Les Etats du Sahel appellent à un cessez-le-feu au Mali

Selon les spécialistes, un accord de paix dans le nord du Mali pourrait contraindre al-Qaida à renoncer à ses opérations dans l’Azaouad.
Les affrontements violents entre les rebelles touaregs et l’armée malienne se sont poursuivis ce jeudi 1er mars, alors que les Etats du Sahel se sont associés à la France pour demander aux deux parties de parvenir à un cessez-le-feu.

Les derniers heurts ont eu lieu dans la ville malienne de Tessalit, le long de la frontière avec l’Algérie. Selon des responsables militaires interrogés par l’AFP, le contrôle de la ville était l’enjeu de cette bataille.

Celle-ci intervient alors que la France, rejointe en cela par les Etats du Sahel, demande instamment la fin des violences avant l’échéance du 29 avril, jour de l’élection présidentielle au Mali. Ces pays envisagent d’organiser à Alger un sommet international consacré à cette crise.

Les Etats du Sahel craignent qu’al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI) ne puisse exploiter ces agitations pour accentuer ses objectifs dans la région.

Radio France Internationale a indiqué qu’un général de l’armée algérienne se rendra à Bamako, Niamey, Ouagadougou et Cotonou dans les jours qui viennent. Lors de sa dernière étape au Bénin, il rencontra le chef de l’Etat, par ailleurs actuel président de l’Union africaine.

Le quotidien algérien El Khabar a expliqué qu’il existe un accord franco-algérien prévoyant le maintien du soutien à « une solution politique » et la demande faite au gouvernement malien d’éviter la confrontation militaire, pour mieux se concentrer sur la lutte antiterroriste. Cet accord sera par la suite élargi à une initiative tripartite, en y adjoignant la Mauritanie, pour parvenir à un cessez-le-feu immédiat.

Cette coopération intervient alors qu’une action régionale, du fait essentiellement des pays du Sahel, est devenue impérative, selon le journaliste mauritanien Mohamed Ould Sid al-Mokhtar. Pour lui, la présence de la Mauritanie et de l’Algérie lors de ces entretiens pourrait être la base de leur succès.

Le processus de médiation a débuté le 20 février, lorsque le ministre français de la Coopération Henry de Raincourt est arrivé à Alger pour y rencontrer le ministre pour le Maghreb et les Affaires africaines, Abdelkader Messsahel.

« La France suit de près les développements dans le nord du Mali, et il était nécessaire de rencontrer les autorités politiques maliennes, nigériennes et mauritaniennes », a déclaré le ministre fançais, des propos rapportés par l’agence APS.

Il a ajouté que « la situation telle qu’elle se présente aujourd’hui dans le nord du Mali préoccupe tous les pays qui sont concernés par les évènements dans cette région, car chacun souhaite la paix, la sécurité, le développement et la prospérité pour les habitants de celle-ci ».

Moulay Ould Bahida, rédacteur en chef du site web mauritanien mauritanid.net, a expliqué à Magharebia que la fin de l’actuel conflit dans le nord du Mali servirait avant tout l’intérêt des pays du Sahel. Pour lui, cela tient en grande partie à l’importance de la communauté touareg en Algérie et au Niger, qui pourrait être tentée de rejoindre le combat pour l’indépendance de l’Azaouad.


« Je pense qu’al-Qaida est la plus grande bénéficiaire du chaos sécuritaire dans la région, parce qu’elle ne peut conserver son pouvoir et son influence que dans des régions aussi incontrôlables, qui vivent dans un chaos par le biais duquel elle peut attirer des partisans et exploiter les ennemis d’une entité donnée à ses propres fins », a-t-il expliqué.


Et d’ajouter que tout plan de paix exigera certainement que les Touaregs luttent contre al-Qaida. « Tout cela sera contraire aux intérêts d’al-Qaida, et bien que l’organisation fasse le pari d’une région de l’Azaouad hors du contrôle du Mali, elle redoute le développement de cette situation et ses impacts négatifs qui pourraient conduire à une intervention internationale dans la région. Il est certain qu’un accord sérieux pour l’arrêt des combats renforcera encore l’isolement d’une al-Qaida déjà vacillante. »

Selon le quotidien El Khabar, en cas d’accord de cessez-le-feu, l’Algérie envisage un sommet international avec la participation de l’Union africaine et de l’Union européenne. Une telle conférence s’attachera aux fonds de développement pour la région et à la traque des terroristes.

Un accord de paix contraindrait al-Qaida à renoncer à ses opérations dans l’Azaouad, selon le journaliste mauritanien Hassan Ould Ahrim, spécialiste des affaires du Sahel. Il ajoute que la région se caractérise par la rudesse de son terrain et par l’absence de tout contrôle par l’Etat, ce qui en fait « une base arrière importante pour les terroristes ; de ce fait, ils perdraient leur terrain, et toute campagne internationale organisée serait alors en mesure d’arrêter une fois pour toutes le fantôme de cette organisation terroriste ».

Raby Ould Idoumou pour Magharebia


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