La situation de Point-Afrique

Notre aventure a débuté en 1995 par un premier vol Lyon – Gao.Le succès fut immédiat et d’année en année de nouvelles routes ont été ouvertes: Agadez, Atar, Mopti, Sebha, Tamanrasset, Djanet, puis Ouaga, Bamako, Niaymey, Cotonou, etc.


En 2007 – dernière année de stabilité sécuritaire – Point-Afrique a atteint un chiffre d’affaires de 58 millions d’euros et amassé près de 9 millions de fonds propres. 87 000 personnes ont pu bénéficier de nos services cette année-là.

La descente aux enfers a débuté début 2008 (avec l’assassinat de quatre français en Mauritanie sur la route de l’Espoir). Notre activité s’est alors réduite de plus de moitié!

2009/2010/2011: une réduction d’effectif progressive. Nous sommes passés de quatre-vingt-neuf employés en France à trois aujourd’hui! Et nos pertes cumulées se chiffrent à plus de 6,5 millions d’euros…

Si Point-Afrique, pour des raisons sécuritaires, a connu un tel effondrement, je souffre encore plus pour ces centaines de familles là-bas qui se trouvent actuellement totalement dépourvues de ressources. Je me sens responsable d’avoir, voilà quinze ans, initié ce tourisme qui a créé tant d’espoir! Je ne pouvais imaginer qu’une poignée de terroristes issus des troubles algériens des années 90 parviendrait à transformer la zone saharo-sahélienne en Far-West!

Aujourd’hui, à Gao des gamins de quinze ans, armés de Kalachnikov, font la loi. Cela me révolte… mais devant mon impuissance, je m’interroge et une profonde tristesse m’envahit. Je pensais faire du tourisme une « arme pour la Paix »; aujourd’hui, nos compatriotes et d’autres ressortissants européens servent d’otages et de monnaie d’échange!

J’ai tenté de lutter contre ce terrible cancer des « fous de Dieu » à la recherche du gain facile. Nous avons formés des guides à la sécurité, mis en place des procédures avec les autorités militaires et civiles, acheté des balises Argos… Peine perdue malgré le soutien indéfectible d’amis occupant de hautes fonctions dans ces pays (une pensée particulière à Boubeye Maïga, actuel ministre des Affaires Etrangères et ex-patron des services secrets au Mali).

A la mi septembre, j’ai travaillé à son initiative avec les ministres de la Défense, du Tourisme, etc. car je confesse que je croyais encore possible de faire quelque chose…

Aujourd’hui nos moyens financiers sont réduits, mais nous tenons encore un peu… Il nous reste 1,2 million d’euros que nous engageons dans le projet Tchad. Je n’abandonnerai donc jamais et je souhaite que vous m’accordiez votre confiance pour lancer cette nouvelle destination, à laquelle j’ai rêvé très longtemps.

Je vous remercie d’avoir lu ce courrier jusqu’au bout et bien entendu, je vous adresse tous mes vœux pour cette nouvelle année!

Maurice Freund


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