organisations concernées constatent que la coopération régionale et internationale doit s’appuyer, d’abord, sur l’action des collectivités.  Le cadre d’action pour l’après-2015 devrait encourager les gouvernements à intégrer toutes les catégories de personnes vulnérables aux efforts de réduction des risques de catastrophe.

Mme HAYDEE RODRIGUEZ, Présidente de l’Union des coopératives Las Brumas, au Nicaragua, a indiqué que sa coopérative travaillait activement à la réduction des risques de catastrophe naturelle, notamment en association avec le Centre de coordination pour la prévention des catastrophes naturelles en Amérique centrale (CEPREDENAC).  Elle a cité des projets qui visent à évaluer l’état des sols en vue de prévenir des glissements de terrain.  La prévention des catastrophes et les mécanismes d’alerte précoce permettent de limiter les impacts des changements climatiques.  Elle a noté que la participation des femmes à la vie publique s’était accrue, grâce à un programme municipal qui consacre 5% du budget de la ville à des programmes publics pour la formation et l’intégration des femmes.  Les femmes doivent travailler de concert avec les autorités locales pour faire avancer leur cause, a-t-elle dit avant de conclure.

Mme JACQUELINE ARAYA MONTERO, Coordonnatrice du Comité communautaire d’urgence de Puerto Viejo et promotrice sociale des systèmes ruraux d’approvisionnement en eau à Sarapiqui, au Costa Rica, a décrit le mécanisme d’alerte précoce mis en place dans la région de Sarapiqui.  Il a pour objectif de former les personnes concernées, d’organiser la coordination avec les autorités concernées et d’aider les personnes touchées par des catastrophes, a-t-elle précisé.  Il a également pour objectif de développer une culture de réaction rapide aux catastrophes et de donner plus de pouvoir aux collectivités locales qui y participent, a-t-elle ajouté.  La prochaine étape, a-t-elle indiqué, est le partage d’expériences entre les communautés afin de développer l’influence positive de cette expérience innovante.

M. ALEX BYARUGABA, Membre du Parlement, district d’Isingiro, en Ouganda, a rappelé que les catastrophes ont des conséquences disproportionnées sur les femmes, les enfants et les groupes les plus vulnérables.  Les communautés locales jouent un rôle important dans la planification des mesures de préparation aux catastrophes, au plus près des terrains qu’elles connaissent le mieux.  Dans ce contexte, les autorités doivent, notamment, apprendre à utiliser, préserver et transmettre les connaissances des anciens; et développer les systèmes de financement et d’assurance au niveau local.  Les élus doivent, pour leur part, s’exprimer au nom des populations menacées par les catastrophes, appuyer les activités locales, mieux cibler l’utilisation des ressources, assurer le suivi de l’action du pouvoir exécutif et encourager les activités de formation.

Mme NIKKI KAYE, Ministre de la protection civile de la Nouvelle-Zélande, a assuré que lors du tremblement de terre de Christchurch, en 2011, la mobilisation des communautés locales avait permis de réduire l’impact négatif de la catastrophe, qui avait causé cependant des dommages équivalents à 20% du PIB.  En Nouvelle-Zélande, les autorités locales ont de larges responsabilités en matière de protection civile, a-t-elle dit.  La responsabilité individuelle et l’ « autogestion » en sont les deux principes fondamentaux.  Après le séisme de Christchurch, toute la population a fait preuve d’un engagement spontané, s’est-elle félicitée.  La Ministre a ajouté que la rapidité avec laquelle le redressement a été assuré dépendait aussi des capacités des collectivités.  L’implication de l’ensemble de la population et, en particulier des jeunes, est primordiale pour réduire, à l’avenir, les risques de catastrophe.  À cet égard, la Ministre a estimé que la mobilisation de la population à la fois à travers les médias traditionnels et les réseaux sociaux était une piste à explorer.

M. MARCIO MOURA MOTTA, Secrétaire adjoint à la protection civile de l’État de Rio de Janeiro, Brésil, a fait état d’une grave crise résultant des importantes inondations qui avaient affecté la ville de Rio et toute la région, causant plusieurs dizaines de morts.  À la suite de cette catastrophe, les autorités avaient procédé à une cartographie des zones à risque et installé des postes d’alerte.  Depuis cette date, elles organisent régulièrement des exercices d’évacuation.  Les écoles primaires dispensent un enseignement pratique pour préparer les élèves à mieux réagir en cas d’inondations et de glissements de terrain.

Débat interactif

Au cours de la discussion animée par M. ANDREW BIDNELL, d’InsideOut Consultant Compagny, au Royaume-Uni, plusieurs intervenants ont souligné que le partage d’informations était essentiel.  Mme Araya Montero, du Costa Rica, a rappelé que son pays ne disposait pas d’armée.  C’est pourquoi, la société civile doit réagir rapidement en cas de catastrophe.  Le système de protection est fondé sur l’implication des citoyens vivant dans des zones à risque et sur le renforcement des collectivités locales.  Ces deux conditions doivent être prises en compte dans le nouveau cadre d’action pour la période post-2015.

Un autre intervenant s’est interrogé sur la possibilité d’ériger les catastrophes en violations des droits de l’homme.  Les plus démunis sont les plus susceptibles de souffrir des effets des catastrophes, a fait rappeler un participant.  Par ailleurs, une représentante du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) au Niger a estimé qu’il faudrait prendre en compte non seulement les bonnes pratiques, mais également les mauvaises pratiques afin d’établir une meilleure évaluation de la situation et de mieux cibler les mesures à prendre.  Le partage d’expériences permet d’éviter à d’autres de commettre les erreurs qui avaient été constatées ailleurs.

Répondant à une question d’une représentante de la Banque mondiale, le membre du Parlement de l’ougandais a souligné que l’implication des communautés locales signifie qu’elles doivent s’approprier les politiques et programmes de réduction des risques.  La participation active des collectivités est donc une nécessité fondamentale, a-t-il dit.

En réponse à une autre question, la Ministre de la protection civile de la Nouvelle-Zélande s’est dite convaincue que la science et la recherche, notamment en matière sismique, sont vitales pour mieux organiser la réponse aux catastrophes.  La Présidente de l’Union des coopératives Las Brumas, pour sa part, a évoqué les leçons apprises au Nicaragua à la suite des souffrances et des dégâts causés par les catastrophes.  Les organisations de femmes ont noué un véritable dialogue avec les autorités du pays en matière de réduction des risques de catastrophe.

Mme VIOLET SHIVUTSE, Directrice et fondatrice de la communauté des travailleurs de santé de Shibuye, du Kenya, a estimé que l’organisation communautaire constituait un outil très puissant, tout en notant que les donateurs ne lui accordent pas la priorité.  Les organisations de femmes, en particulier, réalisent un excellent travail, a-t-elle assuré.  Les partenariats « du bas vers le haut » sont particulièrement efficaces, car ils permettent d’informer les pouvoirs publics sur ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas.  Le cadre d’action post-2015 devrait prendre en compte les réalisations faites au niveau régional.  Le partenariat permet aux citoyens d’être entendus car, a-t-elle rappelé, ils sont les premières victimes des catastrophes.  Elle a souligné que la quatrième session de la Plate-forme mondiale pour la réduction des risques de catastrophe devrait formuler des recommandations afin de garantir la durabilité des initiatives locales.  Pour réaliser les objectifs de réduction des risques de catastrophe et de développement durable, « il faudrait passer des projets isolés aux programmes durables », a-t-elle insisté.  Au cours d’une récente réunion entre communautés locales, il est apparu que la planification devait être assurée par les collectivités et non pas par une autorité centrale.  « Il faut penser globalement mais agir localement », a-t-elle dit avant de conclure.
http://www.un.org/News/fr-press/docs/2013/IHA1318.doc.htm

13 mai 2013

Des réfugiés touaregs au Niger mènent leur bétail en lieu sûr

INTIKANE, Niger, 7 mai (HCR) – La longue colonne d’animaux, flanquée d’hommes perchés sur leur selle, se dirige vers l’est en direction de nouveaux pâturages à une allure régulière, soulevant des nuages de poussière sur leur passage.
Cela peut ressembler à une scène de Western, mais ce drame se joue à des milliers de kms de l’autre côté de l’océan, au Niger, en Afrique de l’ouest. La distribution comprend 800 animaux, des nomades touaregs originaires du Mali et l’agence des Nations Unies pour les réfugiés.
Fin avril, la caravane, composée de chameaux, de bétail, d’ânes, de chèvres, de moutons et de trois chevaux, a quitté le site de réfugiés d’Agando, situé à 10 kms environ de la frontière avec le Mali, pour un périple de trois jours vers Intikane, une vaste région où les Touaregs pourront vivre dans un espace ouvert et mener leur style de vie nomade traditionnel en toute sécurité.
© HCR/B.Ntwari
Des nomades touaregs originaires du Mali se dirigent vers l’est à dos de chameaux pour mener leur bétail au Niger.
L’ensemble des 8 000 réfugiés d’Agando et du village voisin de Chinourawen ont fui vers l’ouest du Niger avec leurs animaux pour échapper aux combats qui ont éclaté au Nord Mali début 2012 ou en raison de l’insécurité constante ou par crainte des représailles depuis janvier 2013, date à laquelle une contre-attaque dirigée par les forces françaises a repoussé les forces rebelles.
La décision du gouvernement du Niger de déplacer les Touaregs vers Intikane a été motivée par des raisons de sécurité : Agando est situé à seulement 10 kms de la frontière, dans une région qui demeure instable. C’est aussi un moyen de leur permettre de mener une vie plus normale.
« Aider les réfugiés à déplacer leurs animaux leur permettra de maintenir leurs moyens de subsistance et de continuer à vivre comme des pasteurs et des nomades plutôt que de finir dans un camp de réfugiés à dépendre d’une aide extérieure », fait remarquer Karl Steinacker, Représentant du HCR au Niger.
Les Touaregs ont été impliqués dans le processus de transfert dès le début. « Nous avons organisé plusieurs réunions et défini un itinéraire », affirme Mouhamoud Abdoulaye Al Kan Afi. « Nous avons pu aller voir Intikane. Ce lieu nous convient, ainsi qu’à nos animaux », ajoute ce réfugié, ancien respecté et l’un des principaux gardiens de troupeau, qui monte son cheval comme un jeune homme.
Le HCR a associé un partenaire local, Akarass, pour aider à organiser cette caravane qui constitue une opération logistique importante. « Nous avons pensé à tous les détails : des points d’eau le long de la route et des vivres pour les gardiens de troupeau », explique Oumarou Danni Saadou, employé de l’ONG. Il ajoute que des gendarmes à dos de chameaux ont assuré la sécurité.
La santé des animaux a été surveillée par un vétérinaire et, à leur arrivée à Intikane, tous les animaux ont été vaccinés pour éviter la propagation de maladies au bétail appartenant à la communauté locale.
Le train d’animaux s’étendant sur trois kms a été chaleureusement accueilli par la communauté locale à son arrivée à Intikane. « Les réfugiés et leurs animaux sont les bienvenus. Ce qui leur est arrivé pourrait arriver à tout le monde », déclare Alghadawi Ilhouda, le chef du village, situé dans une zone aride de broussailles et de sable. « Nous devons les soutenir en partageant notre eau et nos pâturages », ajoute-t-il.
Certains bergers maliens ont été ravis de découvrir qu’il y avait un puits à Intikane, actionné par des pompes et des générateurs puissants rénovés grâce au HCR. « C’est comme de l’eau de pluie », déclare un réfugié dénommé Omar Mouhamadou. Le puits, d’une profondeur de 700 mètres, bénéficie également à la communauté d’accueil dans cette partie de la région de Tahoua au Niger, où la région du Sahel rejoint le Sahara.
Le gouvernement du Niger, avec l’aide du HCR, prévoit d’amener d’autres communautés de réfugiés vers des pâturages plus sûrs situés davantage à l’intérieur du pays au cours des prochaines semaines. Mais contrairement aux animaux et à leurs gardiens, la plupart des réfugiés feront le voyage à bord de convois organisés par le partenaire du HCR, l’Organisation internationale pour les migrations.
Le HCR protège et assiste quelque 50 000 réfugiés maliens au Niger. Ils font partie des plus de 175 000 réfugiés maliens dans les pays voisins, dont le Burkina Faso et la Mauritanie.

Par Bernard Ntwari à Intikane, Niger,http://www.unhcr.fr/518ce455c.html

2 mai 2013

Au Sahel, des outils pour anticiper les famines

Olivier Tallès , La Croix


Les systèmes d’alerte précoce délivrent des informations précieuses quoique incomplètes sur la situation alimentaire à venir du continent africain
À Keita, au Niger, des femmes luttent contre la désertification en plantant un manguier qui va stabiliser le sol grâce à ses racines.
Au Sahel, les paysans l’appellent la « soudure ». C’est une période d’activité intense, de joie et d’appréhension. La fin de la saison sèche. Le retour espéré de la pluie. La période entre deux récoltes au cours de laquelle les agriculteurs sèment les champs. Les familles les plus pauvres vident leurs greniers, piochent dans leurs économies, se serrent la ceinture. Au Mali, au Niger, au Burkina Faso, au Tchad, en Mauritanie, voire au Sénégal, les centres de soin se préparent à l’accueil de milliers d’enfants aux ventres ballonnés et aux regards vides.
Selon les régions, le nombre de malades grimpera progressivement en mai et juin, atteindra un pic en juillet, se stabilisera le mois suivant, puis décroîtra après la mi-septembre. Les ONG, les bailleurs de fonds et les pays de la région estiment à environ 1,6 million le nombre d’enfants sévèrement malnutris qui auront besoin de soins et d’une nourriture enrichie en vitamines. Pour obtenir ces estimations et préparer la réponse humanitaire, les spécialistes de la nutrition s’appuient sur une batterie d’indicateurs dont les plus connus sont les systèmes d’alerte précoce.
(William Dupuy/Picturetank )
Ces outils statistiques sont gérés directement par les ministères de l’agriculture et le Programme alimentaire mondial, avec plus ou moins d’efficacité selon la volonté politique des États. Les données collectées permettent d’anticiper la sécurité alimentaire des mois à venir. Il s’agit d’estimer avant, pendant et après la récolte la production agricole à travers des prélèvements d’échantillons, puis de la comparer d’une année sur l’autre. Des agents étudient aussi la pluviométrie, la quantité d’eau disponible ou encore d’herbes pour le bétail.
Ces relevés déterminent la disponibilité en céréales ou en viande en fonction de la population. Ils ont été lancés dans les années 1980 après les famines qui ont frappé les pays de la bande sahélienne à la suite de grandes sécheresses. Après avoir fonctionné bon an mal an pendant une vingtaine d’années, ils ont démontré leurs faiblesses lors de la crise alimentaire au Niger. C’était en 2005.
« Les chiffres n’indiquaient pas une chute brutale de la production dans ce pays, alors que des centaines de milliers d’enfants souffraient de malnutrition », rappelle Hélène Berton, coordinatrice d’Echo, le service d’action d’urgence de l’Union européenne.
Il n’y avait pas de pénurie, la nourriture était disponible sur les marchés, mais à des prix inaccessibles pour de nombreuses familles. Cette année-là, une partie de la production locale avait en effet été exportée vers le Nigeria, ce qui avait augmenté les cours des céréales.
« Le monde rural au Sahel s’est transformé en trente ans, poursuit Hélène Berton. Les surfaces cultivables se sont réduites, le nombre d’habitants a augmenté. Le paysan ne peut plus se contenter de consommer ce qu’il produit. Il achète, il s’endette. » Les systèmes d’alerte ont alors intégré des nouveaux indicateurs : les prix des denrées sur les marchés.
En élargissant les données sur l’insécurité alimentaire, les États d’Afrique de l’Ouest et leurs partenaires étrangers dressent des cartes plus précises sur les niveaux de vulnérabilité des ménages. « Mais nous avons beaucoup de mal à appréhender le pouvoir d’achat des familles », précise Étienne du Vachat, chargé du plaidoyer chez Action contre la faim. Les revenus des ménages dans cette partie du monde relèvent en effet du secteur informel. Ils varient parfois du simple au double d’un mois sur l’autre, ce qui les rend difficiles à mettre en équation.
Comment par exemple mesurer l’apport des migrants ? Chaque année, les hommes quittent en masse les campagnes du Niger et du Mali après la récolte. Ils s’exilent dans les villes de Côte d’Ivoire, de Libye, du Nigeria à la recherche d’emplois de manœuvre. Ces travailleurs saisonniers offrent un complément en nature ou en argent souvent décisif.
« En 2011, la guerre en Libye, la crise politique en Côte d’Ivoire, les violences au Nigeria ont privé des milliers de migrants de cet appoint, rappelle Étienne du Vachat. Les conflits ont eu un impact fort sur la crise alimentaire de 2012. »
Les indications des systèmes d’alerte précoce dépendent aussi beaucoup des interprétations des gouvernements locaux. Certains ont tendance à surestimer les besoins à venir pour récolter des fonds. D’autres n’hésitent pas à sous-évaluer une crise par calcul politique. « Une agence telle que le Programme alimentaire mondial (PAM) ne peut pas déclencher l’alarme contre l’avis du gouvernement, observe Cédric Charpentier, en charge des évaluations du PAM pour l’Afrique de l’Ouest. Or, il est très difficile d’avoir des chiffres indiscutables, sur lesquels tout le monde est d’accord. »
Pour mettre fin aux débats interminables, des acteurs de l’aide sont en quête de l’algorithme imparable qui permettrait de calculer trois mois à l’avance combien de pauvres souffriront de la malnutrition, en fonction de la production, des revenus des ménages, de l’indice des prix, de l’état nutritionnel… Des chercheurs mexicains ont déclaré lors d’un colloque récent se rapprocher d’une solution grâce à un ciblage très précis de la population. Mais le Sahel est encore très loin de disposer d’un pareil maillage territorial.
Certains s’interrogent d’ailleurs sur l’utilité de courir après d’hypothétiques systèmes prévisionnels capables de mettre en équation le réel. « Ces outils se transforment in fine en système de rationnement, observe Stéphane Doyon, spécialiste des questions de nutrition chez Médecins sans frontières. À partir des indicateurs, on cible, on trie, on crée des listes d’enfants à soigner qui sont toujours incomplètes et forcément injustes. On définit en somme un seuil de tolérance acceptable. Ce n’est pas un vrai système de prévention. »
À côté des outils de prospective, des voix de plus en plus nombreuses demandent la création de systèmes de protection sociale comme il en existe en Amérique latine ou en Chine. Autrement dit, offrir des revenus aux ménages les plus pauvres en échange de travaux, garantir l’accès à des micronutriments, favoriser les soins gratuits… « C’est le chemin choisi par le gouvernement indien qui a lancé l’an dernier une mobilisation nationale contre la faim », se félicite Stéphane Doyon.
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DÉFINITIONS
Sécurité alimentaire. Elle recouvre l’accès matériel et économique à la nourriture en qualité et en quantité suffisantes pour être en bonne santé et mener une vie active. On parle d’insécurité alimentaire en cas d’insuffisance de la disponibilité alimentaire, du pouvoir d’achat ou de problèmes de distribution.
Famine. Elle correspond au niveau 5 du cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire définie par les Nations unies. Ce niveau est atteint notamment lorsque plus de 2 personnes sur 10 000 meurent chaque jour ; que le taux de malnutrition aiguë est au-dessus de 30 % ; qu’il y a moins de 2 100 calories et moins de 4 litres d’eau disponibles par habitant et par jour.
Malnutrition. État pathologique provoqué par la déficience d’un ou plusieurs nutriments. La malnutrition freine le développement de l’enfant, augmente les risques de maladie et peut conduire à la mort.
OLIVIER TALLÈS , http://www.la-croix.com/Ethique/Sciences-Ethique/Sciences/Au-Sahel-des-outils-pour-anticiper-les-famines-2013-04-29-954265


cle Et pourtant, ils avaient prévu la famine en Somalie

27 avr. 2013

La pénurie alimentaire menace 20 millions de Sahéliens

Vingt millions de personnes vivant au Sahel, dont 4,3 millions au Mali, connaissent une situation alimentaire «grave», a affirmé mercredi à Nouakchott le président de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR).
«Quelque 20 millions de personnes dans tout le Sahel font encore face à des pénuries (alimentaires) graves» a dit le président de la FICR, le Japonais Tadateru Konoé, à l’ouverture d’une réunion du Groupe Sahel plus.
Cette structure regroupe les sociétés nationales de Croix-Rouge et Croissant Rouge de dix pays sahéliens : Burkina Faso, Cap-Vert, Gambie, Guinée, Guinée-Bissau, Mali, Mauritanie, Niger, Sénégal et Tchad.
M. Konoé a estimé que parmi ces personnes en situation alimentaire difficile, figurent 4,3 millions de Maliens, incluant des réfugiés et déplacés internes, qui «ont besoin d’une assistance alimentaire en raison du conflit prolongé».
Le DG d'ECHO, Claus Sorensen, visite un centre... (PHOTO BOUREIMA HAMA, AFP)
Le DG d’ECHO, Claus Sorensen, visite un centre mis sur pied pour venir en aide aux enfants souffrant de malnutrition à Tibiri, dans le sud-est du Niger, le 18 avril.
Une coalition internationale dirigée par la France intervient au Mali depuis plus de trois mois et a quasiment chassé du nord de ce pays les islamistes armés liés à Al-Qaïda qui ont occupé cette région en 2012.
Selon le président de la FICR, l’état de santé de «bien de communautés au Sahel est compromis par la fragilité des infrastructures et des systèmes de santé dans beaucoup de pays» au moment où «le risque d’épidémies est accru par la mauvaise qualité de l’eau et des systèmes d’assainissement, la malnutrition et le manque de personnel de santé».
La réunion du Groupe Sahel plus, qui prend fin jeudi, doit examiner «les défis humanitaires dans la zone sahélienne et les différents programmes et projets pour y faire face», a précisé le porte-parole de M. Konoé, Moustapha Diallo.
Le Sahel avait déjà connu une crise alimentaire en 2010-12. La semaine dernière, un responsable de la Commission européenne chargée de l’aide humanitaire et de la protection civile (ECHO) avait déclaré que plus de 10 millions de personnes étaient menacées de pénurie alimentaire en 2013 dans neuf pays d’Afrique de l’Ouest et Centrale, du Sénégal au Tchad.
http://www.lapresse.ca/international/afrique/201304/24/01-4644110-la-penurie-alimentaire-menace-20-millions-de-saheliens.php

20 avr. 2013

M. Rhissa Feltou, maire d’Agadez : «Même si le tourisme s’est arrêté, Agadez reste une destination de choix»

 Monsieur le maire, pouvez-vous nous présenter brièvement la commune urbaine d’Agadez ?

C’est un honneur pour nous de recevoir le Sahel-Dimanche ici, et de pouvoir partager avec nos concitoyens les réalités de notre commune. Agadez est le chef-lieu de la région du même nom. Elle est devenue commune urbaine en 1972, avec une population estimée aujourd’hui à 120.000 habitants. La commune couvre une superficie de 600 km2. En termes d’activités économiques, Agadez est connue pour ses activités touristiques. Mais Agadez est aussi un carrefour, un lieu de transit entre l’Afrique du Nord et l’Afrique au Sud du Sahara.
M. Rhissa Feltou M. Rhissa Feltou
Nous sommes aussi un centre pas très éloigné des principales frontières, notamment l’Algérie et la Libye, et il faut dire que les échanges et les relations socioculturelles sont très importantes avec ces deux pays. La situation géographique d’Agadez lui confère cette particularité, pour ne pas dire privilège, du point de vue des activités économiques. Le commerce est très florissant et notre commune en tire des bénéfices significatifs.

Concernant les ressources, au titre de l’année 2013, nous avons un budget de 1 milliard 650 millions de FCFA. Nous attendons une mobilisation des ressources minimales au regard des difficultés qu’a connues notre commune, notamment à l’incivisme. Cet incivisme lui-même était né du découragement consécutif à l’instabilité socio politique. Malgré tout cela, nous avons des ressources importantes qui permettent à la commune de fonctionner. Ces ressources nous viennent notamment grâce à la loi sur la répartition des recettes issues de l’exploitation minière. Et depuis 2011, ces redevances minières nous permettaient de financer certaines actions, notamment la construction des classes et l’équipement de la commune. Nous avons d’ailleurs reçu, au titre de 2010, une enveloppe d’environ 65 millions FCFA. Nous comptons utiliser ces ressources pour équiper la police municipale récemment créée dans le cadre du renforcement de la stabilité et de la paix. Nous comptons aussi financer la réalisation d’infrastructures économiques, notamment un parc et un garage municipal. Notre commune a aussi bénéficié, dans le cadre de la voirie et de l’assainissement, d’une enveloppe assez consistante de la part du Ministère de l’Equipement, à travers la CAFER. Ce financement nous a permis de reprendre plus de 20 km de voirie à l’intérieur de la ville. Je tiens à noter que, pratiquement depuis 1980, nous n’avons pas eu un seul mètre de rue bitumée. C’est pourquoi, au nom des populations et du Conseil municipal, je tiens à saluer ce geste du Ministère de l’Equipement. Aujourd’hui, les usagers empruntent des voies entièrement reprises, sans nids de poule. Cela a contribué à diminuer le taux d’accidents de circulation. Ça a aussi permis d’embellir la ville, et les populations apprécient ce geste de l’Etat. A cela, il faut ajouter les travaux de reprise des voies et de l’ouvrage sur le kori du Telwa. Cela permettra de maintenir le niveau élevé d’activités économiques. En effet, ce kori a souvent provoqué des inondations et même stoppé les activités économiques. Ce qui a eu comme conséquence un manque à gagner pour notre commune. L’Etat, à travers la CAFER et la GERTA, a financé la reprise du passage de la RTA sur le kori Telwa.



Le tourisme constituait une importante source de revenus pour les populations et la commune. Mais les problèmes sécuritaires vécus dans la région ont fortement compromis cette activité. Quel est l’impact réel de cet état de fait sur la Commune ?


Il faut tout de suite dire que c’est un manque à gagner important pour la région en général et pour la commune d’Agadez en particulier. Agadez a connu un essor certain aux périodes de pic de cette activité. Le tourisme rapportait directement, aux différentes couches socio-économiques, près de 4 milliards en argent liquide. Il a contribué à un changement de statut social et à élever le niveau de vie des populations. Malheureusement, l’activité a été stoppée net en 2007 avec le déclenchement de la rébellion par le MNJ. Et depuis lors, les choses ne se sont pas arrangées avec les menaces en tous genres (trafics, développement du terrorisme) dans la région. Cela a fini par compromettre définitivement cette activité rentable pour nous. Vous l’avez remarqué à travers le nombre d’hôtels, les sites artisanaux, le site historique de la vieille ville et les agences de voyage. Malgré l’insécurité et l’arrêt du tourisme, nous faisons de l’inscription du site historique au patrimoine mondial, notre cheval de bataille. Le dossier est très avancé. Nous sommes là-dessus depuis plus d’un an, avec notre ambassadeur à l’UNESCO et le gouvernement à travers le Ministère de la Culture, en collaboration avec un comité de gestion de la vieille ville d’Agadez qui est géré par un agent du Ministère de la Culture, et aussi en collaboration avec le sultanat et toutes les personnes concernées par ce patrimoine.



Que sont devenus les principaux acteurs du tourisme ? Est-ce qu’ils ont pu se reconvertir dans d’autres activités ?


La reconversion est quelque peu difficile, mais aussi facile. Elle est facile parce que la plupart des acteurs sont aussi des éleveurs. Il y a bien sûr des commerçants. Mais elle est difficile aussi, il faut le reconnaitre. Vous avez constaté que la presque totalité des agences de voyages ont fermé. Au niveau des hôtels, certains continuent, malgré tout, de survire avec le passage des sociétés minières, des ONG et projets. Et puis la ville reste toujours une destination fréquentée, même si le tourisme s’est arrêté, il y a un tourisme intérieur qui est entrain de se développer. C’est ce qui permet à quelques hôtels de survire. D’autres acteurs ont embrassé l’agriculture à travers les cultures irriguées dans la vallée de la Telwa. Agadez a développé la culture de l’oignon à une période où elle est impossible dans d’autres régions. Cela ne peut certes pas remplacer l’activité touristique, mais ça a permis d’occuper beaucoup de gens.



L’assainissement est un défi certain pour les communes. Comment se présente ce volet dans la Commune d’Agadez ?


C’est vrai, c’est un défi particulier pour notre commune qui est comme toutes les autres villes du Niger, en pleine expansion. Nous avons des problèmes énormes liés à l’assainissement, qui est une activité trop lourde, trop couteuse, pour qu’elle soit laissée à la seule charge des communes. Pour notre part, nous avons, depuis notre arrivée au conseil municipal, réhabilité le garage de la commune. Nous disposons aujourd’hui de 4 camions et d’une chargeuse pour enlever les ordures ménagères. L’insuffisance des moyens fait que nous n’assurons pas cette activité de manière régulière. Je dis que c’est une activité trop lourde pour être laissée à la seule charge des communes. Il faut qu’on partage une partie des charges avec l’Etat. L’assainissement ne se limite pas seulement à ramasser les ordures et aller les déverser ailleurs. C’est toute une filière qu’il faut organiser, la commune et l’Etat, eux-mêmes ne suffissent pas. Il faut créer un cadre national pour maîtriser cette activité. Il faut notamment multiplier les partenaires et mettre en place un plan national d’aide à l’assainissement. Je pense que l’assainissement est une activité lourde et difficile à maitriser, donc on a besoin de la spécifier. C’est une activité qui nécessite une multitude d’acteurs qui peuvent, chacun, se spécialiser et prendre en charge un secteur : par exemple les eaux usées, le drainage des eaux de pluies, la collecte des ordures ménagères, etc. C’est extrêmement complexe, raison pour laquelle nous approchons tous les acteurs, et il faut que l’Etat aide les communes.



Agadez est un centre de transit, mais avec la situation actuelle en Libye et en Algérie, les frontières sont difficiles à franchir. Est-ce que la commune arrive à accueillir, sans difficultés, tous ces candidats à l’immigration ?


C’est tout à fait vrai, Agadez est une zone de passage, mais l’instabilité qui s’est créée en Libye a stoppé les échanges et a limité le déplacement des migrants en direction de ces pays (Algérie et Libye). Et on le ressent au niveau de la commune. C’est un manque à gagner pour la Commune. Vous savez, il y a beaucoup de nos compatriotes qui partent dans ces pays à la recherche de travail. Et il y avait un véritable échange de marchandises et un transfert de devises. Mais tout cela s’est arrêté. Et nous le ressentons au niveau de la mobilisation des recettes. La Commune a pris un coup dur, mais les échanges se poursuivent malgré les difficultés. Les recettes fiscales et douanières en ont pris un coup, puisque le volume des échanges et la circulation des marchandises ne sont plus comme avant. Il est indéniable que la crise libyenne a eu beaucoup de répercussions sur notre commune et sur les activités socio-économiques.



Agadez s’est doté récemment d’une police municipale. Quel est l’impact de ce corps sur la vie de la commune ?


C’est une initiative de la commune qui s’inscrit dans le cadre de la recherche de stabilité. Elle a permis de résorber le problème du chômage des jeunes. La commune urbaine d’Agadez dispose aujourd’hui d’un effectif de 45 agents, et les autres communes ont chacune 15 agents. Il faut noter que la formation de ces agents a été prise en charge par le PNUD. L’apport de cette police municipale est inestimable dans la vie de la commune. Nous avons créé ce corps parce que nous en avons senti le besoin. Ce corps contribue beaucoup dans la mobilisation des recettes, et aussi au niveau de l’assainissement, de la circulation et de la sécurité au niveau des marchés. Ces agents ont reçu une formation qui leur permet d’exercer dans la légalité. Ils ont été initiés au maintien de l’ordre, à la question de sécurité dans les centres urbains. Ils ont aussi reçu, tout récemment, une formation dans le cadre de la lutte anti-terroriste grâce à l’Union Européenne et à travers le Programme Paix, Sécurité et développement du PNUD. Aujourd’hui, la police municipale est essentielle. Elle est au contact avec les populations. Ce qui constitue un apport supplémentaire pour les autres Forces de Défense et de Sécurité dans le cadre de la sécurité traditionnelle. Elle intègre bien le tissu socio-économique. Elle est encadrée par les agents de la Police Nationale pour éviter les abus, débordements ou toute autre atteinte aux droits des citoyens.

Il nous appartient de lui donner l’équipement nécessaire pour qu’elle mène à bien sa mission. Nous venons récemment de recevoir cinq (5) motos de la part du PNUD pour équiper la brigade de patrouille et la brigade sanitaire. Il faut dire que la police municipale est très sollicitée par les populations dans le cadre de la santé et de l’assainissement. Elle joue aussi le rôle de médiateur en cas de petits pépins dans les quartiers.



Qu’est-ce qui est entrepris dans le cadre de la coopération décentralisée ?


Nous avons, dans le cadre de la question d’assainissement et de voirie, sollicité certains partenaires. Agadez est en relation avec la commune de Saint Brieuc en France. Nos relations datent de plus d’une trentaine d’années. Nous avons des projets dans le domaine de l’électrification des centres de santé intégrés, de 13 cases de santé, la réhabilitation du CSI du centre ville avec nos partenaires français. Nous les avons également sollicités pour nous aider à peaufiner nos réflexions pour faire face au problème de l’assainissement. La commune de Saint Brieuc est très impliquée dans le cadre du jumelage avec des communes d’autres pays. Ce qui nous ouvre d’autres opportunités de coopération décentralisée.



Avec l’importation des véhicules d’occasion en provenance de la Libye et de l’Algérie, on assiste à l’apparition de parcs sauvages un peu partout dans la ville. Que faites-vous pour organiser ce secteur et surtout pour qu’il rapporte à la commune ?


Il y a en effet depuis quelques temps, la reprise de l’importation en quantité de véhicules en provenances des pays que vous venez de citer. Nous avons mis en place en début d’année un comité pour organiser et maîtriser les multiples parcs auto qui se créent dans la commune. Nous avons tenu plusieurs réunions avec les différents acteurs. Et je pense que les services du recouvrement sont aujourd’hui arrivés à mettre en place un système d’organisation pour tirer de meilleures recettes de cette activité qui est très rentable et qui peut apporter un plus aux recettes de la commune. C’est vrai que ça n’a pas été facile au début, mais aujourd’hui nous sommes arrivés à stabiliser et bien maîtriser cette activité qui est non négligeable en termes de recettes pour la commune.

http://www.lesahel.org/index.php/component/k2/item/2921-m-rhissa-feltou-maire-dagadez–m%C3%AAme-si-le-tourisme-sest-arr%C3%AAt%C3%A9-agadez-reste-une-destination-de-choix

19 avr. 2013

Manuel sur la promotion et protection des droits des populations / communautés autochtones

La COMMISSION AFRICAINE DES DROITS DE L’HOMME ET DES PEUPLES

et

IWGIA : INTERNATIONAL WORK GROUP FOR INDIGENOUS AFFAIRS
publient le
Manuel sur la promotion et protection des droits des populations / communautés autochtones

à travers le système africain des droits de l’homme
Depuis les dix dernières années, la Commission africaine des droits de l’Homme et des peuples (commission africaine) a pris des mesures audacieuses pour comprendre, expliquer et aborder la situation des droits humains des communautés autochtones en Afrique.

Le Groupe de travail de la Commission africaine sur les populations/communautés autochtones (Groupe de travail) a été le point d’ancrage institutionnel de ces efforts.

À travers différents séminaires de sensibilisation, missions/pays et visites d’étude, le Groupe de travail a engagé les acteurs étatiques et non-étatiques dans les défis spécifiques auxquels sont confrontées les communautés autochtones sur le continent. Bien que ces initiatives aient considérablement contribué à une large sensibilisation sur la thématique, la Commission Africaine n’en reste pas moins préoccupée par la capacité limitée des groupes autochtones à se servir des normes émergentes en matière des droits de l’homme, face aux violations des droits auxquelles sont confrontées leurs communautés.
Le manque d’informations de qualité, bien synthétisées et simplifiées sur la manière dont fonctionne la Commission africaine pour défendre les droits collectifs et individuels, à travers son mandat de promotion et de protection persiste encore.

Le présent Manuel de formation est conçu pour pallier cette insuffisance.

Ce manuel est appelé à être un outil de formation à l’intention des militants des droits des populations autochtones en Afrique. Il est également destiné à être un instrument pratique à utiliser dans la formation des praticiens du droit, des journalistes activistes et des fonctionnaires travaillant sur les droits des populations autochtones en Afrique. L’utilité de ce manuel ne se concrétisera que lorsqu’il sera mis en application, en faveur du renforcement des capacités des populations autochtones à s’engager de manière constructive et durable dans le système africain des droits de l’homme.

16 avr. 2013

Suite à la crise alimentaire de 2012, Oxfam appelle à une réforme radicale de la lutte contre la faim au Sahel

“Nous devons changer radicalement la façon dont nous gérons ces crises récurrentes pour sauver des vies et permettre aux populations de mieux résister à ce cycle de la faim.”
David Macdonald
Directeur régional d’Oxfam
Dans un nouveau rapport publié aujourd’hui, l’organisation internationale Oxfam affirme que la communauté de l’aide doit profondément changer sa façon de gérer les crises alimentaires dans la région et d’aider les communautés à mieux se préparer aux situations d’urgence récurrentes.
L’intervention humanitaire face à la crise alimentaire de 2012 au Sahel a été plus importante et plus efficace que lors des crises précédentes. Il n’en demeure pas moins que des millions de personnes n’ont pas reçu l’assistance nécessaire et restent à ce jour vulnérables, selon ce rapport. Certes plus de 5 millions de personnes ont reçu une aide alimentaire du seul Programme alimentaire mondial et les enfants soignés contre la malnutrition ont été plus nombreux que jamais. Mais 5,6 millions de personnes n’ont pas reçu les semences et les outils nécessaires pour effectuer les plantations en préparation de la prochaine récolte.
Pour Oxfam, la communauté internationale et les autorités nationales doivent mieux comprendre qui sont les plus vulnérables en cas de crise alimentaire et pourquoi, mais aussi faire tomber les barrières entre l’humanitaire à court terme et le développement à long terme au sein de la communauté d’aide et investir davantage dans les administrations et les organisations locales et nationales, mieux à même de réagir aux crises.
Le rapport intitulé « Quelles leçons tirées ? », qui évalue la qualité de l’intervention humanitaire en 2012, est publié alors que la menace de la faim plane encore sur dix millions de personnes dans la région et que cinq millions d’enfants continuent de souffrir de malnutrition. Les inondations qui ont endommagé les récoltes au Nigeria, pays exportateur de denrées alimentaires, ajoutent aux difficultés et les experts ont estimé, la semaine dernière, que la sécurité alimentaire dans le nord du Mali a désormais atteint le « niveau de crise ».

Des vies sauvées grâce à une réponse plus efficace

« Nous pouvons dire avec raison que la réponse à la crise alimentaire a été plus importante et plus efficace que jamais, mais nous aurions tort de penser qu’elle l’était assez, affirme David Macdonald, directeur régional d’Oxfam. La complaisance est très dangereuse. Nous devons commencer par reconnaître que la crise n’est pas encore terminée. Des millions de familles défavorisées peinent encore à acheter de quoi manger à leur faim face aux prix alimentaires qui restent élevés et aux violences armées qui continuent de perturber les marchés de la région. Nous devons changer radicalement la façon dont nous gérons ces crises récurrentes pour sauver des vies et permettre aux populations de mieux résister à ce cycle de la faim. »
La crise alimentaire de 2012 a menacé de la faim plus de 18 millions de personnes dans neuf pays. Elle a mis en danger leur vie et leurs moyens de subsistance, tandis que plus d’un million d’enfants étaient exposés à une malnutrition aiguë.
Selon Oxfam, des vies ont pu être sauvées grâce à plusieurs facteurs : les systèmes d’alerte précoce ont bien fonctionné ; les États de la région ont eu tôt fait de reconnaître la situation de crise et d’appeler à l’aide ; des donateurs notamment l’Office Humanitaire de la Commission Européenne (ECHO), ont débloqué des fonds avec rapidité et générosité ; et les organisations humanitaires sont vite intervenues.

Des lacunes à combler

De graves lacunes ont cependant empêché des millions de personnes de recevoir l’aide dont elles avaient besoin. Dans un premier temps, un désaccord sur la gravité de la crise a considérablement retardé l’intervention et 50 % des fonds manquaient encore au moment où la crise atteignait son paroxysme. Malgré un engagement plus énergique des États de la région, ils n’avaient toujours pas les moyens de piloter la réponse à la crise.
Selon le rapport, 2013 est une année décisive pour la mise en place d’un nouveau et meilleur modèle de lutte contre la faim par un renforcement de la résilience des populations de la région, leur permettant de résister ou même s’épanouir en dépit des chocs extérieurs comme des sécheresses. Ce rapport ne se contente pas de tirer les leçons immédiates de la crise de 2012 ; il appelle aussi à accroître les investissements dans l’agriculture paysanne, les réserves alimentaires et les programmes de protection sociale, ainsi qu’à intensifier les efforts de prévention et de traitement de la malnutrition.
Oxfam remercie Action Contre la Faim et Save the Children pour leur collaboration à l’élaboration de ce rapport.
http://www.oxfam.org/fr/pressroom/pressrelease/2013-04-16/crise-alimentaire-2012-sahel-reforme-radicale-lutte-faim

12 avr. 2013

Mali : sécuriser, dialoguer et réformer en profondeur

SYNTHESE ET RECOMMANDATIONS
Pour les populations maliennes originaires du Nord, le sentiment d’avoir été « libérées » par l’intervention militaire française déclenchée le 11 janvier 2013 est une réalité. Au Mali, mais aussi en Afrique de l’Ouest et au-delà, cet engagement militaire soudain mais manifestement préparé a recueilli un large soutien. Il était nécessaire pour mettre fin à une offensive des groupes jihadistes que l’armée malienne n’aurait pas pu repousser. La France en a profité pour entreprendre une destruction des forces d’al-Qaeda au Maghreb islamique (AQMI). Alors que des combats continuent sporadiquement au Nord, le Mali va mieux mais les menaces sur la sécurité, la stabilité et la coexistence des différentes communautés restent redoutables. Les autorités de Bamako, les organisations africaines et les Nations unies qui vont déployer une mission de stabilisation doivent s’entendre au plus vite sur une stratégie de sortie de crise qui intègre la sécurisation du territoire, la protection des civils, le dialogue inter-malien inclusif, le redéploiement de l’Etat au Nord et l’organisation d’élections crédibles et non violentes.
Le Mali est entré dans la tourmente au début de l’année 2012 lorsque le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) a entrepris de chasser l’armée malienne du Nord et de revendiquer l’indépendance de cette vaste partie du pays. Produit des années de guerre civile en Algérie, AQMI s’est installée au Nord-Mali depuis une décennie et y a bâti des alliances locales qui ont débouché sur la neutralisation de l’Etat et du MNLA et sur une prise de contrôle du Nord depuis fin juin 2012 par des groupes armés jihadistes, Ançar Eddine et le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO). Les rébellions au Nord et le coup d’Etat du 21 mars 2012 ont mis le pays à genoux. Laborieusement développé par la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cedeao), le projet de déploiement d’une force africaine a été finalement validé, à reculons, par la résolution 2085 du Conseil de sécurité de l’ONU le 20 décembre 2012.
L’offensive des jihadistes vers le centre du pays s’est révélée suicidaire pour ces groupes qui n’avaient pas anticipé la réaction militaire puissante de la France sur la demande du président intérimaire Dioncounda Traoré. L’armée malienne n’a fait que suivre les forces françaises qui ont pris successivement les trois villes importantes du Nord, Gao, Tombouctou et Kidal. Dans la région de Kidal, la plus au Nord, les forces françaises et tchadiennes ont pris pied sans les Maliens, moins pour reconquérir l’intégralité du territoire que pour poursuivre les combattants d’AQMI dans leurs refuges et détruire leurs stocks d’armes, de munitions, d’essence et de vivres. Pour la France, il s’agit bien de « finir le travail », dans le contexte d’une guerre déclarée contre le terrorisme. Sauf qu’il est difficile de savoir à partir de quel moment les capacités des groupes jihadistes auront été suffisamment réduites pour ne pas exposer à des attaques terroristes les populations civiles et les forces de l’actuelle Mission internationale de soutien au Mali sous conduite africaine (Misma).
L’opposition entre solution militaire et solution politique à la crise n’a pas plus de pertinence après l’intervention qu’avant celle-ci. La sécurisation du Nord est loin d’être acquise et l’Etat demeure absent de la région de Kidal, dont le MNLA revendique le contrôle. Ses forces armées restent déstructurées et incapables d’empêcher certains de leurs éléments de commettre de graves exactions contre des civils notamment touareg et arabes accusés indistinctement de collusion avec l’ennemi. L’action militaire au Nord a certes renforcé l’autorité du président mais l’ex-junte conserve une influence et les acteurs politiques civils restent incapables de remobiliser les Maliens autour de la reprise en main de la destinée du pays. Enfin, le gouvernement a annoncé et maintient le mois de juillet pour la tenue de l’élection présidentielle alors que les conditionstechniques, politiques, sécuritaires et psychologiques nécessaires ne seront pas réunies.
Ni une présence prolongée de l’armée française, ni la transformation de la Misma en une mission de stabilisation de l’ONU ne peuvent se substituer à l’immense chantier politique auquel doivent s’attaquer les autorités intérimaires, les acteurs politiques et la société civile. Le temps du dialogue politique à Bamako, du dialogue intercommunautaire au Nord, de la tolérance zéro pour toute exaction des membres des forces de sécurité, du redéploiement de l’Etat au Nord est venu. Il faut organiser rapidement des élections mais pas à n’importe quel prix : le travail de réconciliation doit commencer maintenant, tout comme la fourniture de services sociaux et économiques aux populations du Nord, afin de favoriser un retour progressif des milliers de déplacés et de réfugiés. La radicalisation de l’opinion publique est réelle et il faut une forte volonté politique pour combattre les amalgames entre rebelles, terroristes, narcotrafiquants et Touareg ou Arabes. La campagne électorale risque d’aggraver encore les fractures.
La focalisation sur le terrorisme ne laisse aucune place à un examen dépassionné des vrais problèmes du Nord. Dans la hiérarchie des causes de la crise, la corruption et le laxisme dans la gouvernance viennent loin devant un problème terroriste, touareg ou même Nord-Sud. La communauté internationale doit exiger des Maliens qu’ils prennent leurs responsabilités. La manière la plus raisonnable et réaliste pour l’Etat de reprendre pied partout sur son territoire et d’y maintenir durablement la sécurité est de trouver un compromis avec les représentants des communautés, de donner des raisons aux populations les plus isolées de se sentir concernées par l’Etat et de tenir compte de la vulnérabilité de ces vastes zones frontalières aux mouvements d’armes et à l’émergence de rebelles.
Le défi le plus important et immédiat pour les organisations africaines et l’ONU est d’harmoniser leurs positions sur les modalités du processus politique. Il faut faire comprendre au MNLA qu’il est dans son intérêt de discuter maintenant les modalités de la participation de ses représentants ou sympathisants à un dialogue ouvert sur les vrais problèmes du Nord et de s’engager à renoncer à la lutte armée, et convaincre Bamako de ne pas fermer la porte à toute discussion, même discrète, avec ceux qui se réclament de ce mouvement en multipliant les préalables comme l’exi­gence d’un désarmement immédiat. La Cedeao, l’Union africaine (UA), le Conseil de sécurité de l’ONU, la Mauritanie, l’Algérie, le Niger, le Burkina Faso et la France doivent communiquer le même message aux dirigeants à Bamako et aux responsables du MNLA. Même un tel effort ne résoudra pas tout. Sans de nouveaux mécanismes de sécurité régionale impliquant tous les pays d’Afrique du Nord et de l’Ouest, toute victoire sur le terrorisme, l’extrémisme et le trafic de drogue au Mali ne sera que temporaire.
RECOMMANDATIONS
Pour lancer un processus politique de réconciliation et de retour à la paix
Au gouvernement d’union nationale du Mali :
1.  Afficher fortement et clairement sa volonté d’entamer une politique de réconciliation nationale et de retour à la paix et son ambition de rompre avec les pratiques politiques et administratives responsables de la crise actuelle en :
a) favorisant, sans en monopoliser l’initiative, la tenue de dialogues inclusifs aux niveaux national, régionaux et locaux ;
b) redéployant l’Etat au Nord et en privilégiant, au-delà des forces de police et de gendarmerie, les services publics et la relance économique ;
c) élaborant un plan spécial d’urgence pour le Nord s’inscrivant en rupture explicite avec le passé, notamment en garantissant la transparence dans l’usage des fonds et en se mettant à l’écoute des populations dont le rapport à l’Etat a changé après plusieurs mois d’absence totale de ce dernier ; et
d) soutenant la Commission dialogue et réconciliation (CDR) afin qu’elle élabore aussi vite que possible un plan de travail pour contribuer à l’apaise­ment et à la réconciliation avant les élections.
2.  Se montrer disposé à inclure dans le processus de dialogue les représentants ou sympathisants des groupes qui s’engagent à abandonner la lutte armée, et notamment ceux du MNLA, en acceptant une éventuelle facilitation extérieure et en y associant les représentants des communautés du Nord.
3.  S’assurer que le processus électoral s’inscrive dans une atmosphère de confiance, qu’il s’achève entièrement, y compris les législatives, avant la fin de l’année 2013 et que l’ensemble des Maliens puissent y prendre part, en :
a) créant les conditions de sécurité appropriées pour que tous les électeurs des régions du pays ainsi que les déplacés et les réfugiés puissent voter ;
b) recherchant une solution politique permettant le vote des électeurs de la région de Kidal ; et
c) proposant aux candidats à l’élection présidentielle un engagement solennel à accepter les résultats ou à les contester exclusivement selon les modalités fixées par la loi, à conduire une campagne électorale compatible avec l’objec­tif de réconciliation nationale, à mettre en œuvre en cas de victoire une politique visant cette réconciliation, et à organiser les élections législatives le plus tôt possible, et dans tous les cas, avant la fin 2013.
Aux forces politiques et aux organisations de la société civile malienne :
4.  Prendre une part active dans le processus de réconciliation intercommunautaire et de retour à la paix en participant à l’organisation de dialogues inclusifs aux échelles locales, régionales et nationale ; et en luttant contre l’atmosphère de règlements de comptes et de méfiance.
5.  S’associer pleinement au processus électoral pour donner quelque chance à une transformation future de la gouvernance, et pour cela, contribuer à rendre publiques à travers les médias les informations sur les candidats, leurs partis, leurs programmes et l’origine de leurs ressources financières.
6.  Encourager les autorités à ne pas adopter une approche uniquement sécuritaire et répressive à l’égard des citoyens maliens qui ont adhéré en 2012 à certains groupes armés islamistes, à chercher à comprendre les facteurs d’exclusion économique, sociale et culturelle qui ont pu favoriser la radicalisation islamiste et prendre l’initiative d’un débat public sur la place du religieux dans la société et les leçons à tirer de la crise actuelle.
Au Conseil de sécurité des Nations unies :
7.  Doter la mission de l’ONU d’un mandat fort pour soutenir le processus politique, dans sa double dimension de dialogue et de préparation des élections, en :
a) demandant au futur représentant spécial du secrétaire général de l’ONU au Mali de jouer un rôle de bons offices pour faciliter le dialogue entre les acteurs politiques maliens et les autorités de transition afin de contribuer à une marche apaisée vers les élections ;
b) dotant la mission d’un mandat précis dans le soutien au processus électoral en s’appuyant sur le dispositif d’assistance des Nations unies et en déployant des experts sur tout le territoire bien avant les élections ; et
c) autorisant la mission à se tenir prête à apporter un soutien technique à la CDR.
8.  Doter la mission d’une composante « affaires civiles » importante et adaptée à la nécessité d’accompagner le Mali dans le redéploiement de l’Etat au Nord en accordant une attention toute particulière à la remise en état des institutions judiciaires et de l’administration pénitentiaire et en évaluant rapidement les besoins de renforcement des capacités de l’appareil judiciaire.
Aux acteurs régionaux et internationaux concernés, notamment l’envoyé spécial de l’UA pour le Mali, le médiateur de la Cedeao, les autorités de la Mauritanie, de l’Algérie, du Niger et de la France :
9.  Adopter une position claire et commune pour faciliter l’inclusion des représentants du MNLA dans le dialogue inter-malien en échange de l’engagement du mouvement à renoncer à la lutte armée.
Pour poursuivre la sécurisation du territoire et protéger les populations
Au gouvernement du Mali et à ses forces de défense et de sécurité :
10.  Assurer la sécurité des populations civiles et tout particulièrement des communautés qui pourraient faire l’objet de persécutions pour leur association supposée aux différents groupes armés en :
a) affichant publiquement et fermement que la protection de toutes les communautés maliennes constitue une préoccupation centrale ;
b) renforçant la présence des forces de gendarmerie et de police dans les territoires libérés ; et
c) faisant preuve d’une extrême fermeté à l’encontre des dérives violentes, y compris de la part d’éléments appartenant aux forces maliennes.
11.  Collaborer pleinement avec la mission européenne de formation militaire (EUTM Mali) et s’engager plus largement dans un processus profond de réforme du secteur de la sécurité, y compris les forces de police.
Aux autorités françaises :
12.  Maintenir effectivement des forces capables de réaction rapide sur le territoire malien après le début du retrait graduel des troupes et clarifier les relations que ces forces auront avec la future mission de stabilisation de l’ONU.
13.  Epauler les autorités maliennes et la Misma dans les missions de protection des populations civiles jusqu’au déploiement effectif de la mission de l’ONU.
A la Misma, aux pays contributeurs de troupes et aux donateurs qui ont promis des financements :
14.  Doter aussi rapidement que possible la Misma des moyens financiers nécessaires à l’atteinte de ses effectifs et, sans attendre l’envoi de la mission de l’ONU, permettre le déploiement de toutes ses composantes conformément au concept d’opérations révisé conjoint de la Misma et des forces maliennes.
Au Conseil de sécurité des Nations unies :
15.  Autoriser une mission de stabilisation des Nations unies au Mali dont le mandat et le format seront adaptés aux conditions particulières du pays en résistant à la tentation des réponses standardisées ; et pour cela :
a) maintenir une distinction claire entre, d’une part, la mission de stabilisation de la situation politique et sécuritaire du pays qui relève du mandat des Nations unies et, d’autre part, une « force parallèle » destinée à des opérations offensives dont il faudra clarifier la base juridique et la couverture géographique du mandat ;
b) doter cette mission de moyens spécifiques en matière de collecte et d’analyse de l’information, en lui permettant de bénéficier de l’assistance des pays tiers, notamment la France et les Etats-Unis ;
c) intégrer à la mission une forte composante civile dédiée au suivi de la situation des droits de l’homme et particulièrement à l’observation du comportement des forces maliennes et étrangères à l’égard des populations ; et
d) donner à la mission le mandat d’aider à la mobilisation et à la coordination des ressources affectées à la réforme des forces de défense et de sécurité du Mali.
A la Commission de l’UA, aux Etats du Sahel, d’Afrique de l’Ouest et du Nord, à l’envoyé spécial de l’ONU pour le Sahel et à l’envoyé spécial de l’Union européenne (UE) pour le Sahel :
16.  Prendre l’initiative d’une discussion franche visant à préserver les intérêts sécuritaires régionaux en :
a) élaborant de nouveaux mécanismes de sécurité régionale axés sur le contrôle des flux transnationaux de personnes, d’armes et de produits illicites ; ou en restructurant les mécanismes existants ; et
b) cherchant à donner une nouvelle impulsion économique dans l’espace sahélo-saharien par des projets de développement transnationaux.
Dakar/Bruxelles, 11 avril 2013,http://www.crisisgroup.org/fr/regions/afrique/afrique-de-louest/mali/201-mali-security-dialogue-and-meaningful-reform.aspx

11 avr. 2013

Areva, don de 17 M EUR pour l'agriculture en zone désertique au Niger

Niamey - Le groupe nucléaire français Areva a fait don mercredi au Niger de 11,4 milliards FCFA (17,4 millions d'euros) pour développer l'agriculture dans la zone désertique d'Agadez (nord), où elle exploite depuis plus de 40 ans l'uranium.

L'accord d'aide a été signé à Niamey entre le ministre nigérien du Plan, Amadou Boubacar Cissé et Serge Martinez, représentant d'Areva au Niger. L'aide d'Areva doit servir à financer un programme agricole dans la très fertile vallée de l'Irahzer et la plaine du Tamesna, en plein désert, a expliqué M. Martinez, également directeur général de la Compagnie minière d'Akokan (Cominak), une des deux sociétés d'Areva basées à Arlit (nord).

D'ores et déjà, quelque 2 milliards FCFA (3 millions d'euros) seront injectés dans la première phase de ce programme d'agriculture irriguée sur 5.000 hectares pour une durée de deux ans, a-t-il indiqué. Cette offre d'Areva intervient quelques jours après une manifestation d'étudiants nigériens protestant contre un partenariat "très déséquilibré" dans l'exploitation de l'uranium "au détriment" du Niger.

Le Niger, qui compte parmi les grands producteurs mondiaux d'uranium mais reste l'un des pays les plus pauvres du monde, a critiqué fin 2012 le partenariat historique "très déséquilibré" avec la compagnie et réclamé des retombées plus importantes.

Début mars, Areva a dit avoir offert 35 millions d'euros au Niger pour l'aider à sécuriser ses sites d'uranium, démentant que ce don soit destiné à compenser le retard dans l'exploitation de la mine géante d'Imouraren, repoussée à 2015. Les mines d'uranium d'Areva sont situées dans la région d'Agadez, dans le Nord désertique du Niger, proche du Nord malien où les forces franco-africaines combattent des groupes jihadistes.

Areva, deuxième producteur mondial d'uranium en 2011, exploite ce minerai au Niger depuis plus de 40 ans.   

Angola Press

8 avr. 2013

Le Niger tente de briser le cycle de la faim


NIAMEY, 8 avril 2013 (IRIN) - Le Niger tente d’enrayer les pénuries alimentaires chroniques grâce à un projet ambitieux de transformation agricole, mais le projet devra répondre aux besoins d’une population en pleine expansion qui vit dans un pays désertique et qui doit aussi se protéger contre l’insécurité.

Lorsqu’il est arrivé au pouvoir en 2011, le président Mahamadou Issoufou a déclaré : « Comme en témoignent les dernières élections, notre peuple a conquis la liberté politique. Il lui reste maintenant à s’affranchir de la faim ». Quelque 6,4 millions de Nigériens ont souffert de la faim lors de la crise alimentaire au Sahel en 2011-2012.

Un an après, le gouvernement de M. Issoufou a lancé l’initiative 3N appelée « Les Nigériens nourrissent les Nigériens », une stratégie globale touchant l’alimentation, l’environnement, l’énergie et la transformation industrielle, et dont le coût de la phase initiale 2012-2015 est estimé à deux milliards de dollars.

Les organisations humanitaires présentes au Niger soulignent que l’approche proactive prise par le nouveau gouvernement vise à combattre aussi bien l’insécurité alimentaire que la malnutrition, la présentant comme un exemple pour d’autres pays du Sahel menacés par la crise.

Le prédécesseur de M. Issoufou, Mamadou Tandja, qui a été renversé par un coup d’État en février 2010, avait été vivement critiqué pour sa gestion des crises alimentaires dans les années 2000. Certaines critiques ont fait état de son refusd’accepter qu’il existait de graves pénuries alimentaires par fierté et à cause de sa profonde méfiance envers les organisations non gouvernementales (ONG).

La sécheresse s’abat au Niger tous les deux ans. Même pendant une bonne année, une partie de la population reste vulnérable. La sécheresse est la principale menace pour l’agriculture dans notre pays. Elle est responsable de 80 pour cent des pertes en termes de production agricole », a affirmé Amadou Allahoury Diallo, haut-commissaire à l’initiative 3N.

Une tâche gigantesque

Seul 12 pour cent du territoire nigérien est cultivable. Mais avec un taux de croissance de 3,3 pour cent, la poussée démographique du pays compte parmi les plus rapides du monde. La population a doublé de 1988 à 2010, passant de sept millions à 15 millions de personnes, selon les statistiques officielles. Seul un pour cent du territoire (à l’extrême ouest) reçoit plus de 600 mm de pluie par an.

« La production des 3-4 mois de la saison des pluies est ce qui nourrit la population pour les 12 mois de l’année. Cela doit changer », a déclaré à IRIN M. Diallo. « Quatre-vingts pour cent de la population dépend de l’agriculture. Nous n’avons pas d’autre choix que de développer l’agriculture ».

Certains observateurs affirment qu’il sera impossible pour le Niger d’atteindre la sécurité alimentaire à cause de la rudesse du climat, de la pauvreté et de la pression démographique. La liste des objectifs de l’initiative 3N comprend l’adoption de la technologie moderne, la fourniture de graines de meilleure qualité aux agriculteurs, ainsi que des équipements pour améliorer le financement agricole et la gestion du marché.

Le dernier projet n’est pas sans précédent ; les gouvernements nigériens avaient déjà élaboré des stratégies d’autosuffisance par le passé. Cependant, M. Diallo a avancé que la ferme volonté politique du gouvernement de M. Issoufou, de même qu’une meilleure coordination gouvernementale, fait que l’initiative 3N se distingue des stratégies passées.

« Avant, la sécurité alimentaire était plus le fer de lance des partenaires au développement que du parti au pouvoir, et chaque ministère travaillait avec des partenaires différents. Il n’y avait pas de commandement centralisé », a-t-il souligné.

Le Niger est passé de l’état de producteur de nourriture en quantité suffisante, et même d’exportateur de céréales dans les années 1960, à un état de pénuries chroniques dues aux sécheresses récurrentes de plus en plus rapprochées au cours des dix dernières années.

Les invasions de criquets, l’instabilité des prix alimentaires et l’instabilité politique ont aussi contribué à l’insécurité alimentaire dans le pays. Au Niger, comme dans la plupart des régions du Sahel, les prix des céréales de base se situent au-dessus de la moyenne établie sur cinq ans. Le prix du millet, l’aliment de base des foyers nigériens, se situe à 30 pour cent au-dessus de la moyenne établie sur cinq ans, selon le Réseau des systèmes d’alerte précoce contre la famine(FEWSNET) qui attribue la cause de cette augmentation à la forte demande de la part des institutions et des autres acheteurs privés.

« De bonnes récoltes ne signifient pas forcément une sécurité alimentaire. Il y a la question de l’accessibilité. Les familles pauvres réservent la plus grande part de leurs revenus à l’achat de la nourriture et, quand les prix augmentent, cela a un impact terrible », a déclaré Wim Fransen, le chef de bureau de l’Office d’aide humanitaire de la Commission européenne (ECHO) au Niger.

« Il devrait y avoir une diversification et une amélioration de la production alimentaire, de la gestion des ressources naturelles, notamment de l’eau, ainsi qu’une amélioration du système de marché pour une meilleure distribution de la nourriture », a déclaré Vincenzo Galastro, directeur de programme du Fonds international de développement agricole (FIDA) pour l’Afrique occidentale et centrale.

« Le gouvernement nigérien a fait de la sécurité alimentaire une de ses priorités. Nous pensons que c’est une avancée très positive », a-t-il ajouté.

Durabilité

Néanmoins, le Niger a également dû faire face à la crise qui a touché le Mali voisin en envoyant des troupes dans le cadre d’une force de stabilisation d’Afrique de l’ouest et en renforçant la sécurité intérieure, des mesures qui ont des répercussions économiques sur sa stratégie de sécurité alimentaire.

« Le gouvernement a promis d’utiliser la plupart des ressources provenant des [recettes] de l’uranium et du pétrole pour financer le secteur agricole. Malheureusement, le Niger est aussi en proie à des problèmes d’insécurité dus à la guerre au Mali qui mobilisent certaines de ces ressources pour la sécurité », a déclaré M. Diallo. « L’insécurité et la sécurité alimentaire sont les deux grandes priorités du gouvernement ».

À l’instar des stratégies précédentes au Mali, l’initiative 3N pourrait seulement durer tant que le régime qui l’a créée est au pouvoir, mais M. Diallo a affirmé que le gouvernement travaillait sur une législation pour protéger les objectifs d’autosuffisance des changements politiques.

« Nous allons élaborer une politique agricole qui sera adoptée sous forme de loi afin qu’elle soit appliquée même après un changement de gouvernement”, a-t-il expliqué.

Le représentant de l’Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) au Niger, Aboubakar Doualé Waïss, a affirmé que la sécurité alimentaire était un problème incontournable pour tous les gouvernements au Sahel, ce qui signifiait que la participation de M. Issoufou à l’initiative 3N ne devait pas limiter le programme à la durée de son mandat.

« Il doit y avoir une forte mobilisation au plus haut niveau du gouvernement. En outre, c’est l’une des politiques pour lesquelles le président a été élu. Il est normal qu’elle soit au cœur de sa stratégie », a déclaré à IRIN M. Waïs.

« Nous sommes convaincus que ce programme continuera quel que soit le nom qu’il lui sera donné. Dans tous les pays du Sahel, la question de la sécurité alimentaire est cruciale. Quels que soient les dirigeants qui accèdent au pouvoir, la sécurité alimentaire et nutritionnelle fera partie des problèmes qu’ils auront à résoudre ».

ob/rz-fc/amz 
[Cet article ne reflète pas nécessairement les vues des Nations Unies]
Source: IRIN

4 avr. 2013

Tombouctou : MSF appelle toutes les parties au conflit à respecter le sort des civils et à faciliter l’accès aux structures de santé.

Après les affrontements meurtriers de samedi 30 et dimanche 31 mars survenus à Tombouctou, les équipes MSF présentes dans l’hôpital de la ville ont pris en charge 21 blessés dont 11 civils. Deux civils figurent également parmi les trois patients décédés après leur admission à l’hôpital de Tombouctou.D’après des informations que l’équipe de MSF n’est pas en mesure de recouper, d’autres victimes auraient succombé à leurs blessures en raison de l’impossibilité due aux combats d’accéder aux structures de santé. Alors que les affrontements se poursuivent par intermittence entre militaires et groupes armés, et que la peur dissuade les habitants de circuler en ville, MSF demande à tous les belligérants de respecter le sort des civils et de leur faciliter l’accès aux hôpitaux et aux structures de santé.
Depuis plus d’un an à Tombouctou, les équipes de MSF soignent et opèrent des patients et des blessés en provenance de toutes les parties au conflit. Ces derniers mois, MSF a admis chaque semaine une quarantaine de patients et pratiqué en moyenne une quinzaine d’interventions chirurgicales à l’hôpital de Tombouctou.
MSF intervient depuis plus d’un an dans la région de Tombouctou. Les équipes de MSF prennent en charge des malades et des blessés dans l’hôpital de la ville. MSF mène également des activités de lutte contre la malnutrition et le paludisme dans les centres de santé de quatre districts, ainsi qu’à l’hôpital de Niafounké. Pour répondre aux conséquences du conflit au nord du pays, MSF intervient par ailleurs à Gao, Ansongo, Douentza, Konna et Boré, ainsi qu’auprès des réfugiés maliens en Mauritanie, au Niger et au Burkina Faso.
Enfin, MSF mène des activités pédiatriques depuis 2009 dans l’hôpital et dans 5 aires de santé du district de Koutiala, au sud du pays.

http://www.tixup.com/agences-de-presse/27708-tombouctou-msf-appelle-toutes-les-parties-au-conflit-respecter-le-sort-des-civils-et-faciliter-laccs-aux-structures-de-sant.html

1 avr. 2013

Mali : Human Rights Watch dénonce les sévices infligés aux Touaregs

Par Abderrahim Bourkia - 29/03/2013 11:04 dans International / 1 commentaire
Le gouvernement devrait enquêter de manière impartiale sur ces accusations


« Mener des enquêtes et poursuivre en justice, dans le respect des normes internationales en matière d’équité des procès, les membres des forces de sécurité malienne impliqués dans les tortures et dans les autres exactions ». Telle est la recommandation de Human Rights Watch (HRW) au gouvernement malien après les affirmations selon lesquelles des soldats ont torturé sept personnes soupçonnées d’être des membres de groupes armés à Léré, à proximité de Tombouctou. Les sept hommes, qui portaient tous sur le corps des traces visibles de torture, ont affirmé à HRW avoir été battus à coup de poing et de pied, brûlés et soumis à des injections forcées d’une substance corrosive ainsi qu’à des menaces de mort, alors qu’ils étaient détenus par l’armée entre le 15 février et le 4 mars 2013. L’un d’eux a affirmé avoir subi une torture avec de l’eau comparable à la technique du « simulacre de noyade » (waterboarding).


Les tortures et autres sévices infligés à ces hommes leur ont occasionné des blessures durables, a indiqué Human Rights Watch. L’un d’eux a perdu l’usage d’un œil après avoir reçu un coup de crosse de fusil au visage et un autre est devenu partiellement sourd du fait de nombreux coups de pied à la tête. Deux des hommes ont décrit comment ils avaient été brutalisés jusqu’à perdre connaissance, ce qui a entraîné chez l’un d’eux des vomissements sanglants et des saignements de nez. Un autre a affirmé avoir eu l’épaule brisée ou disloquée après avoir été violemment projeté au sol alors qu’il était ligoté, tandis qu’un autre a eu au moins une côte cassée. La plupart ont été ligotés, poignets et chevilles attachés derrière le dos, pendant des heures, parfois pendant plus de douze heures d’affilée. Tous avaient des cicatrices aux poignets causées par ces liens serrés et deux d’entre eux avaient perdu motricité et sensations dans un bras ou dans les deux, ce qui fait craindre la possibilité que des nerfs soient endommagés.

Il semble que les soldats aient infligé des tortures à ces hommes pour les punir de leur soutien présumé aux groupes islamistes armés, a relevé HRW. Bien qu’ils n’aient pas été soumis à des interrogatoires formels pendant leur détention par l’armée, les sept hommes ont indiqué avoir parfois été interrogés de manière informelle sur leurs prétendus rapports avec les groupes armés, y compris alors qu’ils étaient maltraités. Le 5 mars, les sept hommes ont été emmenés de Léré à Markala, à 265 kilomètres de distance, où ils ont été photographiés avec des fusils d’assaut Kalachnikov, des munitions, des motos et d’autres prétendues preuves de leur association avec les groupes armés. Les sept hommes ont nié une telle association et affirmé que les armes et les autres équipements ne leur appartenaient pas. « Le recours à la torture par des soldats qui ont précisément pour mandat de restaurer la sécurité dans le nord du Mali ne peut qu’aggraver une situation déjà difficile », a déclaré Corinne Dufka, chercheuse senior sur l’Afrique de l’Ouest à HRW. Et de poursuivre : « Le gouvernement malien devrait enquêter rapidement et de manière impartiale sur ces accusations et sur d’autres allégations d’exactions, sous peine de se retrouver dans une situation où son armée échapperait à tout contrôle et où les tensions intercommunautaires s’aggraveraient ». Les sept détenus, appartenant tous à l’ethnie touarègue et âgés de 21 à 66 ans, ont affirmé que les soldats les avaient arrêtés à proximité du marché aux bestiaux de Léré, où ils s’étaient rendus, venant de leurs villages, pour vendre des vaches. Deux d’entre eux ont été arrêtés alors qu’ils se cachaient dans une maison proche du marché.

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29 mars 2013

Environ 3.000 migrants nigériens détenus en Libye, selon Niamey

AFP ,28/03/2013 à 08:07    
« Nous avons aujourd’hui près de 3.000 Nigériens qui sont détenus dans des prisons et des lieux de détention en Libye et dont la seule faute était d’être entrés en Libye sans autorisation », a affirmé Boubacar Yayé, secrétaire permanent du Haut conseil des Nigériens à l’étranger (HCNE), qui dépend du ministère des Affaires étrangères.
« Ces migrants n’ont pas commis d’infractions pénales, mais leur faute était d’avoir franchi la frontière de la Libye sans autorisation, et on les a pris pour les jeter en prison », a-t-il indiqué sur la télévision privée Labari à Niamey.
Une mission gouvernementale nigérienne se trouve actuellement en Libye « pour faire le point » de la situation des Nigériens détenus dans ce pays, a-t-il précisé.
En décembre 2012, la Libye a annoncé la fermeture de ses frontières avec ses voisins du Sud, dont le Niger, pour des raisons de sécurité.
« Malgré cette fermeture, les gens continuent d’aller en Libye », a déploré M. Yayé.
Les autorités nigériennes ont plusieurs fois appelé les candidats à l’émigration à choisir d’autres pays africains que la Libye, en raison des problèmes de sécurité hérités du conflit qui a abouti à la chute du régime libyen de Mouammar Kadhafi, tué en octobre 2011.
Quelque 4.000 migrants clandestins ouest-africains entrent en Libye chaque mois en passant par Agadez, la grande ville du nord du Niger, d’après les autorités de cette région.
Après un accord signé en juin 2010 entre Niamey et Tripoli, des centaines de Nigériens qui étaient détenus en Libye avaient alors été rapatriés.
Des milliers de Nigériens vivent en Libye, où ils travaillent souvent comme ouvriers sur des chantiers ou comme domestiques.
AFP ,http://www.medi1.com/infos/actualite/actualite.php?idinf=43172

Entretien avec Romaric Adekambi, co-fondateur de Agone Drone, sur la vulgarisation de l’usage des drones au Bénin

Romaric Adekambi est le co-fondateur de Agone Drone, une agence de location de drones pour les professionnels du secteur audiovisuel. Avec ...