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28 mai 2013

« La résilience à la sécheresse passe par l’information et l’autonomisation des collectivités locales »

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

GENÈVE, 22 mai (Stratégie internationale de prévention des catastrophes des Nations Unies) –Les participants à la quatrième session de la Plate-forme mondiale pour la réduction des risques de catastrophe ont débattu, ce matin, au cours d’une séance plénière, au Centre international de conférences Genève, de la question de l’activité des collectivités, considérée comme la pierre angulaire des nations résilientes.  Mme Ann Akwango, Directrice des programmes du Development Network of Indigenous Voluntary Associations (DENIVA) de l’Ouganda, a animé cette séance.

Il est important de renforcer la résilience des communautés face aux catastrophes qui interviennent au quotidien car, ont fait remarquer les intervenants, ces catastrophes ont des conséquences dévastatrices sur la vie des populations.  Les médias assurent une faible couverture à ces évènements naturels et les autorités de nombreux pays consacrent des ressources limitées pour les prévenir.  Pour sa part, la Directrice et fondatrice de la communauté des travailleurs de santé de Shibuye (Kenya), Mme Violet Shivutse, a regretté que les donateurs n’accordent pas la priorité à l’action des collectivités, qui est pourtant efficace.  La quatrième session de la Plate-forme devrait formuler des recommandations afin de garantir la pérennité des initiatives locales, a-t-elle estimé.
Responsable de la Sakhi Federation (Inde), Mme Godavari Dange, a souligné l’importance des initiatives prises par les femmes en Inde pour prévenir, au sein de leurs communautés, la contamination de l’eau résultant de changements climatiques.  La Présidente de l’Union des coopératives des femmes Las Brumas (Nicaragua), Mme Haydee Rodriguez, a fait observer que la participation des femmes à la vie publique municipale avait augmenté grâce à un programme qui consacre 5% du budget à des programmes de formation et d’intégration.  Pour le représentant de la Fondation internationale pour les peuples du Pacifique Sud –FSPI- (Fidji), M. Jiuta Korovulavula, le cadre d’action post-2015 devrait encourager les gouvernements à intégrer toutes les catégories de personnes vulnérables aux efforts de réduction des risques de catastrophe.

Le mécanisme d’alerte précoce mis en place dans la région de Sarapiqui, au Costa Rica, a assuré la Coordonnatrice du Comité communautaire d’urgence de Puerto Viejo (Costa Rica), Mme Jacqueline Araya Montero, a permis de mieux préparer la population aux risques d’une catastrophe en assurant la formation appropriée des différents personnels concernés, en organisant une solide coordination avec les autorités locales ou nationales et en assistant les personnes touchées.  Le Secrétaire adjoint à la protection civile de l’État Rio de Janeiro (Brésil), M. Marcio Moura Motta, a indiqué que la ville de Rio de Janeiro et toute la région, grâce à des mesures préventives bien ciblées, avait réussi à réduire l’impact des inondations de 2010, qui avaient causé la mort de plusieurs dizaines de personnes.

Les communautés jouent un rôle important en matière de prévention des risques de catastrophe, car souvent les catastrophes naturelles, causées par les changements climatiques, se produisent dans des régions qu’elles connaissent très bien.  C’est pourquoi, il faudrait recourir aux connaissances traditionnelles, a recommandé M. Alex Byarugaba, qui est membre du Parlement, dans le district d’Isingiro, en Ouganda.  Pour la Ministre de la protection civile de la Nouvelle-Zélande, Mme Nikki Kaye, la rapidité avec laquelle un pays se remet d’une catastrophe naturelle dépend de la capacité des collectivités à y faire face.  Elle a estimé que les populations devraient être sensibilisées à ces risques à la fois à travers les médias traditionnels et les réseaux sociaux.

Cette séance plénière est immédiatement suivie d’un évènement spécial intitulé « Résilience à la sécheresse face aux changements climatiques », en salle 2, niveau 0 du CIGC.

RÉSILIENCES DES COLLECTIVITÉS: LA PIERRE ANGULAIRE DE NATIONS RÉSILIENTES

Déclarations

Mme ANN AKWANGO, Directrice des programmes du Development Network of Indigenous Voluntary Associations (DENIVA) de l’Ouganda, a rappelé la philosophie africaine du travail collectif pour le bien commun, dans le respect des perspectives de chacun, une philosophie qui, a-t-elle précisé, s’applique aussi à l’action face aux catastrophes.  Il est important de construire la résilience des communautés pour faire face aux catastrophes qui interviennent au quotidien, et qui ont un impact très grave sur le bien-être des populations.  Ce sont malheureusement celles dont la presse parle peu et pour lesquelles la mobilisation des ressources reste limitée.  C’est pourquoi, a-t-elle souligné, le futur cadre d’action qui remplacera celui de Hyogo devrait refléter cette réalité.

La mobilité et la capacité d’organisation des communautés sont essentielles pour la réduction des risques de catastrophe, a-t-elle dit, en précisant que ces communautés peuvent trouver des solutions originales aux problèmes qui se posent à elles.  Il est ainsi utile de coordonner les programmes nationaux avec connaissances traditionnelles des communautés.  Il faudrait renforcer les capacités au niveau des communautés locales, qui en manquent cruellement mais qui sont les plus à même de faire face aux fléaux qui les frappent.  Il faudrait aussi associer tous les secteurs concernés pour parvenir à la résilience des communautés, a estimé Mme Akwango.  Elle a fait observer que les mécanismes visant à renforcer les partenariats entre le secteur public, national et local, et le secteur privé font, pour l’instant, défaut en Ouganda.

Mme GODAVARI DANGE, Directrice de la SakhiFederation, en Inde, a décrit la grave sécheresse qui frappe la communauté agricole en Inde, causant la pauvreté et contraignant les populations à fuir leur région et, parfois, leur pays.  Les changements climatiques menacent les ressources hydriques dont disposent les communautés, a-t-elle alerté.  Les femmes au sein de ces communautés se sont d’abord organisées pour s’entraider et subvenir aux besoins de leurs familles.  Elles ont ensuite étendu leur action à d’autres communautés confrontées à des difficultés similaires au niveau de l’État du Maharastra.  Pour ce faire, elles ont créé des partenariats solides avec les pouvoirs publics et le secteur privé, notamment une société d’énergie avec laquelle elles développent des projets industriels à petite échelle dans le domaine de l’éclairage, a précisé Mme Dange.  Certaines femmes se sont formées aux techniques agricoles, d’autres à l’administration et à la gestion de projets.  Six cents personnes sont responsables de la diffusion d’informations importantes, notamment météorologiques, a-t-elle ajouté.  Le futur cadre d’action pour l’après-2015, a-t-elle demandé, devrait permettre de débloquer des fonds pour l’action locale et encourager l’action des groupes de femmes à ce niveau.

M. JIUTA KOROVULAVULA, de la Fondation internationale pour les peuples du Pacifique Sud (FSPI), à Fidji, a présenté les mesures prises par les collectivités de son pays.  Les organisations non gouvernementales concernées ont créé des groupes de travail thématiques sur la reconstruction, l’alerte précoce ou encore la gestion communautaire des catastrophes.  Des comités communautaires représentant toute la population ont pour rôle d’établir une évaluation des dégâts en cas de catastrophe, en lien avec les autorités du pays.  Une organisation non gouvernementale travaille à l’intégration des personnes handicapées aux activités de préparation aux catastrophes, a assuré M. Korovulavula.  Les organisations concernées constatent que la coopération régionale et internationale doit s’appuyer, d’abord, sur l’action des collectivités.  Le cadre d’action pour l’après-2015 devrait encourager les gouvernements à intégrer toutes les catégories de personnes vulnérables aux efforts de réduction des risques de catastrophe.

Mme HAYDEE RODRIGUEZ, Présidente de l’Union des coopératives Las Brumas, au Nicaragua, a indiqué que sa coopérative travaillait activement à la réduction des risques de catastrophe naturelle, notamment en association avec le Centre de coordination pour la prévention des catastrophes naturelles en Amérique centrale (CEPREDENAC).  Elle a cité des projets qui visent à évaluer l’état des sols en vue de prévenir des glissements de terrain.  La prévention des catastrophes et les mécanismes d’alerte précoce permettent de limiter les impacts des changements climatiques.  Elle a noté que la participation des femmes à la vie publique s’était accrue, grâce à un programme municipal qui consacre 5% du budget de la ville à des programmes publics pour la formation et l’intégration des femmes.  Les femmes doivent travailler de concert avec les autorités locales pour faire avancer leur cause, a-t-elle dit avant de conclure.

Mme JACQUELINE ARAYA MONTERO, Coordonnatrice du Comité communautaire d’urgence de Puerto Viejo et promotrice sociale des systèmes ruraux d’approvisionnement en eau à Sarapiqui, au Costa Rica, a décrit le mécanisme d’alerte précoce mis en place dans la région de Sarapiqui.  Il a pour objectif de former les personnes concernées, d’organiser la coordination avec les autorités concernées et d’aider les personnes touchées par des catastrophes, a-t-elle précisé.  Il a également pour objectif de développer une culture de réaction rapide aux catastrophes et de donner plus de pouvoir aux collectivités locales qui y participent, a-t-elle ajouté.  La prochaine étape, a-t-elle indiqué, est le partage d’expériences entre les communautés afin de développer l’influence positive de cette expérience innovante.

M. ALEX BYARUGABA, Membre du Parlement, district d’Isingiro, en Ouganda, a rappelé que les catastrophes ont des conséquences disproportionnées sur les femmes, les enfants et les groupes les plus vulnérables.  Les communautés locales jouent un rôle important dans la planification des mesures de préparation aux catastrophes, au plus près des terrains qu’elles connaissent le mieux.  Dans ce contexte, les autorités doivent, notamment, apprendre à utiliser, préserver et transmettre les connaissances des anciens; et développer les systèmes de financement et d’assurance au niveau local.  Les élus doivent, pour leur part, s’exprimer au nom des populations menacées par les catastrophes, appuyer les activités locales, mieux cibler l’utilisation des ressources, assurer le suivi de l’action du pouvoir exécutif et encourager les activités de formation.

Mme NIKKI KAYE, Ministre de la protection civile de la Nouvelle-Zélande, a assuré que lors du tremblement de terre de Christchurch, en 2011, la mobilisation des communautés locales avait permis de réduire l’impact négatif de la catastrophe, qui avait causé cependant des dommages équivalents à 20% du PIB.  En Nouvelle-Zélande, les autorités locales ont de larges responsabilités en matière de protection civile, a-t-elle dit.  La responsabilité individuelle et l’ « autogestion » en sont les deux principes fondamentaux.  Après le séisme de Christchurch, toute la population a fait preuve d’un engagement spontané, s’est-elle félicitée.  La Ministre a ajouté que la rapidité avec laquelle le redressement a été assuré dépendait aussi des capacités des collectivités.  L’implication de l’ensemble de la population et, en particulier des jeunes, est primordiale pour réduire, à l’avenir, les risques de catastrophe.  À cet égard, la Ministre a estimé que la mobilisation de la population à la fois à travers les médias traditionnels et les réseaux sociaux était une piste à explorer.

M. MARCIO MOURA MOTTA, Secrétaire adjoint à la protection civile de l’État de Rio de Janeiro, Brésil, a fait état d’une grave crise résultant des importantes inondations qui avaient affecté la ville de Rio et toute la région, causant plusieurs dizaines de morts.  À la suite de cette catastrophe, les autorités avaient procédé à une cartographie des zones à risque et installé des postes d’alerte.  Depuis cette date, elles organisent régulièrement des exercices d’évacuation.  Les écoles primaires dispensent un enseignement pratique pour préparer les élèves à mieux réagir en cas d’inondations et de glissements de terrain.

Débat interactif

Au cours de la discussion animée par M. ANDREW BIDNELL, d’InsideOut Consultant Compagny, au Royaume-Uni, plusieurs intervenants ont souligné que le partage d’informations était essentiel.  Mme Araya Montero, du Costa Rica, a rappelé que son pays ne disposait pas d’armée.  C’est pourquoi, la société civile doit réagir rapidement en cas de catastrophe.  Le système de protection est fondé sur l’implication des citoyens vivant dans des zones à risque et sur le renforcement des collectivités locales.  Ces deux conditions doivent être prises en compte dans le nouveau cadre d’action pour la période post-2015.

Un autre intervenant s’est interrogé sur la possibilité d’ériger les catastrophes en violations des droits de l’homme.  Les plus démunis sont les plus susceptibles de souffrir des effets des catastrophes, a fait rappeler un participant.  Par ailleurs, une représentante du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) au Niger a estimé qu’il faudrait prendre en compte non seulement les bonnes pratiques, mais également les mauvaises pratiques afin d’établir une meilleure évaluation de la situation et de mieux cibler les mesures à prendre.  Le partage d’expériences permet d’éviter à d’autres de commettre les erreurs qui avaient été constatées ailleurs.

Répondant à une question d’une représentante de la Banque mondiale, le membre du Parlement de l’ougandais a souligné que l’implication des communautés locales signifie qu’elles doivent s’approprier les politiques et programmes de réduction des risques.  La participation active des collectivités est donc une nécessité fondamentale, a-t-il dit.

En réponse à une autre question, la Ministre de la protection civile de la Nouvelle-Zélande s’est dite convaincue que la science et la recherche, notamment en matière sismique, sont vitales pour mieux organiser la réponse aux catastrophes.  La Présidente de l’Union des coopératives Las Brumas, pour sa part, a évoqué les leçons apprises au Nicaragua à la suite des souffrances et des dégâts causés par les catastrophes.  Les organisations de femmes ont noué un véritable dialogue avec les autorités du pays en matière de réduction des risques de catastrophe.

Mme VIOLET SHIVUTSE, Directrice et fondatrice de la communauté des travailleurs de santé de Shibuye, du Kenya, a estimé que l’organisation communautaire constituait un outil très puissant, tout en notant que les donateurs ne lui accordent pas la priorité.  Les organisations de femmes, en particulier, réalisent un excellent travail, a-t-elle assuré.  Les partenariats « du bas vers le haut » sont particulièrement efficaces, car ils permettent d’informer les pouvoirs publics sur ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas.  Le cadre d’action post-2015 devrait prendre en compte les réalisations faites au niveau régional.  Le partenariat permet aux citoyens d’être entendus car, a-t-elle rappelé, ils sont les premières victimes des catastrophes.  Elle a souligné que la quatrième session de la Plate-forme mondiale pour la réduction des risques de catastrophe devrait formuler des recommandations afin de garantir la durabilité des initiatives locales.  Pour réaliser les objectifs de réduction des risques de catastrophe et de développement durable, « il faudrait passer des projets isolés aux programmes durables », a-t-elle insisté.  Au cours d’une récente réunion entre communautés locales, il est apparu que la planification devait être assurée par les collectivités et non pas par une autorité centrale.  « Il faut penser globalement mais agir localement », a-t-elle dit avant de conclure.
http://www.un.org/News/fr-press/docs/2013/IHA1318.doc.htm

26 mai 2013

La boucle du Niger dans « la plus grande France »

LE MONDE | 24.05.2013 à 12h40- Hubert Bonin (professeur d’histoire économique à Sciences Po Bordeaux et à l’UMR GRETHA – université Montesquieu-Bordeaux-IV)

L'intervention de la France au Mali pour repousser les forces islamistes n'est que l'illustration la plus récente de son intérêt politique et économique pour la région.
La boucle du Niger séduit les états-majors parisiens depuis plus d’un siècle, l’actualité la plus récente en est une illustration. Si à l’origine des intérêts économiques « impérialistes » inspirent le mouvement militaire, les enjeux géopolitiques dominent, avec « la course à l’Afrique » : dans le sillage du congrès de Berlin (1885), expéditions des géographes et des militaires dessinent la carte des empires français, britannique, belge et allemand.
Parmi les royaumes autochtones a émergé celui de Samory, avec quelques dizaines de milliers de soldats plus ou moins organisés et armés. Entre 1886 et 1889, depuis le Sénégal, le général Gallieni (1849-1916) conquiert le Fouta-Djalon et la Guinée, puis se porte vers le Niger : Bamako (1883) et le Soudan français (Mali), colonie en 1892 ; c’est un succès du parti colonial, qui fédère hommes politiques, hommes d’affaires et cercles de hauts gradés. Samory Touré et 25 000 soldats résistent entre 1892 et 1895 ; après une progression à sauts de puce en 1895-1897, des colonnes attaquent Samory Touré dans les montagnes des Dioulas ; sa sortie dans la savane permet de le capturer en septembre 1898.
Ainsi pacifiée, la boucle du Niger devient un enjeu économique pour le Comité de l’Afrique française créé en 1890 et l’Afrique occidentale française instituée en 1895. Un accord signé en 1898 entre la France et le Royaume-Uni institue une vaste zone de libre-échange dans l’espace du Niger, du Nigeria et de la Côte d’Ivoire, jusqu’en 1936.
 OFFENSIVE ÉCONOMIQUE
Les maisons de commerce rivalisent : CFAO, SCOA, des dizaines de sociétés individuelles et Le Niger français, la filiale d’un groupe anglais (UAC puis Unilever), installent leurs « factoreries » puis des succursales sur les places d’échanges. Depuis le chemin de fer Dakar-Bamako-Koulikoro à l’ouest (650 km construits par l’armée en territoire malien en 1888-1904) ou par les pistes, les besoins des administrations, des troupes, des colons, des entreprises ou des autochtones dotés d’un pouvoir d’achat suffisant sont satisfaits par ces courants d’importations minimes : le Mali n’est pas « central » dans l’économie ultramarine française !
L’offensive économique prend une autre dimension, utopique ! « La plus grande France », suivant l’idéologie des années 1920-1930, lance un programme de mise en valeur systématique. L’espace de la savane peul et touareg reçoit comme mission de développer son élevage, ce qui conduit à l’installation de stations vétérinaires et à l’arrivée de conseillers : modernisé, il exporte des cuirs et des peaux vers la métropole. Surtout, du Tchad et de la Centrafrique au Mali, on construit un empire du coton français, afin d’alléger la dépendance vis-à-vis des Etats-Unis ou de l’Egypte.
Un rêve surgit en 1920 : faire de la Haute-Volta et surtout du Haut-Niger un eldorado, de Bamako à Tombouctou, sur un million d’hectares. Des barrages (Sansanding- Markala, construit de 1934 à 1945, large de 1 813 mètres), des lacs de retenue, des canaux d’alimentation, des réseaux d’irrigation, des écluses de régulation, des digues, des fermes produisant du coton, du riz, de la canne à sucre et des produits vivriers sont prévus par un immense programme, qu’on identifie à l’ingénieur hydraulicien Emile Bélime (1883-1969), responsable de l’Office du Niger créé en 1932, qu’il dirige jusqu’en 1944. On mobilise des dizaines de milliers de Noirs dans les savanes de l’est, surtout dans le cadre du paiement en nature de l’impôt individuel ou familial, du travail forcé, ou grâce à des campagnes auprès de volontaires, surtout dans le pays mossi.
COOPÉRATION
De la Guinée à Ségou et, plus en aval, entre Mopti et Tombouctou, se multiplient les zones irriguées, le long du fleuve, avec des sociétés privées ; 6 000 colons s’installent autour de Bamako et du canal de la Sotuba. Au milieu, entre Sansanding et Mopti, le « delta central nigérien » (des marigots correspondant à d’anciens lits du Niger) devient un territoire de colonisation publique. Des dizaines de milliers de Noirs pourraient s’y implanter et devenir des colons agricoles, en reproduisant le modèle de la « France des petits paysans », ce qui conduit à l’installation de 5 000 colons en 1944, qui sont 42 000 en 1961. La réalité de « l’or blanc » cotonnier est sombre : beaucoup de Noirs retournent chez eux, car le travail est dur, le paludisme règne, les ressources vivrières manquent.
Les travaux se déploient dans les années 1930, reprennent après la guerre avec l’argent du plan Marshall et du Fonds d’investissement pour le développement économique et social (Fides). Des fermes de petits paysans et des fermes mécanisées avec des salariés se côtoient. On réduit la voilure à 180 000 puis 100 000 hectares et, en 1960, seuls 35 000 hectares sont en culture… Nombre d’entreprises privées françaises (BTP, fabricants d’équipements, de ciment, puis de camions et tracteurs) sont associées au processus. Plus à l’ouest (Kita) et au sud (de Fana à Sikasso), le monde du coton-graine brille.
A l’indépendance, on repart sur de nouvelles bases : coopération avec la France et l’Europe, mais aussi avec la Chine (pour des usines textiles) et l’URSS, économie socialisante pendant vingt ans (hors zone franc jusqu’en 1967), sociétés d’Etat pour le commerce extérieur (Somiex) et pour la mise en valeur agricole. La Compagnie française pour le développement des fibres textiles (1949) est le partenaire technique de l’Office du Niger (10 000 paysans en régie, 30 000 en fermage) au sein d’une « Françafrique » de coopération, en direct puis par la société mixte Compagnie malienne des textiles (1974), d’où le bond des exportations de coton (41 000 tonnes en 1975).
LIBÉRALISATION
Le Mali est entraîné par le mouvement de libéralisation et de privatisation prônées par la Banque mondiale dans les années 1990. Les réseaux d’irrigation se détériorent faute d’entretien de la part d’un secteur public mal géré. Hors des structures étatiques, nombre de Maliens assimilent une sorte d’esprit d’entreprise agricole et marchand ; ils s’approprient l’irrigation à modeste échelle ; le riz l’emporte sur le coton dans la boucle du Niger, et des cultures vivrières, comme le maraîchage, les oignons se développent, ce qui alimente les circuits des marchands Diaoula.
Loin des schémas planificateurs, « le progrès » se diffuse de façon large et discrète, avec 630 000 exploitations familiales et une forte filière coton (600 000 tonnes en 2006). Cette prospérité (relative) explique le rebond de la CFAO (seule survivante), qui s’est recyclée dans le négoce technique (véhicules, équipements) et la percée de sociétés de commerce privées. Si le Mali connaît des taux de croissance élevés, il n’est pas une chasse gardée des intérêts économiques français.
Hubert Bonin (professeur d’histoire économique à Sciences Po Bordeaux et à l’UMR GRETHA – université Montesquieu-Bordeaux-IV),http://abonnes.lemonde.fr/economie/article/2013/05/24/la-boucle-du-niger-dans-la-plus-grande-france_3416887_3234.html


Chronologie

1815 Congrès de Vienne : le domaine colonial français se réduit à la Martinique, la Guadeloupe, la Réunion, Saint-Pierre et Miquelon, la Guyane, les cinq comptoirs de l’Inde, Saint-Louis et Gorée (Sénégal).
1854-1865 Le général Faidherbe nommé gouverneur de Saint-Louis du Sénégal en 1854 (comptoir fondé en 1659) établit la France au Sénégal.
26 février 1885 La Conférence de Berlin partage l’Afrique entre puissances européennes.
1894 Création du ministère des colonies.
16 juin 1895 Création de l’Afrique occidentale française (AOF) sous la direction d’un gouverneur général.
29 septembre 1898 Samory Touré qui avait conquis un vaste territoire dans la boucle du Niger est capturé par le capitaine Gouraud et meurt en 1900.
15 janvier 1910 Création de l’Afrique équatoriale française (AEF).
30 janvier-5 mars 1944 Conférence de Brazzaville. De Gaulle annonce la représentation des peuples coloniaux au Parlement. Création d’Assemblées locales.
Janvier 1959 La Fédération du Mali formée des anciens territoires français du Sénégal et du Soudan ne tient que quelques mois.
1960 Togo, Mali, Congo belge, Madagascar, Dahomey, Niger, Haute-Volta, Côte d’Ivoire, Tchad, République Centrafricaine, Congo, Gabon, Sénégal, Mauritanie accèdent successivement à l’indépendance.

11 mai 2013

Mali: le MNLA, il existe ou il n'existe pas?


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L'eurodéputé François Alfonsi (EELV), avec à sa gauche le vice-président du MNLA Mahmadou Djéri Maïga, et le porteparole du mouvement Moussa Ag Assarid (H. H. )
L'eurodéputé François Alfonsi (EELV), avec à sa gauche le vice-président du MNLA Mahmadou Djéri Maïga, et le porteparole du mouvement Moussa Ag Assarid (H. H. )

Le MNLA, qui participe à la libération du Mali aux côtés de la France et des armées africaines, reste un mouvement à l'image brouillée.


Dans les évènements qui ballotent le nord du Mali, le rôle du MNLA (Mouvement national de libération de l'Azawad), cette milice et parti rebelles composée essentiellement mais non uniquement de Touaregs, reste la grande inconnueLe mouvement lui-même voudrait une négociation directe avec le pouvoir - quel pouvoir? - à Bamako. D'égal à égal, en tant qu'incarnation de la volonté populaire des "Azawadiens", comme disent leurs quelques représentants officiels à Paris.
Vu de Bamako, dans la confusion des partis et des ambitions, le MNLA est le gros méchant loup, le groupe par qui tout le mal est venu. Début 2012, il a mis les troupes maliennes en déroute à Aguelhok. (Le monstrueux épisode des soldats maliens éventrés devra attendre une éventuelle enquête pour dire si vraiment des éléments du MNLA ont commis ce crime).

Pour les militaires, MNLA = Ansar Dine = MUJAO

Mais en plus de l'esprit de revanche militaire à Bamako, il y a une idée fixe: les gens du MNLA, ce sont les mêmes qu'Ansar Dine, et que ceux du MUJAO (Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique occidentale). AQMI est différent: des étrangers, djihadistes dont les épisodes de contrebandes et d'enlèvements financent leur cause.
Dans cette logique, tous les groupes hors AQMI sont  des narco-contrebandiers. Parfois Ansar Dine et le MUAJO singent al-Qaïda, avec des jeunes désœuvrés que les chefs mafieux transforment en zombies violentes. Une histoire de faux nez, de mascarade, de cynisme, de manipulation. Le MNLA et les autres groupes voudraient accroître leurs gains, leurs pillages, leurs rapines, et se transmuent sans cesse.
 Toujours vu du point de vue des Maliens classiques - c'est-à-dire tous les sudistes et une partie des nordistes, comme à Gao et à Tombouctou - le MNLA dispose de porteparoles divers et incohérents à Paris et à Nouakchott, qui ne représentent qu'eux-mêmes. Au moins un ministre français est de cet avis. Le gouvernement français, selon ces "classiques", a bien fait d'envoyer notre armée attaquer les rebelles du nord, et ne doit pas donner de légitmité au MNLA.

Les dirigeants français respectent néanmoins le MNLA

Quand on parle aux porteparoles militaires, le MNLA n'est jamais mentionné comme tel. J'ai posé jeudi 2 mai une question par liaison Internet publique au Général commandant des opérations terrestres de Serval, Bernard Barrera. Lui disait que les forces françaises sont en contact avec les éléments touaregs dans le nord, sans nommer le MNLA (pourtant explicitement nommée dans ma question).
Le contraste est saisissant cependant entre la branche en uniforme et le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, en costume civil et qui parfois use d'une clarté de langage rafraîchissante. Voici une déclaration du ministre, toujours ce 2 mai (à la 3e personne car lue par le porteparole du ministère de la défense): Jean-Yves Le Drian a dit qu'il faut veiller "à ne pas laisser de 'vide sécuritaire' au Mali et il a rappélé l'importance du  processus de réconciliation, notmment celle du dialogue entr le pouvoir [malien à Bamako] et le MNLA ds ce pays."
Eh oui, Le Drian a dit "MNLA"!

Réaction du MNLA à Paris:

Moussa Ag Assarid, directeur des relations avec l'Europe et l'un des porteparoles, m'a fait un rappel des faits vus par lui, toujours en ce jeudi 2 mai:
– le 14 janvier (deux jours après le début de Serval), le MNLA a annoncé qu'il collaborerait avec les forces françaises  contre le terrorisme.
– le MNLA a perdu plusieurs dizaines d'hommes: à Gao, Ansango, Menaka, d'autres endroits. À Kidal, le MNLA avait deux camps militaires: il en a cédé l'un à l'État-major français, l'autre aux forces tchadiennes.
Ag Assarid de poursuivre: "Nous n'avons pas la pleine reconnaissance de nos actions dans la lutte contre le terrorisme. Le MNLA a assuré un versant dans l'avancée des Français et des Tchadiens dans le Massif des Ifoghas. MNLA est le protecteur naturel et légitime des populations de l'Azawad. Le MNLA se veut multiethnique, touareg et songhaï et autres ethnies du nord. Jean-Yves Le Drian connait bien le problème à présent, et sait que nous sommes ceux avec qui il faut négocier vraiment."
Je signale en passant que par terroristes, le MNLA désigne AQMI, le MUJAO, et parfois Ansar Dine. Ce dernier, presque entièrement touareg, est composé de brebis égarées et manipulées par leur chef djihadistes Iyad Ag Aghaly selon le MNLA. Le passage des éléments du MNLA à Ansar Dine, et vice-versa, est constaté sur le terrain, par la presse, l'armée française, l'armée malienne, et dans une moindre mesure par le MNLA lui-même.

Conclusion: il vaut mieux parler du MNLA, en attendant de parler au MNLA

Lorsque le ministère de la défense et l'État-major gomment la mention du MNLA dans leurs déclarations, et lorsque les Maliens "classiques" dénigrant le MNLA à Bamako, l'importance de cette rébellion qui se veut "révolution d'un peuple, celui de l'Azawad", s'accroît.
Le déni ou le dénigrement de l'ennemi dans les luttes internes est une tactique de guerre psychologique très connue. Rappelons au hasard les cas du Timor oriental versus l'Indonésie, le Sahara occidental versus le Maroc, ETA versus l'Espagne. Ça se termine par la victoire de l'un ou de l'autre, ou par un match nul, mais le seul fait de jouer avec les mots ne produit pas la victoire. Par contre cela crée bien de la confusion.
Harold Hyman 
Le 09/05/2013 à 11:46
SourceBfm.tv

2 mai 2013

Au Sahel, des outils pour anticiper les famines

Olivier Tallès , La Croix


Les systèmes d’alerte précoce délivrent des informations précieuses quoique incomplètes sur la situation alimentaire à venir du continent africain
À Keita, au Niger, des femmes luttent contre la désertification en plantant un manguier qui va stabiliser le sol grâce à ses racines.
Au Sahel, les paysans l’appellent la « soudure ». C’est une période d’activité intense, de joie et d’appréhension. La fin de la saison sèche. Le retour espéré de la pluie. La période entre deux récoltes au cours de laquelle les agriculteurs sèment les champs. Les familles les plus pauvres vident leurs greniers, piochent dans leurs économies, se serrent la ceinture. Au Mali, au Niger, au Burkina Faso, au Tchad, en Mauritanie, voire au Sénégal, les centres de soin se préparent à l’accueil de milliers d’enfants aux ventres ballonnés et aux regards vides.
Selon les régions, le nombre de malades grimpera progressivement en mai et juin, atteindra un pic en juillet, se stabilisera le mois suivant, puis décroîtra après la mi-septembre. Les ONG, les bailleurs de fonds et les pays de la région estiment à environ 1,6 million le nombre d’enfants sévèrement malnutris qui auront besoin de soins et d’une nourriture enrichie en vitamines. Pour obtenir ces estimations et préparer la réponse humanitaire, les spécialistes de la nutrition s’appuient sur une batterie d’indicateurs dont les plus connus sont les systèmes d’alerte précoce.
(William Dupuy/Picturetank )
Ces outils statistiques sont gérés directement par les ministères de l’agriculture et le Programme alimentaire mondial, avec plus ou moins d’efficacité selon la volonté politique des États. Les données collectées permettent d’anticiper la sécurité alimentaire des mois à venir. Il s’agit d’estimer avant, pendant et après la récolte la production agricole à travers des prélèvements d’échantillons, puis de la comparer d’une année sur l’autre. Des agents étudient aussi la pluviométrie, la quantité d’eau disponible ou encore d’herbes pour le bétail.
Ces relevés déterminent la disponibilité en céréales ou en viande en fonction de la population. Ils ont été lancés dans les années 1980 après les famines qui ont frappé les pays de la bande sahélienne à la suite de grandes sécheresses. Après avoir fonctionné bon an mal an pendant une vingtaine d’années, ils ont démontré leurs faiblesses lors de la crise alimentaire au Niger. C’était en 2005.
« Les chiffres n’indiquaient pas une chute brutale de la production dans ce pays, alors que des centaines de milliers d’enfants souffraient de malnutrition », rappelle Hélène Berton, coordinatrice d’Echo, le service d’action d’urgence de l’Union européenne.
Il n’y avait pas de pénurie, la nourriture était disponible sur les marchés, mais à des prix inaccessibles pour de nombreuses familles. Cette année-là, une partie de la production locale avait en effet été exportée vers le Nigeria, ce qui avait augmenté les cours des céréales.
« Le monde rural au Sahel s’est transformé en trente ans, poursuit Hélène Berton. Les surfaces cultivables se sont réduites, le nombre d’habitants a augmenté. Le paysan ne peut plus se contenter de consommer ce qu’il produit. Il achète, il s’endette. » Les systèmes d’alerte ont alors intégré des nouveaux indicateurs : les prix des denrées sur les marchés.
En élargissant les données sur l’insécurité alimentaire, les États d’Afrique de l’Ouest et leurs partenaires étrangers dressent des cartes plus précises sur les niveaux de vulnérabilité des ménages. « Mais nous avons beaucoup de mal à appréhender le pouvoir d’achat des familles », précise Étienne du Vachat, chargé du plaidoyer chez Action contre la faim. Les revenus des ménages dans cette partie du monde relèvent en effet du secteur informel. Ils varient parfois du simple au double d’un mois sur l’autre, ce qui les rend difficiles à mettre en équation.
Comment par exemple mesurer l’apport des migrants ? Chaque année, les hommes quittent en masse les campagnes du Niger et du Mali après la récolte. Ils s’exilent dans les villes de Côte d’Ivoire, de Libye, du Nigeria à la recherche d’emplois de manœuvre. Ces travailleurs saisonniers offrent un complément en nature ou en argent souvent décisif.
« En 2011, la guerre en Libye, la crise politique en Côte d’Ivoire, les violences au Nigeria ont privé des milliers de migrants de cet appoint, rappelle Étienne du Vachat. Les conflits ont eu un impact fort sur la crise alimentaire de 2012. »
Les indications des systèmes d’alerte précoce dépendent aussi beaucoup des interprétations des gouvernements locaux. Certains ont tendance à surestimer les besoins à venir pour récolter des fonds. D’autres n’hésitent pas à sous-évaluer une crise par calcul politique. « Une agence telle que le Programme alimentaire mondial (PAM) ne peut pas déclencher l’alarme contre l’avis du gouvernement, observe Cédric Charpentier, en charge des évaluations du PAM pour l’Afrique de l’Ouest. Or, il est très difficile d’avoir des chiffres indiscutables, sur lesquels tout le monde est d’accord. »
Pour mettre fin aux débats interminables, des acteurs de l’aide sont en quête de l’algorithme imparable qui permettrait de calculer trois mois à l’avance combien de pauvres souffriront de la malnutrition, en fonction de la production, des revenus des ménages, de l’indice des prix, de l’état nutritionnel… Des chercheurs mexicains ont déclaré lors d’un colloque récent se rapprocher d’une solution grâce à un ciblage très précis de la population. Mais le Sahel est encore très loin de disposer d’un pareil maillage territorial.
Certains s’interrogent d’ailleurs sur l’utilité de courir après d’hypothétiques systèmes prévisionnels capables de mettre en équation le réel. « Ces outils se transforment in fine en système de rationnement, observe Stéphane Doyon, spécialiste des questions de nutrition chez Médecins sans frontières. À partir des indicateurs, on cible, on trie, on crée des listes d’enfants à soigner qui sont toujours incomplètes et forcément injustes. On définit en somme un seuil de tolérance acceptable. Ce n’est pas un vrai système de prévention. »
À côté des outils de prospective, des voix de plus en plus nombreuses demandent la création de systèmes de protection sociale comme il en existe en Amérique latine ou en Chine. Autrement dit, offrir des revenus aux ménages les plus pauvres en échange de travaux, garantir l’accès à des micronutriments, favoriser les soins gratuits… « C’est le chemin choisi par le gouvernement indien qui a lancé l’an dernier une mobilisation nationale contre la faim », se félicite Stéphane Doyon.
————————
DÉFINITIONS
Sécurité alimentaire. Elle recouvre l’accès matériel et économique à la nourriture en qualité et en quantité suffisantes pour être en bonne santé et mener une vie active. On parle d’insécurité alimentaire en cas d’insuffisance de la disponibilité alimentaire, du pouvoir d’achat ou de problèmes de distribution.
Famine. Elle correspond au niveau 5 du cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire définie par les Nations unies. Ce niveau est atteint notamment lorsque plus de 2 personnes sur 10 000 meurent chaque jour ; que le taux de malnutrition aiguë est au-dessus de 30 % ; qu’il y a moins de 2 100 calories et moins de 4 litres d’eau disponibles par habitant et par jour.
Malnutrition. État pathologique provoqué par la déficience d’un ou plusieurs nutriments. La malnutrition freine le développement de l’enfant, augmente les risques de maladie et peut conduire à la mort.
OLIVIER TALLÈS , http://www.la-croix.com/Ethique/Sciences-Ethique/Sciences/Au-Sahel-des-outils-pour-anticiper-les-famines-2013-04-29-954265


cle Et pourtant, ils avaient prévu la famine en Somalie

28 avr. 2013

Mali : Les arabes et les touaregs … Quel conflit ?


Ali Ould Kabbadi, 70 ans, habitant de Tombouctou
Ali Ould Kabbadi, 70 ans, habitant de Tombouctou

Au moment où des centaines de familles arabes et tamachèques vivent loin de leur pays et croupissent sous des feuilles de plastiques dans des camps de refugiés en Mauritanie, en Algérie au Burkina Faso, sans eau, sans médicaments, sans écoles ;

Au moment où des femmes chefs de ménage, nobles, dignes qui n’ont jamais tendu la main au cours de toute leur vie, se bousculent, transpirent, accouchent dans les rangs devant les hangars du HCR, quémandant une maigre poignée de blé, ou de haricot ;
Au moment où des hommes et des femmes civils arabes et touaregs restés au Pays, subissent les exactions, la mort gratuite et tombent sous les balles de l’armée malienne ;
Au Moment où nos jeunes désœuvrés laissés à eux même, subissent les arrestations arbitraires, l’oisiveté, le poids de l’exode, et de l’exil ;
Au moment où nos enfants meurent par dizaine de suites de paludisme, de malnutrition, de coqueluche dans les camps de refuge, le mauvais sort non content de nous avoir assez trainés des années durant, sur les chemins de la guerre, de l’exil, de la pauvreté, de l’analphabétisme, du retard économique, intellectuel, spirituel, et culturel, nous ouvre pour nous achever, les voies de l’enfer.
Le mauvais sort, nous entraine sur les chemins d’un conflit, cette fois-ci, entre nous mêmes arabes-touaregs (comme si nous étions deux). Nous sommes déjà victimes de nos errements, victimes des frappes de la France, victimes des exactions multiples et injustifiées de l’armée malienne, victimes de la CEDEAO, victimes de l’Orient et de l’Occident, victimes de nos divisions, de nos divergences, de notre orgueil profond, gauche et stupide.
Quel malheur ! Quelle déception ! Quelle tristesse de voir un peuple victime de sa propre histoire ! Quelle tristesse de voir un peuple menacé de disparition, un peuple perdu, pendu sans dirigeants, abandonné de tous, un peuple entrainé vers une guerre inter ethnique.
Voila un peuple malheureux qui subit les assauts conjugués du sort, de la guerre, des famines à répétition, les assauts de la déculturation et du malheur, un peuple victime du racisme, des exactions répétées et continues de ses ennemis.
Ce peuple est menacé de guerre, cette fois-ci, de guerre contre lui-même, contre ses hommes et ses femmes contre ses campements, ses propres enfants ou ce qui en reste. Voila un peuple perdu, condamné à disparaitre à s’évaporer laissant enfin à ses ennemis la joie de goutter à la victoire, le plaisir enfin de prendre sa terre, et d’en jouir à souhait.
Quelle folie, de vouloir nous en prendre à nous-mêmes contre nous-mêmes et par nous mêmes ! Quelle folie de vouloir retourner nos fusils contre nous-mêmes et pourquoi ? Quelle raison, quel argument quel mobile nous pousserait à nous entretuer, à nous suicider collectivement. Qui d’entre nous portera les lauriers de la honteuse victoire d’avoir vaincu son frère, d’avoir assassiné son frère, pour en suite se rendre à l’évidence comme le fils d’Adam qui, par cupidité, tua son frère avant de le regretter ?

Quelle faiblesse nous pousserait à écouter celui-là qui nous dressera les uns contre les autres ? Que nous offrira-t-il comme récompense après le forfait, sinon son mépris ? Quel serait le prix du sang de mon frère versé par arrogance, par égoïsme, par jalousie ?

Mes frères touaregs et arabes de l’Azawad, vous êtes les deux poumons d’un même corps. Vous êtes les deux facettes d’une même pièce. Détrompez-vous. Vous êtes UN et INDIVISIBLES. L’Azawad c’est vous ! Si l’Azawad brûle, il ne brulera que pour vous, et s’il devient un paradis, il le sera pour tous. Détrompez-vous ! Vous êtes liés par le sang, la religion la culture, l’histoire et la géographie. Vous êtes unis par la volonté de Dieu par le fardeau de l’histoire, de la nature impitoyable et implacable dont vous subissez toujours les assauts répétés depuis des siècles. Réfléchissez enfin !
Rien, ni personne ne pourra vous opposer, au point de prendre les armes contre vous-même. Avez-vous pensé un seul instant à vos frères et sœurs, à vos familles qui vivent ensemble, à vos campements qui vivent ensemble dans la peur et l’incertitude. Avez-vous pensé à ces milliers de familles voisines dans l’Azawad et ailleurs, qui partagent les plaisirs du voisinage, du métissage, qui partagent les mêmes terres de transhumance, les mêmes puits, les mêmes villes et villages, les mêmes peines et les mêmes joies ?
Avez-vous pensé un seul instant à la gravité de vos gestes, aux conséquences incalculables d’un conflit sur nos populations azawadiennes déjà fortement secouées par le drame qu’elles subissent depuis des décennies. Avez-vous pensé à la réaction des populations nomades que nous sommes ? Avez-vous pensé un seul instant à la déchirure que provoquera un tel conflit, aux innombrables familles liées par le sang et l’histoire, par le mariage, l’amitié des ancêtres, qui risquent de se séparer par l’escalade de violence.

Un conflit entre vous serait dévastateur, chaotique et signera votre fin à tous, car vous partagez les mêmes terres, les même points d’eau, les même montagnes et les mêmes vallées. Enfin pensez-vous réellement que vous ferez une entité stable les uns sans les autres, même si la France vous le fait croire ? Détrompez-vous ! La France vous lâchera. Les Etats n’ont pas d’amis, ils n’ont que des intérêts.

Je sais que vous n’êtes pas dupes. Vous n’atteindrez pas ce degré de faiblesse pour croire un seul instant que l’un d’entre vous pourra vaincre l’autre, ou s’en débarrasser à moins que vous ne soyez totalement aveuglés par l’ orgueil, et un égoïsme exacerbé.
Nous, populations arabo-berbères de l’Azawad, n’avons pas besoin de conflit. Nous avons assez souffert. Nous avons assez perdu de personnes chères, d’hommes de grande valeur et de biens incalculables. Nous avons assez supporté l’exil, le complexe d’infériorité, le goût amer de la solitude, de la servitude dans des pays où nous sommes encore considérés, après vingt ans de séjour, comme des étrangers. Nous en avons assez de cette situation. De grâce n’en rajoutez pas. Nous sommes déjà des exilés, ne faites pas de nous des paria.
Que représentons-nous même unis, à fortiori divisés ? A qui profite cette zizanie ? Qui tient les ficelles de ce jeu sordide où la seule et unique victime est, et demeure la seule communauté arabo-berbère ? N’avons-nous pas assez des querelles intestines et stériles?
Nous sommes deux communautés qui ont toujours vécu ensemble et partagé tout, des communautés-sœurs qui n’ont jamais considéré que la différence de dialecte constituait un frein ou une barrière quelconque. Des brigands, il y en a partout et de tout temps. Dans tout troupeau, il y a des brebis galeuses. L’instabilité est une réalité dans l’Azawad, un noman’s land abandonné, incontrôlé, mais un conflit inter ethnique aura des conséquences inimaginables qui ne feront qu’aggraver notre situation déjà précaire.
Votre région, mes frères, est l’objet de convoitises multiples à cause des richesses dont elle regorge, et de l’enjeu qu’elle représente. Ouvrez les yeux. Une quelconque division vous affaiblira davantage et vous exposera. Restez unis.
Chers frères touaregs et arabes, votre faiblesse réside dans votre division. Votre ennemi commun préfère vous voir désunis et affaiblis pour choisir le bon moment de vous porter l’estocade finale, le coup de grâce. Aujourd’hui vous constituez une force, Vos divergences constituent des atouts capitalisez-les.
Ne vous faites pas la guerre car vous la perdrez dans tous les cas de figure, et vous perdrez à tout point de vue, aussi bien entre vous-même, que face à votre ennemi commun. Les conséquences d’un conflit inter ethnique dépassent de loin, les causes du conflit lui même.
C’est pourquoi je vous lance cet appel pressant et solennel en mon nom personnel, et cet appel n’engage que ma seule personne. J’en appelle aux responsables que vous êtes, aux frères que vous êtes, et aux cadres conscients et avertis que vous êtes, pour placer l’intérêt de nos deux communautés au dessus de tout. Oubliez vos différences car vous n’en avez pas, et donnez-vous la main. Tous les différends trouvent une solution lorsque l’on accepte de s’asseoir, de s’écouter et de discuter.
J’en appelle à votre bon sens, votre foi en Dieu et aux sentiments patriotiques et solidaires qui vous animent. Mesurez la gravité de la situation. Nous sommes encore des tribus et notre attachement à la tribu est aveugle. En de pareilles circonstances notre réaction est spontanée et dépend fortement de nos liens de parenté. Votre division se répercutera sur nos tribus, sur nos fractions avec tout ce que cela entrainera comme conséquences….désastreuses.
Je souhaite vivement que nos frères des camps de refuge en Algérie, enMauritanie, au Burkina Faso, au Niger constituent des comités de coordination (arabe-tamachèque) et organisent des rencontres intercommunautaires dans les camps, afin de rassurer les familles et barrer le chemin aux oiseaux de mauvais augure.

J’invite les frères arabes et touaregs, de Nouakchott, de l’Algérie, du Burkina Faso à organiser des missions de sensibilisation dans les camps de refugiés afin de calmer les esprits expliquer, rassurer, lever le doute et la suspicion, et rétablir la confiance.

Nos camarades d’ARVRA très engagés dans la défense de nos droits, sont fortement sollicités pour cette noble mission. Que les parents de la Diaspora s’investissent aussi par leurs conseils.
Nos frères webmasters d’Afrique, du Maghreb, de France, de Belgique, deHollande, du Canada et des USA, et tous les amis et proches du facebook sont sollicités. Ils sont invités à calmer les esprits par des commentaires et des contributions constructives. Cet instrument de communication et d’échange est un couteau à double tranchant.
Nous devons nous en servir pour nous rapprocher les uns des autres, pour nous enrichir mutuellement, échanger et partager nos expériences. Nos ulémas et érudits, nos marabouts et nos frères de la Dawa doivent s’investir partout en prêchant la bonne parole, en rappelant aux musulmans que nous sommes le danger de la fitna, et la récompense des bonnes actions.
Je souhaite que cet appel soit entendu et relayé partout. Que ceux des frères et amis, que les bonnes volontés éprises de paix, et qui approuvent et partagent son contenu, le relaient à travers le monde pour qu’ensemble nous puissions tuer dans l’œuf cette menace dangereuse pour nous et pour la stabilité de notre région.
L’heure est grave.
Qu’Allah le Tout Puissant guide nos pas vers la voie de la raison et de la lumière Amen !
Mohamed Ould Moydidi
Mail : jekaniya@yahoo.fr

Communiqué du MNLA suite aux échanges avec la délégation des Nations Unies


Mouvement National de Libération de l’Azawad
°°°°°°°°°
MNLA
Unité – Liberté - Justice


Communiqué du MNLA suite aux échanges avec la délégation des Nations Unies

Suite à l’audience du Dimanche 31 Mars 2013 accordée à Kidal par le Bureau politique du MNLA présidé par son Secrétaire Général à une délégation des Nations Unies, une importante délégation de cette Institution conduite par le Chef du Bureau des Nations Unies au Mali, Monsieur David GRESSLY, est revenue pour s’entretenir avec le MNLA pour aborder les points relatifs à l’amorce du dialogue avec les autorités maliennes de la transition. Cette audience a eu lieu en présence des membres du Conseil Transitoire de l’Etat de l’Azawad (CTEA), organe exécutif du MNLA.
Les points ci-après ont été abordés par les deux parties après des analyses :
1.Dialogue : les deux parties ont convenu de la nécessité du démarrage du dialogue entre le MNLA et les autorités de la transition du Mali.
Le MNLA a rappelé sa disponibilité à négocier avec les autorités maliennes pour avoir une issue politique conforme aux aspirations des populations de l’Azawad. Il a rappelé que ce dialogue nécessite un engagement sincère des autorités maliennes de la transition à travers l’élaboration d’une feuille de route entre elles et le MNLA. Il a rappelé que ce dialogue se ferait dans le cadre du respect de l’intégrité territoriale du Mali, dans lequel l’Azawad constituerait une entité à part entière.
Le MNLA a présenté à la délégation onusienne les préalables pour l’amorce des négociations avec le Mali, notamment l’instauration d’un pacte de non-agression entre le Mali et le MNLA.
La délégation onusienne et le MNLA ont convenu de la nécessité et de l’urgence d’enclencher le processus de négociation à travers une rencontre préliminaire entre les représentants du gouvernement malien et le MNLA pour proposer un accord cadre sous forme d’une feuille de route dans lequel seront définis les préalables et les modalités des négociations. La date et le lieu seront proposés par les Nations unies aux deux parties.
Le MNLA souhaite que ces négociations démarrent sous l’égide de l'ONU et les garanties de la communauté internationale, de la Suisse et des médiateurs de la CEDEAO avec la participation de certains pays pour leur engagement et leur implication dans la recherche d'une solution politique, notamment la Mauritanie, le Maroc, l’Algérie et particulièrement le Tchad pour ses sacrifices déjà consentis sur le territoire de l’Azawad dans le cadre de la lutte contre les narcoterroristes et surtout pour les relations positives que son armée a su acquérir et consolider avec les populations de l’Azawad.
L’engagement et les sacrifices consentis par la France dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, ses efforts et sa démarche politique et diplomatique dans la recherche de solution politique ainsi que son acceptation par les autorités maliennes et surtout par le MNLA qui y place espoir et confiance, justifient le rôle prépondérant de premier rang qu’elle doit jouer dans la recherche d'une solution politique pour le règlement définitif qui oppose l'Azawad au pouvoir central de Bamako depuis plus de 52 ans.
Le MNLA souhaite aussi une plus grande implication des Etats Unis d’Amérique (USA) aux cotés de l’Organisation des Nations Unies, de l’Union africaine, de l’Union Européenne, de l’Organisation de la Coopération Islamique (OCI).
2.L’organisation des élections : la délégation onusienne a fait observer l’importance d’organiser des élections afin de permettre l’instauration de l’ordre constitutionnel et d’un gouvernement légitime au Mali. Le MNLA a estimé que la priorité qui constitue aussi le préalable à ce processus est l’élaboration d’une feuille de route entre les deux parties afin d’amorcer la recherche d’une solution négociée et durable.
Enfin, le MNLA a salué l’initiative de Monsieur David GRESSLY relative à l’ouverture de  bureaux  des Nations Unies dans l’ensemble des régions de l’Azawad.
Enfin, la délégation s’est entretenue successivement avec le coordinateur des chefs de tribus et de fraction de l’Adrar des Iforhas, Monsieur Intalla Ag ATTAHER et les organisations de la société civile de l’Azawad qui ont réitéré leur soutien au MNLA qu'ils déclarent représentant légitime des populations de l’Azawad.

Kidal, le 25 Avril 2013



Pour le MNLA/CTEA,
Mossa Ag Attaher,
Porte parole du MNLA
Chargé de communication du CTEA

Transsaharienne: examen lundi à Alger par le comité de liaison de la réalisation des tronçons nigérien et tchadien

La réunion du Comité de liaison de la route Transsaharienne (CLRT), prévue lundi et mardi à Alger, se penchera notamment sur l’élaboration d’un planning pour le lancement des travaux des sections de cette route au Niger et au Tchad, a-t-on appris samedi auprès du Secrétariat général du Comité. Les représentants des pays traversés par la transsaharienne vont examiner lors de cette rencontre les détails de la mise en chantier des tronçons Arlit-Assamaka (221 km) au Niger, et Ngouri-Frontière du Niger (331 km) au Tchad, et qui seront financés par plusieurs bailleurs de fonds internationaux, a précisé à l’APS M. Mohamed Ayadi, secrétaire général du CLRT.

Il s’agit, a-t-il fait savoir, de la Banque arabe de développement économique en Afrique (BADEA), de la Banque islamique de développement (BID), de la Banque africaine de développement (BAD) du Fonds de l’OPEP, et des Fonds Koweitien, saoudien et d’Abou Dhabi.

Selon M. Ayadi, il sera procédé lors de cette réunion, la 58ème du genre, à l’examen de l’état d’avancement de la Transsaharienne dans les six pays concernés (Algérie, Tunisie, Mali, Niger, Tchad et Nigeria) ainsi qu’à la présentation d’un point de situation sur le tronçon reliant le Tchad et le Nigeria.

Un point de situation sur le tronçon algérien de la Transsaharienne sera également au menu de cette rencontre à laquelle vont assister, outre les responsables des routes au niveau des six pays du CLRT, des représentants de bailleurs de fonds internationaux, africains et arabes et des ambassadeurs des pays desservis par la Transsaharienne accrédités à Alger.

D’une longueur de 2400 km (Alger-Frontières malienne et nigérienne), le tronçon algérien de la Transsaharienne est entièrement revêtu et aura ''une forte contribution à la création de l’attractivité et la compétitivité pour les wilayas du sud et les zones transfrontalières'', souligne-t-on au CLRT.

Environ 200 milliards de DA (près de 3 milliards de dollars) ont été consacrés par l’Algérie au parachèvement et au développement de la Transsaharienne traversant son territoire entre 2005- et 2014, rappelle-t-on.

http://www.letempsdz.com

27 avr. 2013

La pénurie alimentaire menace 20 millions de Sahéliens

Vingt millions de personnes vivant au Sahel, dont 4,3 millions au Mali, connaissent une situation alimentaire «grave», a affirmé mercredi à Nouakchott le président de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR).
«Quelque 20 millions de personnes dans tout le Sahel font encore face à des pénuries (alimentaires) graves» a dit le président de la FICR, le Japonais Tadateru Konoé, à l’ouverture d’une réunion du Groupe Sahel plus.
Cette structure regroupe les sociétés nationales de Croix-Rouge et Croissant Rouge de dix pays sahéliens : Burkina Faso, Cap-Vert, Gambie, Guinée, Guinée-Bissau, Mali, Mauritanie, Niger, Sénégal et Tchad.
M. Konoé a estimé que parmi ces personnes en situation alimentaire difficile, figurent 4,3 millions de Maliens, incluant des réfugiés et déplacés internes, qui «ont besoin d’une assistance alimentaire en raison du conflit prolongé».
Le DG d'ECHO, Claus Sorensen, visite un centre... (PHOTO BOUREIMA HAMA, AFP)
Le DG d’ECHO, Claus Sorensen, visite un centre mis sur pied pour venir en aide aux enfants souffrant de malnutrition à Tibiri, dans le sud-est du Niger, le 18 avril.
Une coalition internationale dirigée par la France intervient au Mali depuis plus de trois mois et a quasiment chassé du nord de ce pays les islamistes armés liés à Al-Qaïda qui ont occupé cette région en 2012.
Selon le président de la FICR, l’état de santé de «bien de communautés au Sahel est compromis par la fragilité des infrastructures et des systèmes de santé dans beaucoup de pays» au moment où «le risque d’épidémies est accru par la mauvaise qualité de l’eau et des systèmes d’assainissement, la malnutrition et le manque de personnel de santé».
La réunion du Groupe Sahel plus, qui prend fin jeudi, doit examiner «les défis humanitaires dans la zone sahélienne et les différents programmes et projets pour y faire face», a précisé le porte-parole de M. Konoé, Moustapha Diallo.
Le Sahel avait déjà connu une crise alimentaire en 2010-12. La semaine dernière, un responsable de la Commission européenne chargée de l’aide humanitaire et de la protection civile (ECHO) avait déclaré que plus de 10 millions de personnes étaient menacées de pénurie alimentaire en 2013 dans neuf pays d’Afrique de l’Ouest et Centrale, du Sénégal au Tchad.
http://www.lapresse.ca/international/afrique/201304/24/01-4644110-la-penurie-alimentaire-menace-20-millions-de-saheliens.php

25 avr. 2013

Vote à l’ONU pour le déploiement de casques bleus au Mali

Le Conseil de sécurité de l’ONU doit adopter, ce jeudi 25 avril, une résolution qui autorise le déploiement de 13 000 casques bleus censés prendre le relais de la Misma, la mission ouest-africaine au Mali. Des casques bleus qui auront pour mission de ramener la paix dans les villes du Nord, en empêchant notamment le retour des groupes islamistes.
Le Conseil de sécurité de l'ONU.
Le Conseil de sécurité de l’ONU.
RFI/ Karim Lebhour
Avec notre correspondant à New York, Karim Lebhour
Le vote du Conseil de sécurité marque la prise en main de la crise malienne par l’ONU. Si le calendrier est respecté, au 1er juillet, les forces françaises passeront officiellement le relais aux casques bleus.
Les 12 600 hommes de la Minusma auront pour mission de stabiliser les villes du nord du Mali et d’empêcher le retour des groupes islamistes. Pas question de missions de combats, ni d’opérations de contre-terrorisme. En cas de coup dur, la résolution autorise l’armée française à intervenir. Un bataillon de réserve composé de soldats tchadiens sera également mis en place. Un soutien jugé essentiel à l’ONU, car les casques bleus arrivent au Mali en terrain inconnu avec le risque de faire face à des attaques terroristes.
L’autre inconnue est le climat politique. Le Conseil de sécurité demande un dialogue sérieux entre Bamako et les populations du Nord. C’est l’absence de processus politique juge-t-on à l’ONU, qui est aujourd’hui le plus gros problème du Mali.
Quid du MNLA?
Or justement, le gouvernement malien affiche sa détermination à organiser l’élection présidentielle, dont le premier tour devrait se tenir le 7 juillet. Certains sont sceptiques. A Bamako, le président de la commission électorale estime que le délai n’est pas tenable. Et qu’en sera-t-il dans les zones du pays contrôlées par le Mouvement national de libération de l’Azawad? Pour Mahamadou Djéri Maïga, le vice-président du mouvement qui est en visite en France, il n’est pas question d’organiser des élections avant l’instauration d’un dialogue avec Bamako.
« Les conditions, explique-t-il, c’est que le gouvernement malien accepte de nous rencontrer, qu’on fasse un accord-cadre et que dans celui-ci on dise quel sera le statut pour l’Azawad, qu’on crée les conditions de sécurité qui peuvent permettre aux Azawadiens réfugiés de retourner tranquillement chez eux (…). On a dit à l’armée française de ne pas se retirer tant qu’il n’y a pas de solution négociée entre le MNLA et le Mali. »


L’insécurité persiste dans la ville de Ber
Les combattants arabes du Mouvement arabe de l’Azawad (MAA) ont quitté la ville de Ber mais leurs quatorze pick-up armés sont toujours positionnés aux abords de la ville. « Nous surveillons les entrées, nous empêchons ceux qui pillent et ceux qui frappent d’entrer », explique leur chef Mohamed el-Maouloud Ramadan, qui cite les combattants touaregs du MNLA, mais pas seulement, et demande aux militaires maliens et à leurs alliés de venir sécuriser la ville.
Les forces armées présentes à Tombouctou confirment que la zone est investie par des coupeurs de route, et envisagent de se rendre dans la ville de Ber, mais ne donnent aucune précision. Les avions français ont survolé la ville à plusieurs reprises. Par ailleurs, le fils du marabout de cette localité, un Touareg, a été enlevé par un groupe d’Arabes qui ne se réclament pas du MAA, mais exigent une rançon.
Le chef du mouvement des Arabes de l’Azawad dit enquêter sur la possible implication de ses hommes, tout en évoquant un règlement de compte et en démentant la demande de rançon. Les forces de sécurité maliennes parlent également de règlement de compte, mais confirment elles la demande d’une rançon fixée à 80 millions de francs CFA.
La famille de l’otage affirme ne pas pouvoir payer. A Ber, la situation est calme mais précaire.
RFI
http://www.rfi.fr/afrique/20130425-vote-onu-casques-bleus-mali-new-york-islamistes-conseil-s%C3%A9curite-bamako-

Niger : Bulletin humanitaire numéro 15, 17 avril 2013

Report
from UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs
FAITS SAILLANTS
  • Le Niger n’aurait pas enregistré de cas de fièvre jaune depuis au moins deux décennies.
  • Les programmes de protection des vulnérables dans les camps de réfugiés et dans les centres de nutrition sont sans ressources.
  • Les déplacés de Niamey peuvent envisager de reconstruire leurs habitations.
UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs:
To learn more about OCHA’s activities, please visit http://unocha.org/.

19 avr. 2013

Internet et haine raciale

ARVRA Association des réfugiés et victimes
L’internet est un fabuleux outil d’échange, d’expression et de communication. Cependant, de plus en plus fréquemment certains internautes utilisent la Toile pour répandre des opinions, des propos ou des commentaires injurieux, diffamants ou incitants à la haine raciale.
Nous envisagerons successivement :
- Les fondements légaux (1) ;
- La frontière entre la libre critique ou la liberté d’expression et les propos racistes (2) ;
- La responsabilité des sites Internet en matière de diffamation raciale et de provocation à la haine raciale sur internet (3) ;
- L’action des associations chargées de combattre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie (4).
1) Les fondements légaux
La loi sur la liberté de la presse du 29 juillet 1881 qui définie la diffamation, l’injure et l’incitation à la haine raciale est applicable à internet. La loi du 29 juillet 1881 a été complétée par des lois successives afin de réprimer tout acte raciste, antisémite ou xénophobe.
Le délit de diffamation raciale est défini par les articles 29 et 32 al.2 de la loi sur la liberté de la presse comme :
« toute allégation ou imputation d’un fait qui porte atteinte à l’honneur ou à la considération de la personne ou du corps auquel le fait est imputé commise envers une personne ou un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée sera punie d’un an d’emprisonnement et de 45000 euros d’amende ou de l’une de ces deux peines seulement ».
Le délit d’injure raciste est défini par les articles 29 al.2 et 33 al.3 de la loi sur la liberté de la presse comme :
« toute expression outrageante, termes de mépris ou invective qui ne renferme l’imputation d’aucun fait … envers une personne ou un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée »
Sur les « injure et diffamation sur Internet », lire http://www.legavox.fr/blog/maitre-anthony-bem/injure-diffamation-publique-819.htm
Le délit d’incitation à la haine raciale est défini par l’article 24 alinéa 8 de la loi sur la liberté de la presse :
« Ceux qui, par l’un des moyens énoncés à l’article 23, auront provoqué à la discrimination, à la haine ou à la violence à l’égard d’une personne ou d’un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée, seront punis d’un emprisonnement d’un an et d’une amende de 45.000 € ou de l’une de ces deux peines seulement. »
S’agissant du négationnisme et de la contestation des crimes contre l’humanité, outre l’article 32 al.2 précité de la loi sur la liberté de la presse, l’article 24 bis de cette loi dispose que :
« Seront punis … ceux qui auront contesté … l’existence d’un ou plusieurs crimes contre l’humanité tels qu’ils sont définis par l’article 6 du statut du tribunal militaire international annexé à l’accord de Londres du 8 août 1945 et qui ont été commis soit par les membres d’une organisation déclarée criminelle en application de l’article 9 dudit statut, soit par une personne reconnue coupable de tels crimes par une juridiction française ou internationale. »
Par ailleurs, le 17 juin 2004, lors du Sommet de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), a été adoptée la Charte d’éthique et de civilité commune aux usagers de l’internet qui préconise d’instaurer un dialogue entre peuples et cultures différents, ce qui implique naturellement l’absence de propos racistes.
L’article 1er de cette Charte énonce le principe de non discrimination qui est complété par l’article 6 aux termes duquel :
« Le numérique ne doit pas être un vecteur de discrimination, d’incitation à la haine, ou d’actes attentatoires à l’intégrité et à la dignité de la personne humaine. »
Enfin, il convient de souligner que la prescription de l’action publique est de un an pour ces délits de presse à caractère racial et non plus de trois mois comme les autres infractions de presse.

2) La frontière entre la libre critique ou la liberté d’expression et les propos racistes
La frontière entre la critique et les propos racistes n’est pas toujours aisée à délimiter.
La France se distingue d’autres pays en ce que le régime de la liberté d’expression est un régime répressif.
Au contraire, aux Etats-Unis, le premier amendement implique une liberté d’expression extrêmement large et garante de la démocratie.
En France, la notion de « société démocratique » est au contraire employée comme limite à la liberté d’expression, cette liberté étant une « restriction nécessaire dans une société démocratique ».
La chambre criminelle de la cour de cassation a eu l’occasion de juger, le 12 avril 2005, sur le fondement des dispositions de l’article 24 alinéa 8 de la loi sur la liberté de la presse du 29 juillet 1881 précitées, que la liberté d’expression trouve ses limites lorsque les propos «suscitent un sentiment d’hostilité ou de rejet envers un groupe de personnes déterminées ».
L’appréciation du « sentiment d’hostilité ou de rejet envers un groupe de personnes déterminées » relève donc d’une analyse par les juges et au par cas.
A titre de bon exemple de l’appréciation faite par les juges, je vous livre celle présente dans le jugement rendu par la 17e chambre correctionnelle du tribunal de grande instance de Paris, le 4 juin 2010, condamnant Monsieur le Ministre de l’intérieur, Brice Hortefeux, pour injure raciale :
« La vidéo diffusée par la chaîne Public Sénat établit à l’évidence qu’en s’exclamant “Ah mais ça ne va pas du tout, alors, il ne correspond pas du tout au prototype alors. C’est pas du tout ça”, Brice Hortefeux réplique à une militante qui venait de préciser que le jeune Amine, dont il avait été précédemment indiqué qu’il parlait arabe, était catholique, mangeait du cochon et buvait de la bière.
L’emploi du mot “prototype” appliqué à une personne – en l’espèce le jeune militant de l’UMP dont le groupe qui entoure Brice Hortefeux souligne l’origine arabe supposée-, déjà malheureux et incongru en lui-même, laisse entendre que tous les Arabes de France seraient semblables, nécessairement musulmans et qu’ils se conformeraient tous aux prescriptions de l’Islam, seul le jeune Amine faisant exception.
Le propos peut surprendre par la généralisation à laquelle il procède et choquer, au regard du principe républicain de laïcité, par l’assignation qu’il opère entre un groupe de personnes défini par leur origine et telle religion ou telles pratiques religieuses déterminées, supposées constituer un élément d’identification du groupe en tant que tel et, nécessairement quoique implicitement, de différenciation de ce groupe du reste de la communauté nationale.
De nature à flatter le préjugé ou à favoriser les idées reçues, il est à tous égards contestable. Mais il ne saurait être regardé comme outrageant ou traduisant du mépris à l’égard des personnes d’origine arabe, auxquelles seule une pratique religieuse, de libre exercice, est imputée, le serait-elle abusivement ou inexactement.
S’agissant du second propos reproché, il n’est pas douteux, en dépit des premiers éléments d’explication qui ont pu être donnés tant par Brice Hortefeux que par le jeune militant de l’UMP, Amine B…, le premier ayant un temps soutenu qu’il évoquait les Auvergnats, le second que seuls les photographes de presse étaient visés, que la phrase “Quand il y en a un ça va. C’est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes” se rapporte aux personnes d’origine arabe.
L’enregistrement de Public Sénat est sans ambiguïté sur ce point : l’échange provoqué par l’initiative du jeune Amine qui souhaite poser pour une photo aux côtés du ministre suscite depuis quelques instants les exclamations du groupe qui hèle son prénom, précise qu’il parle arabe, qu’il n’est pas comme les autres, jusqu’à ce qu’une militante s’adressant à Brice Hortefeux lui glisse la phrase “C’est notre… c’est notre petit arabe”, laquelle suscite aussitôt la réplique du ministre, qui ne se rapporte à rien d’autre.
L’affirmation ainsi proférée, sous une forme lapidaire qui lui confère un caractère d’aphorisme, est incontestablement outrageante, sinon méprisante, pour les personnes concernées, qui -à la différence du propos précédent- ne se voient pas seulement exclusivement définies par leur origine, indépendamment de ce que postule le libre arbitre ou de ce qui fait une individualité, la singularité d’un parcours, les qualités ou les défauts d’un caractère, mais sont présentées comme facteur de “problèmes”, soit négativement, du seul fait de leur origine, laquelle révélerait une essence commune dans les limites de laquelle il conviendrait de les enfermer.
Ainsi exprimé, le propos ne se réfère à aucun fait précis, il souligne sinon une menace, du moins une difficulté ou une préoccupation d’ordre général, en ne l’imputant à rien d’autre qu’à l’origine réelle ou supposée des personnes, et à leur nombre.
Il est punissable aux termes de la loi, dès lors qu’il vise indistinctement un groupe de personnes non autrement identifiées que par un des éléments énoncés par l’article 33, alinéas 3 ou 4, de la loi du 29 juillet 1881 : origine, appartenance ou non appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée, ou encore sexe, orientation sexuelle, handicap. Il le serait, sous cette forme (“Quand il y en a un ça va. C’est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes”), pour tout autre groupe de personnes défini par un quelconque des critères, énoncés par la loi, de détermination du groupe des personnes à protéger (les juifs, les noirs, les catholiques, les femmes, les homosexuels, les non-voyants, etc.). Il l’est, en l’espèce, pour toutes les personnes d’origine arabe… »

3) La responsabilité des sites Internet en matière de diffamation raciale et de provocation à la haine raciale sur internet
L’article 6-I.7, al 3 de la  LCEN dispose que :
« Compte tenu de l’intérêt général attaché à la répression de l’apologie des crimes contre l’humanité, de l’incitation à la haine raciale ainsi que de la pornographie enfantine, de l’incitation à la violence ainsi que des atteintes à la dignité humaine, les personnes mentionnées ci-dessus doivent concourir à la lutte contre la diffusion des infractions visées aux cinquième et huitième alinéas de l’article 24 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse et aux articles 227-23 et 227-24 du code pénal. »
La LCEN impose donc aux sites Internet la mise en place de mécanismes adaptés pour lutter contre la discrimination raciale et l’incitation à la haine raciale, ainsi que d’autres infractions d’une particulière gravité qui portent atteinte à la dignité de la personne humaine.
Cependant, la LCEN considère que les sites hébergeurs de contenus n’ont pas une obligation générale de surveillance des contenus hébergés sur leurs sites, blog, forum etc … (ordonnance de référé du Tribunal de Grande Instance de Paris du 29 octobre 2007 ; Ordonnance de référé du Tribunal de Grande Instance de Paris du 18 février 2002 ; Cour d’appel de Versailles du 12 décembre 2007)
Le statut d’hébergeur de contenus sur internet est avantageux puisqu’il conditionne de manière particulière la mise en jeu de la responsabilité des sites web considérés comme hébergeurs (« laresponsabilité des éditeurs et des hébergeurs de contenus sur l’internet« ).
En tout état de cause, les auteurs des propos illicites mettent automatiquement en jeu leur responsabilité pénale du fait de leur mise en ligne, et ce, indépendament du type de site internet sur lequel ils sont diffusés.
4) L’action des associations chargées de combattre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie
Comme dans le cadre des Affaires Hortefeux, Dieudonné, etc … au titre de la lutte contre le racisme, les associations dont le but est de combattre le racisme ou d’assister les victimes de discrimination fondée sur leur origine nationale, ethnique, raciale ou religieuse telles que la Ligue Internationale Contre le Racisme et l’Antisémitisme (LICRA); le Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié des Peuples (MRAP); SOS RACISME; Ligue des Droits de l’Homme (LDH) interviennent fréquemment pour lutter contre les atteintes à la liberté d’expression, les injures raciales et les incitations à la haine raciale en se constituant partie civile lorsqu’une de ces infractions est commise.
L’article 2-1 du Code de procédure pénale prévoit que lorsque l’infraction est commise individuellement envers une personne, l’association ne sera recevable à agir qu’en cas d’accord de la personne intéressée.
Enfin, il convient de souligner que le 12 octobre 2010, la chambre criminelle de la cour de cassation a posé le principe que les associations sont recevables à agir et se constituer partie civile, par voie d’intervention, en matière d’infractions de presse (Cass. Crim., 12 oct. 2010, n° 10-80.825) - Sur cet arrêt, lire:  »Provocation à la haine et racisme sur Internet : constitution de partie civile des associations« ).
Ce principe vient modifier le principe jurisprudentiel antérieur selon lequel la constitution de partie civile ne peut se faire que par voie d’action et non d’intervention, autrement dit les associations devaient nécessairement se trouver à l’origine des poursuites pour pouvoir se constituer partie civile et elles ne pouvaient se greffer sur les poursuites du parquet (Cass. Crim., 10 mai 2006, Bull. crim. no 125 ; Cass. Crim., 12 novembre 2008, n°08-81.269).
Conséquemment à cet arrêt, les associations pourront intervenir beaucoup plus souvent dans les procédures pénales initiées par le parquet sur le fondement de la loi sur la liberté de la presse du 29 juillet 1881.

ARVRA Association des réfugiés et victimes

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