Une exception nommée… Kidal !

Kidal, dernière ville du Nord-Mali à être toujours sous le contrôle du MNLA, avec la bénédiction des forces françaises qui occupent la ville. Une situation qui agace les autorités maliennes ainsi que la presse bamakoise, d’autant que ces derniers jours, l’armée malienne qui s’apprêtait à entrer dans la ville, a reçu l’ordre de rester sur ses positions, apparemment sous la pression de Paris…
Inacceptable pour L’Indicateur Renouveau : « Il faut dire non à la France ! », s’exclame le journal bamakois. « Au moment où nos forces armées et de sécurité s’apprêtaient à offrir au peuple malien l’ultime victoire de la reconquête des régions du Nord, la France, par un détour révoltant et méprisable, vient de mettre les pieds dans le plat. Aux portes de Kidal, ordre a été donné à l’armée malienne de se replier. (…) L’indignation est à son comble, fulmine L’Indicateur Renouveau, quand nos “autorités” de la transition acceptent, sans réfléchir, de se plier à une telle exigence, fut-elle d’un pays ayant soutenu le Mali dans la guerre contre les jihadistes. Le dernier pas vient donc d’être franchi par la France, qui ne cache plus sa complicité avec les mouvements indépendantistes touaregs. »
En effet, précise le journal malien, « la France, par son jeu trouble, tente mordicus de mettre les groupes armés du MNLA au du MIA au centre du jeu. Et visiblement, l’ex-colonisateur se moque de cet appel solennel du peuple malien, qui refuse tout dialogue avec ceux qui ont égorgé nos militaires, violé les femmes, pillé les biens des populations, saccagé les bâtiments publics au Nord. »
« Quand ira notre vaillante armée à Kidal ? », s’interroge pour sa part Le Matin, autre périodique malien. Le Matin avance une date, celle du 15 mai prochain. « Les préparatifs seraient très avancés afin que l’armée puisse faire mouvement vers Kidal. Elle ira imposer la souveraineté du Mali sur la ville, ses environs et toute la région. (…) Nous, civils, sommes impatients de voir Kidal libéré. Et nos soldats sont encore plus impatients. Ils meurent littéralement d’envie de recevoir l’ordre d’aller bouter tout ce qui est “azawadiste” hors de Kidal et d’ouvrir la voie à l’administration, aux opérateurs économiques et aux autres citoyens. »
La voie de la négociation…
Alors, l’armée malienne bientôt à Kidal ? Pour Le Prétoire, rien n’est moins sûr… Le Prétoire, qui estime en effet que « la voie militaire n’est pas l’option privilégiée pour la reprise de Kidal, toujours sous contrôle du MNLA. » Mais plutôt celle de la négociation. Le Prétoire annonce qu’une « mission gouvernementale qui devrait être conduite par le Premier ministre prévoit de se rendre dans les jours à venir à Kidal, pour poser les jalons de la négociation avec le MNLA, en convaincant ce mouvement de déposer les armes et de revenir ainsi dans la République. Comme pour donner raison au ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, qui avait récemment indiqué que le dialogue devait permettre de régler le cas de Kidal. »
Toutefois, remarque le journal malien, on risque fort de s’orienter vers un dialogue de sourds : « Le MNLA, en préalable à toute idée de désarmement, réclame un statut juridique et politique pour son territoire imaginaire de l’Azawad. Un préalable auquel le Mali, encore moins la communauté internationale, pourrait difficilement adhérer. En tout cas, conclut Le Prétoire, la complexité et le flou qui entourent la situation de Kidal sont tels que les Maliens sont nombreux aujourd’hui à se demander si cette partie de notre territoire pourra revenir dans notre giron avant la tenue des élections, bien que les autorités transitoires affichent leur détermination à les tenir sur toute l’étendue du territoire national. »
Pas de bain de sang !
Le Procès-verbal, autre périodique malien, tente d’expliquer également le pourquoi de la position française. « La France, semble-t-il, ne veut pas d’un bain de sang qui pourrait lui être reproché comme cela est arrivé au Rwanda ; ensuite, elle veut, tout en maniant la menace des armes, se donner le temps de convaincre le MNLA, qui considère le Mali comme une puissance coloniale, de libérer pacifiquement la ville et de s’inscrire dans le cadre d’une négociation politique avec le gouvernement malien. Dans le même temps, poursuit Le Procès-verbal, la France met la pression sur le gouvernement malien en vue d’engager des négociations concrètes avec le MNLA. Le MNLA que tous les Maliens considèrent pourtant, relève le journal malien, comme le déclencheur des maux qui ont déferlé sur le pays depuis janvier 2012. » Et Le Procès-verbal de conclure : « Lourd challenge ! »
http://www.rfi.fr/emission/20130509-une-exception-nommee-kidal
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